Vaccins Covid-19: quelques raisons pour expliquer les retards d’approvisionnement

L’actualité des vaccins anti COVID-19 est marquée par des ratés, des difficultés de livraison ou d’approvisionnement, sans parler des problèmes pour trouver un rendez-vous de vaccination. Certaines précisions sont nécessaires pour comprendre certains de ces problèmes.

Cent dix jours pour le vaccin ARNm de Pfizer-BioNTech, soixante-dix jours pour celui d’AstraZeneca, la fabrication des vaccins ne se fait pas d’un simple claquement de doigts.
Ainsi, la fabrication du vaccin Pfizer va se faire successivement dans trois usines. Et quel que soit le vaccin, il y a en permanence des masses de contrôles de qualité, en permanence, avec le risque de repartir de zéro si une anomalie apparait.


Et comme l’a dit Pascal Sorot, le PDG d’AstraZeneca, « on ne fabrique pas des vaccins comme du jus d’orange ».


En effet, la matière première des divers vaccins est produite à partir de bactéries ou de cultures cellulaires, des matériaux biologiques . Et la caractéristique des matériaux biologiques c’est d’avoir une certaine variabilité.


Revenons à notre jus d’orange : si vous prenez une tonne d’oranges bien calibrées, de la même variété, vous pouvez savoir au litre près, quelle quantité de produit vous allez extraire.


Mais si vous mettez un milliard de bactéries du genre Escherichia Coli, le fameux colibacille, dans un fermenteur et que vous leur demandez de produire de produire la matière qui vous servira à obtenir le fameux ARN messager ou ARNm, vous pouvez obtenir du simple au triple de matière première. Et quand c’est dans l’autre sens, c’est-à-dire divisé par trois, c’est sûr que vous allez avoir des soucis pour fournir les doses promises. Et cet écart peut ne jamais s’expliquer.


Autre difficulté : mettre en flacons la production. Et cela suppose d’avoir des capacités de production qui, par exemple, ont disparu dans beaucoup de pays.

L’industrie du vaccin est , nous l’avons déjà dit, une industrie sinistrée. Au cours du temps, nombre d’industriels se sont désengagés, faute d’abord de rentabilité car, contrairement aux rengaines des antivax et autres complotistes, le vaccin est beaucoup moins rentable que le médicament pour Big Pharma.
Ajoutez à cela la peur des procès et vous comprenez pourquoi les industriels doivent rechercher des sous-traitants ayant des usines aux normes, capables d’assurer la mise en flacons.


Enfin, jamais à ce jour, on n’a cherché à produire aussi vite autant de doses de vaccins, puisqu’on parle de milliards de doses.
Donc en tenant compte de tous les aléas liés à des produits d’origine biologique et aux difficultés d’embouteillage et de logistique, il y aura encore des couacs et des mécontentements.


D’où la nécessité de rester prudent, de maintenir les gestes barrière en attendant de prêter son épaule à l’aiguille salvatrice

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Vaccins Covid-19: quelques raisons pour expliquer les retards d’approvisionnement

  1. Robert RIO dit :

    La question de la fabrication des flacons en millions et en quelques semaines ne m avait pas préoccupé ! Eton ne l avait pas prévu cqfd.
    Merci de vos explications :à défaut d être plus intelligent, je me sent moins sot !

Répondre à Michaut François-Marie (Exmed) Annuler la réponse

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