Vaccins COVID-19 : Un peu plus d’effets secondaires bénins avec le schéma AstraZeneca puis Pfizer

Commencer sa vaccination avec un vaccin à adénovirus type AstraZeneca puis la terminer avec un vaccin à ARNm type Pfizer-BioNTech concerne de plus en plus de monde. Mais quelle est l’efficacité d’un tel protocole et est-il bien toléré. L’étude Com-COV donne ses tous premiers résultats dans The Lancet

Un peu plus de réactions mais très banales et sans gravité c’est ce à quoi doivent s’attendre les personnes qui auront reçu le vaccin AstraZeneca en premier puis le vaccin Pfizer-BioNTech en deuxième injection. Voici ce qui ressort des données préliminaires d’une étude menée depuis février 2021 au Royaume-Uni.


La Grande-Bretagne a d’emblée choisi de vacciner à marche forcée, sans essayer de stocker systématiquement des doses pour pouvoir vacciner sa population avec les deux doses nécessaires. Ainsi au moins 20 millions de personnes ont-elles bénéficié d’une première injection du vaccin AstraZeneca, Vaxzevria (VZ). Ce vaccin repose sur un adénovirus inactivé qui va déposer un gène à base d’ADN, qui va faire fabriquer la protéine Spike du virus SARS-CoV-2.


Pour la seconde injection, il a bien fallu faire appel à un autre vaccin dans de nombreux cas vu la difficulté à recevoir le vaccin VZ. Les Anglais ont donc décidé d’utiliser le vaccin à ARN messager de Pfizer-BioNTech, le Comirnaty (CY).


Adénovirus et ADN d’un côté, ARNm de l’autre mais en bout de course le même produit final : la protéine S, pour Spike.

Une double étude pour mesurer l’impact des deux injections

Le protocole de l’étude est un peu complexe. Pour celles et ceux d’entre vous qui souhaitent le lire en détail, le lien est en fin d’article.
Que faut-il en retenir ? L’étude repose sur 830 personnes divisées en deux groupes.


-Une première cohorte de 100 personnes
va être étudiée pour mesurer la réponse immunitaire : taux d’anticorps et mobilisation des cellules spécialisées dans la défense de l’organisme.

Une seconde cohorte de 730 personnes est suivie pour mesurer les réactions générales à la vaccination, cette cohorte étant divisée en 2 groupes
Le premier groupe de 463 personnes a eu son deuxième vaccin à 28 jours, le second de 367 volontaires, à 84 jours, soit 12 semaines.
Dans les 2 cohortes les 4 combinaisons sont étudiées :

VZ puis VZ
VZ puis CY
CY puis CY
CY puis VZ


Ce qui nous intéresse au premier plan c’est , bien entendu la combinaison VZ puis CY, puisque les autorités sanitaires françaises ont décidé que les moins de 55 ans vaccinés une première fois avec le VZ recevraient un vaccin ARNm la deuxième fois.
Et l’expérience montre que beaucoup de personnes censées recevoir le vaccin VZ en seconde injection font tout pour l’éviter et passer à un vaccin de type CY.

Les résultats publiés ce jour dans The Lancet sont préliminaires. Ils concernent uniquement les aspects liés aux réactions générales suivent la seconde injection.

Qu’apprend-on de ces premières données ?


ATTENTION : les effectifs sont relativement faibles et il s’agit d’effets rapportés par les personnes vaccinées et non constatées médicalement.

Le fait d’utiliser deux vaccins différents a généré un peu plus d’effets secondaires dans les 48 premières heures suivent la deuxième injection.
Ainsi un état fébrile a été rapporté chez 34 % des personnes ayant eu le VZ puis le CY, alors que seuls 10 % disent avoir eu de la fièvre suivant une vaccination faite avec le vaccin VZ à chaque fois.
Une même tendance a été rapportée concernant les frissons, les courbatures, les douleurs articulaires et les maux de tête.

Mais tous ces symptômes ont disparu rapidement, en 48 heures maximum et aucune personne n’a été hospitalisée.

Autre enseignement important : aucun trouble hématologique n’a été constaté dans le groupe de 100 personnes suivies pour leur profil immunologique, notamment aucun accident de thrombose.

Paracétamol systématique ?


Face à ces données encore partielles, les auteurs pensent, cependant, que la prise de paracétamol devrait être recommandée chez les personnes bénéficiant d’une vaccination complète avec deux produits différents. Ils pensent que cela sera d’autant plus utiles chez des sujets de moins de 55 ans, plus prompts à avoir des manifestations post-vaccinale.


Rappelons que le paracétamol n’est en aucun cas une médication banale et qu’il a une toxicité sur le foie qui peut conduire à des greffes en urgence.

Il convient donc de ne pas dépasser la dose de 3 grammes par jour et de vérifier que d’autres médicaments ne contiennent pas de paracétamol dans leur formule.
Enfin cette analyse, préliminaire, rappelons-le, ne concerne pas le vaccin Moderna ni le vaccin Novavax qui sont en cours d’étude.

Références :


Robert H Shaw et al.
Heterologous prime-boost COVID-19 vaccination: initial reactogenicity data

The Lancet published online May 12,2021 https://doi.org/10.1016/S0140-6736(21)01115-6

Le protocole de Com-COV est ICI

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