Laits et produits laitiers : utiles mais à consommer avec modération

La consommation de lait et de produits laitiers connait une baisse en France. Parmi les raisons invoquées, des allégations mettant en doute l’intérêt de ces produits pour la santé. Petit point des connaissances actuelles.

Si les publicités nous incitent à consommer « au moins » cinq fruits et légumes par jour, les messages de santé devraient nous indiquer de consommer des produits laitiers mais « pas plus de 3 » par jour, selon les données épidémiologiques actuelles.On a constaté en effet dans diverses études une association chez l’homme entre ubne consommation élevée de lait et un risque majoré de cancer de la prostate.
Cela inclut le lait, les fromages et les produits lactés, au premier plan les yaourts ou yoghourts selon les goûts !

Le lait a des qualités nutritionnelles importantes et quasi irremplaçables. C’est la source la plus efficace et la plus économique d’apport en calcium, environ la moitié des besoins journaliers. C’est également une source de protéines
Il contient aussi des protéines, comme la caséine, qui peuvent être à l’origine d’allergies chez l’enfant. Mais cela doit être prouvé par des tests médicaux sérieux et non par des sires non étayés.

Le lait contient aussi du lactose, comme le lait maternel d’ailleurs. Le lactose est la principale source de glucides lors de la première année de vie. Sous l’action d’une enzyme située dans le jéjunum, une partie de l’intestin grêle, le lactose sera décomposé en glucose et galactose.
L’enzyme, appelée communément lactase, peut être absente chez certaines personnes et empêcher alors la dégradation du lactose, entrainant alors ce qu’on appelle une intolérance au lactose. Cette intolérance s’accompagne de troubles digestifs et de diarrhées.

Mais un peu à la façon du gluten, pour lequel les vrais troubles d’absorption concernent moins de 2 % de la population, l’intolérance vraie au lactose est rare. Il existe une intolérance, dite primaire, résultant de l’absence partielle de l’enzyme dégradant le lactose Dans nos contrées elle concerne entre 5 et 15 % de la population à des degrés divers.
Là encore, il faut démontrer par des tests adaptés la réalité de l’intolérance.
Il existe aujourd’hui des produits laitiers et des laits quasiment dépourvus de lactose.

Chez l’enfant il faut particulièrement être prudent et ne pas substituer au lait des produits abusivement appelés « laits » mais qui sont plutôt des jus. Ces produits, à base de soja, d’amandes, d’épeautre n’ont en aucun cas les teneurs en calcium équivalentes à celles du lait de vache ou du lait maternel.

Et cela a des conséquences sur la constitution du capital osseux qui va se bâtir dans les 20 premières années de la vie.
On rencontre de plus en plus souvent des cas d’apports calciques insuffisants chez des enfants nourris à partir de ces produits avec même des cas de rachitisme.
Le lait est donc un aliment utile, dont il faut savoir modérer la consommation. Aucune décision d’exclusion du lait de la nourriture d’un enfant ne doit être prise sans avoir une certitude médicale démontrée par des examens appropriés.

 

Intolérance au lactose : prévalence selon les régions géographiques
Régime d’exclusion au lactose : les aliments conseillés pour la période des tests

La composition nutritionnelle des aliments

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