Greffe de mains : une technique chirurgicale maîtrisée mais un risque de rejet important

La nouvelle greffe de mains pratiquée à Lyon est la huitième de cette équipe, leader en France de la technique, la neuvième ayant été faite à paris. Ces greffes entrent dans le cadre d’un projet de recherche médico-économique ou PRME, comparant greffe et prothèse.

La greffe de mains ou d’avant-bras est avec la greffe de visage un geste qui se voit, contrairement aux autres greffes d’organe. Cela suppose donc déjà de trouver des mains qui aient un aspect à peu près physiquement compatible avec la physionomie du receveur.

 

Mais comme dans toute greffe il y a deux difficultés majeures : trouver un donneur et s’assurer de la compatibilité entre donneur et receveur, pour éviter les rejets.

Et ce n’est pas une mince affaire. Concernant le don par exemple. En 2015, il y a eu trois familles seulement qui ont accepté qu’on puisse prélever les mains d leur proche décédé.

Certes la loi sur le don vient d’être modifié mais on n’imagine pas des équipes médicales amputer des personnes décédées sans en référer à la famille au préalable.

Et sur ces trois prélèvements, il n’y a eu aucun greffe car aucun des trois receveurs n’était compatible avec les donneurs potentiels.

Ces greffes, dont les équipes lyonnaises maîtrisent la technique chirurgicale, sont comme tout autre implantation d’organe et nécessitent donc une lourde thérapie préventive du rejet.

Un risque non négligeable puisqu’à la fin 2016 sur 62 greffes de mains dans le monde, on a du procéder à 17 amputations en raison de ces phénomènes de rejet.

Greffe ou prothèse

Aujourd’hui se pose également la question de l’intérêt de la greffe face à la pose de prothèses.

les extraordinaires progrès de l’appareillage et les techniques disponibles comme l’impression 3D et la miniaturisation de l’électronique font que’on commence à voir émerger des prothèses de main dont la fonctionnalité se rapproche de celle d’une main réelle. Et ces prothèses rendent inutiles les traitements anti-rejet.

 

Les progrès dans l’esthétique de ces prothèses peuvent même donner le change.

Il sera donc intéressant d’évaluer le vécu et le ressenti des patients greffés et de ceux auxquels on aura implanté ces prothèses pour avoir ainsi des éléments afin de choisir la meilleure technique.

Publié dans CHIRURGIE, VARIA | Marqué avec , , , | Un commentaire