Vaccins COVID-19 ! les bonnes et moins bonnes nouvelles du moment

L’actualité autour du virus SARS-CoV-2 et de la COVID-19 est riche de rebondissements, de déceptions et de quelques espoirs. Prenons donc le temps de faire un point sur ce qui risque d’avoir changé d’ici quelques jours.


Ce lundi 25 janvier 2021 aura donc vu diverses annonces concernant principalement les projets vaccinaux. L’une d’entre elles a marqué les esprits puisqu’elle concerne l’Institut Pasteur.
Notre fleuron national travaillait avec une biotech autrichienne, Themis à la mise au point d’un vaccin baptisé TMV-083/V591. Ce vaccin reposait sur un virus vivant atténué de la rougeole, inoffensif, exprimant à sa surface la protéine S, celle qui sert à l’amarrage du virus SARS-CoV-2 pour entrer dans nos cellules.

Pas l’heure de Pasteur

Mais les résultats ont été très décevants, ne laissant pas augurer d’une performance pouvant conduire à un produit efficace. Le laboratoire américain Merck, qui a racheté Themis, a donc mis fin à l’essai.

Merck est un des rares grands laboratoires traditionnels à être resté dans le domaine de la vaccination, comme Johnson &Johnson par sa filiale Jansen, ou GSK et Sanofi avec Sanofi Pasteur.
L’abandon de Merck survient quelques semaines après que Sanofi a annoncé revoir sa copie et ne pas pouvoir arriver sur le marché avant la fin 2021, théoriquement.
Astra-Zeneca et le vaccin de J&J sont attendus dans les prochaines semaines. Tous deux reposent sur un vecteur, un adénovirus, comme ceux à l’origine du rhume commun. L’adénovirus du vaccin A-Z est d’origine simien, il vient du chimpanzé.

Virus variants : pas d’avaries

Deuxième information de la journée : Moderna annonce que son vaccin à base d’ARNm bloque le virus variant dit « sud-africain ».

Il le bloque mais le taux d’anticorps produits face à ce virus est six fois moindre que face à une souche habituelle, même si la quantité présente reste très importante. D’ailleurs Moderna envisage de lancer une étude pour mesurer l’intérêt d’une vaccination de rappel, ajoutée aux deux autres, afin d’augmenter la réponse face à ce variant.


Quelques jours auparavant, BioNTech, inventeur du vaccin ARNm distribué avec Pfizer a testé l’effet d’anticorps de16 personnes vaccinées sur le variant britannique. Là encore bonne nouvelle : les anticorps ont bloqué le virus.


Ces vaccins à base d’ARNm qui, lors des essais de phase 3 ont donné les meilleurs taux d’efficacité, 95 %, ont un autre avantage. On pourra, semble-t-il les « adapter » aux divers variants assez rapidement. Un peu comme programmer un correctif quand un logiciel présente une faille. Ry cela ne prendrait que quelques semaines. On peut même imaginer que, tel le vaccin antigrippal, on arrive à des cocktails vaccinaux de 3 ARNm par exemple pour couvrir la plus grande partie des variations.

Vaccins sur mesure pour virus qui bougent

Ces variations parlons-en. Pourquoi ce virus a-t-il ce besoin irrépressible de changer de structure, de muter ? Tout simplement parce qu’il doit s’adapter pour survivre et se multiplier.
Il ne faut pas oublier que ce virus est passé chez l’être humain il y a peu, sans doute après plusieurs tentatives ratées. Il a trouvé comment s’attacher à nos cellules grâce à sa protéine S, un spicule ou « spike », qui tel un crochet lui permet de s’amarrer notamment aux cellules bronchopulmonaires. Il utilise pour cela ce qu’on appelle un récepteur ACE 2, une « boule » de caravane présente à la surface des cellules.
Une fois dans la cellule, le virus va utiliser la machinerie interne pour se reproduire à des milliers d’exemplaires et continuer sa colonisation. Au dur et à mesure du temps, il intègre les défauts de son système et les analyse pour les pallier.


Mieux il s’accrochera, plus facilement il entrera dans la cellule. Plus il sera contagieux, plus il se reproduira en grand nombre. Et comme on est dans un monde qui évolue en permanence, ce sont les souches les plus fortes qui prendront la place des autres.
C est pour cela qu’il faut savoir diagnostiquer rapidement ces souches émergentes, mettre en œuvre les mesures nécessaires pour en limiter la diffusion, se donner les moyens de les combattre avec des vaccins adaptés, du type de ceux à base d’ARNm par exemple.
On a besoin aussi d’informations claires, de transparence, de comprendre les incertitudes.


Besoin de démocratie sanitaire, pas de complotistes, de gourous, d’experts médiatiques peu compétents.
Et besoin de vaccins et de patience.

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