Médiator : L’Assurance-Maladie fille naturelle de la ‘Belle au Bois Dormant’

Charles Perrault était vraiment un précurseur ! En écrivant ‘la Belle au Bois Dormant’ il avait imaginé ce que serait la CNAMTS, la caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés. Un organisme qui possède des millions de données sur les actes qu’il rembourse mais qui est incapable d’en étudier le bien-fondé.
L’exemple du Médiator est, à ce titre plus que parlant.

C’est le groupe Initiative Transparence Santé qui relance aujourd’hui l’affaire en publiant un communiqué de presse. Ce groupe se définit ainsi :
‘L’Initiative Transparence Santé est un mouvement citoyen rassemblant divers acteurs impliqués en santé (journalistes, représentants d’usagers du système de soins, chercheurs en santé publique, assureurs, entrepreneurs ou consultants).’

ITS a donc demandé à avoir accès aux données concernant la prescription du Médiator dont on sait que l’usage a été détourné.

Et leur travail montre que dans près de 80 % des cas, le Médiator a été prescrit de façon abusive, hors des conditions de l’Autorisation de Mise sur le Marché.

Prescrire hors AMM impose au prescripteur de l’indiquer sur son ordonnance et d’y ajouter la mention ‘ hors remboursement’.
Ne pas le faire c’est participer, de fait à une fraude.

A deux reprises sur ce blog, en 2011, j’ai soulevé cette question et, comme l’ITS, je me suis étonné de l’inertie de la CNAMTS qui a remboursé un médicament qu’elle n’aurait pas du prendre en charge dans la majorité des cas.

De plus, en 2009, la prescription de cette spécialité a été limitée aux seuls diabétiques. Donc cette prescription ne pouvait se faire que sur une ordonnance dite ‘bizone’ propre à la prise en charge de patients reconnus porteurs d’une affection de longue durée ou ALD.

Cela encore est difficile à ignorer !

On peut légitimement attaquer Servier, condamner son attitude et ses méthodes.
Mais on ne doit pas oublier qu’il y a eu un certain nombre de médecins qui ont triché sur la prescription et, de fait, participé à une fraude en rédigeant des ordonnances ne comprenant pas les mentions légales.

Et il y a ‘La Belle au Bois Dormant, la CNAMTS, qui a du manger une pomme il y a longtemps et qui, depuis, enfourne des données essentielles sur lesquelles elle se couche.

Et cela aussi c’est assez lamentable.

 

LIRE :
Le communiqué de ‘Initiative Santé Transparence’

L’article du blog sur la prescription hors AMM

L’article du blog sur la mise en cause potentielle des prescripteurs.

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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10 réponses à Médiator : L’Assurance-Maladie fille naturelle de la ‘Belle au Bois Dormant’

  1. Gozlan dit :

    Les bêta bloquants me donnent des douleurs articulaires
    dans mes mains ! Normal? Merci

  2. Dupont dit :

    Bonjour,

    Au journal de 13 h cette semaine, vous avez souligné le fait que les laboratoires pharmaceutiques faisaient supporter indirectement à la SS leurs opérations boursières. Vous avez oublié de dire qu’ils devaient également répercuter dans les prix des médicaments princeps leur manque à gagner concernant la mise sur le marché des génériques.
    Résultat : la SS nous oblige à absorber des médicaments fabriqués au Bengladesh ou au Maroc qui détruisent des emplois en France et qui reviennent donc indirectement aussi chers.
    Bien vu, l’économie !

    • docteurjd dit :

      Vous semblez confondre textile et pharmacie. La majorité des génériques est faite en Europe. Quant au manque à gagner. C’est une notion que je n’avais jamais entendue

  3. La Sécu est toujours aussi bonne mère. que d’économie ferait-elle en surveillant mieux les prescriptions…

  4. Photine dit :

    Je suis étonnée que vous écriviez une note de blog aussi fausse. Lors du « scandale », une lettre des médecins conseils nationaux de la Cnam, Canam et CCMSA de 1998 avait été diffusée.
    http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/secu_mediator.pdf

    Non seulement vous auriez dû vous renseigner, mais vous n’aviez pas très loin à chercher pour trouver une information qui vous contredit

    • docteurjd dit :

      je maintiens ce que je dis. d’autant que la modification d’AMM est de 2009 et pas de 1998 et qu’à cette période et jusqu’au retrait on était à 300 000 boites par an.
      7 CPAM seulement ont demandé des sanctions contre des médecins devant le TASS pour des prescriptions abusives.
      Mais je ne veux pas vous empêcher de penser que tout a été parfait puisqu’apparemment ce système vous convient

  5. Aclapin dit :

    Tout à fait d’accord la CNAM est fautive.
    Je dis simplement que des informations similaires étaient disponibles depuis probablement 20 ans et qu’il était possible pour la CNAM ou l’HAS ou le CEPS de les demander aux labos.

  6. Aclapin dit :

    Les informations concernant les indications de prescription des médicaments sont disponibles dans plusieurs documents destinés à l’industrie pharmaceutique (EPPM DOREMA d’IMS – arrêté vers 2007- et deux autres de CEGEDIM). Ce sont des panels de médecins interrogés chaque trimestre ou dont toutes les prescriptions sont colligées.
    Ce sont des données qui sont utilisées dans les dossiers destinées à la commission de transparence et bien sûr pour le marketing des produits.
    Ces données sont parfois aussi utilisées par le CEPS.
    Certes, garder sous le coude des informations est très délétère, mais dans le cas présent une info similaire était probablement disponible depuis très longtemps dans les milieux autorisés.

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