Zika : nouvelles recommandations pour suivre les femmes enceintes en zone épidémique

En ces périodes estivales propres aux voyages dans certaines zones où frappe le virus Zika, il n’est pas inutile de rappeler la conduite à tenir concernant les femmes enceintes exposées à ce virus.

La première recommandation est bien sûr d’éviter autant que possible pour une femme enceinte de se rendre dans une zone d’épidémie, surtout si elle est dans le premier trimestre de sa grossesse.
De même il est fortement conseillé aux femmes en âge d’être mère et qui ont un potentiel désir d’enfant d’utiliser une contraception efficace pendant leur séjour et au moins au cours des huit semaines suivant leur retour de la zone infestée.

Mais que faire pour celles qui sont en zone d’épidémie aussi bien en résidence qu’en vacances, qui sont enceintes et qui pensent avoir été piquées par un moustique vecteur du virus ?

Dans une lettre publiée par « The Lancet Infectious Diseases », Didier Musso, David Baud et leurs équipes de l’Institut Malardé de Papeete et du CHUV de Lausanne apportent quelques précisions actualisées en fonction des études épidémiologiques et des constatations récentes.

Chez la femme enceinte, la détection moléculaire dans le sang était jusqu’à présent considérée comme détectable jusqu’à 11 jours après les symptômes dans les cas sans complications.

Mais on sait maintenant qu’il existe des cas bien plus sévères avec une continuation de l’infection, placentaire ou fœtale. On a pu constater ainsi la présence du virus dans le sang maternel jusqu’au moment de l’accouchement.
La détection de ces virémies maternelles prolongées pourrait donc avoir un rôle très important pour faire la part entre des infections congénitales asymptomatiques et des infections symptomatiques
Les auteurs proposent donc que pour toute femme enceinte vivant en zone infestée symptomatique ou non, on fasse une RT-PCR pour rechercher l’ARN viral dans le sang. A cet examen ils recommandent d’ajouter une recherche d’ARN viral dans les urines.
Chez les femmes symptomatiques, ils proposent également dans les premiers jours suivent l’apparition des signes de procéder à un examen sur salive.
Face à une PCR positive sur prélèvement sanguin, les auteurs recommandent une seconde mesure deux à quatre semaines plus tard.
Une nouvelle positivité pourrait être un signe de gravité révélant une infection fœtale. Cette découverte peut alors amener à discuter de l’interruption médicale de la grossesse.
Les examens biologiques donnent certes des informations, mais un examen de laboratoire négatif n’exclut pas la possibilité d’une infection et c’est la clinique qui garde toute sa place.

Et, pour finir, un petit rappel : le virus persiste dans le sperme aux environs de huit semaines. Il faut donc pour un homme ayant été exposé au virus avoir des rapports protégés pendant ces deux mois, aussi bien pour des rapports sexuels vaginaux que buccaux.

 

Référence :
Manon Vouga et al
Clinical management of pregnant women exposed to Zika virus
Lancet Infect Dis 16 ;7 :773

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