Génériques : il est temps d’arréter tout ce cinéma. Ce sont des médicaments comme les autres.

Il n’y a pas qu’en matière culturelle qu’il existe des exceptions françaises. le marché du médicament générique en est un bon exemple.

 

Malgré des progrès récents, nous restons à la traine des pays à niveau de vie comparable lorsqu’il s’agit de l’utilisation de médicaments génériques.
On notera au passage que des pays forts consommateurs de génériques comme l’Angleterre, l’Allemagne ou les Etats-Unis, sont ceux qui ont aussi la recherche la plus performante et lancent bien plus de nouveaux traitements que l’industrie française.
En volume, selon les chiffres 2013 de l’OCDE, les génériques représentent 84 % des médicaments dispensés aux USA, 83 % en GB, 80 % en Allemagne et 40 % en France. La moyenne OCDE est de 48 %

Des chiffres plus récents placent la France à 46 %

Parmi les idées fausses circulant sur les génériques il en est une qui est particulièrement nuisible et totalement sans fondement. Certains répètent à l’envi que le dosage du principe actif dans un médicament générique serait  variable, allant de 80 à 125 % de ce qu’on retrouve dans le médicament original, dit princeps.

Ce chiffre est totalement faux. Pas une autorité sanitaire au monde ne tolérerait un tel écart !
Ce chiffre concerne en fait une mesure de pharmacocinétique très complexe, qui tient compte de la biodisponibilité du produit dans l’organisme, de la concentration maximale dans le sang et d’autres données. Pour les personnes intéressées, je vous donne ci-dessous la référence du blog de Jean-Marie Vailloud, « Grange Blanche », qui détaille ces données.

Des milliers de mesures assurées par l’ANSM en France, l’agence sanitaire en charge du médicament, il est apparu que les variations tournaient au maximum au tour de 3 %.

Il reste cependant des cadres pathologiques pour lesquels il est recommandé de ne pas croiser médicament princeps et génériques. Il s’agit des pathologies thyroïdiennes et de certaines affections neurologiques comme l’épilepsie.

Dans ces affections, la marge thérapeutique est très étroite et il faut éviter les variations.
Mais cela ne veut pas dire que les génériques sont interdits !

La règle c’est que si on a commencé avec le médicament princeps, on reste avec le médicament princeps, si on a commencé avec le générique on reste avec le générique du même laboratoire.

 

LIRE :
Un article du blog sur ce sujet datant de 2007

Un article sur la « psychose française » face au générique
L’excellente mise au point du Dr J.Marie Vailloud sur la biodisponibilité

Un document sur la bioéquivalence

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