Dans son édition du 19 juin 2013, le ‘19/20’ de France 3 va diffuser une interview du pharmacien de St Malo qui est à l’origine de l’affaire du furosémide Teva.
Filmés le visage masqué, le pharmacien et sa préparatrice racontent leur découverte de deux comprimés de zopiclone dans une plaquette censée ne contenir que le diurétique.
La préparatrice affirme avoir eu besoin d’appuyer sur le blister pour faire sortir le comprimé, excluant donc, selon elle, la présence de zopiclone autrement que dans la plaquette de médicaments.
On peut se demander pourquoi ces personnes ont exigé de témoigner le visage flouté ! Tous les clients et tous les confrères et consœurs de ce pharmacien vont l’identifier. Décidément rien n’est simple dans ce dossier !
Dans un entretien à Ouest-France, le PDG de Teva raconte que sur près de 3000 boites récupérées, aucun nouveau comprimé de zopiclone n’a été retrouvé parmi les plaquettes de furosémide.
L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament fait également un point d’étape pour dire, en gros, qu’il n’y a rien d’autre à dire qu’on ne sache, c’est-à-dire presque rien.
On lira avec amusement, voire un certain agacement, le Figaro de ce jour. L’éditorial en ‘une’ parle de ‘précipitation’ des pouvoirs publics. Ce journal oublie qu’il y a peu il publiait une information émanant d’un courrier de l’ancien pharmacien responsable de Teva mettant en cause des contrôles de qualité dans les chaines de fabrication.
Bien étrange histoire dans laquelle on s’aperçoit aussi que des personnes recevaient ce diurétique alors qu’a priori, dans un cas au moins, le diagnostic évoquait plutôt une suspicion d’embolie pulmonaire post phlébitique, et donc aucune indication pour le furosémide. Mais la patiente étant décédée, le cas devient ‘suspect’. Et comme elle a été incinérée, point d’autopsie, donc pas de réponse.
Personne ne sait pour l’instant comment va finir cette histoire. Ce qui est certain c’est que cela fera un beau cas à étudier dans les écoles de commerce. Comment, en effet, surtout s’il n’y est pour rien, le laboratoire Teva va-t-il pouvoir surmonter cette crise ? Comment le marché des génériques va-t-il encaisser cette affaire alors que de pseudo-spécialistes squattent les plateaux télé pour venir vendre leurs opuscules et participer à l’exception française en matière de génériques. Nous en consommons, en effet, trois fois moins que nos voisins et ils se portent aussi bien que nous. Chez nous, en revanche, le générique c’est le diable et nous sommes, parait-il, ‘arnaqués’.
Par les génériques ou par les marchands de peur ?
