Excès de cholestérol : faut-il sonner les statines ?

C’est reparti ! Après le livre sur les médicaments, coécrit avec Bernard Debré, Philippe Even se lance dans une nouvelle croisade contre les risques liés à l’excès de cholestérol et contre les statines, une famille d médicaments utilisés pour combattre l’excès de cholestérol. Une nouvelle attaque sans aucune nuance et qui soulève certains problèmes.

La couverture du ‘Nouvel Observateur’ de cette semaine c’est une photo du Pr Philippe Even, avec devant lui un verre contenant un jaune d’œuf. Un jaune c’est 100 % de cholestérol. Le pneumologue retraité de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris publie en effet un nouvel ouvrage intitulé ‘La vérité sur le cholestérol’. Cet ouvrage attaque la notion de l’existence d’un ‘mauvais’ cholestérol et éreinte les statines, médicaments prescrits afin de diminuer le taux de LDL-cholestérol, ce fameux ‘mauvais cholestérol’.

Dans l’opuscule précédent cosigné par Bernard Debré, les deux médecins dont, rappelons-le aucun n’est cardiologue, pharmacologue ou spécialiste des maladies du métabolisme, avaient déjà tiré à boulets rouges sur ces statines, ce qui a conduit, semble t-il à de nombreuses interrogations chez les patients et même à des arrêts de prise de ces médicaments.

Deux points essentiels sont mis en exergue dans le nouvel ouvrage.
Le premier concerne le cholestérol. Quand quelqu’un vous dit ‘j’ai du cholestérol’, sachez que c’est plutôt une bonne chose ! Le cholestérol est indispensable à notre vie : il forme la paroi des milliards de cellules de notre corps, il permet la synthèse de la vitamine D et des diverses hormones stéroïdes, dont les hormones sexuelles sans lesquelles nous ne serions pas là !

Mais quand on vous dit ‘j’ai trop de cholestérol’, là c’est autre chose ! Aujourd’hui on considère qu’un taux supérieur à 2 grammes par litre est un taux trop élevé. On estime aussi que dans ce taux global, il faut regarder divers composants, dont la partie de cholestérol transporté par des lipoprotéines de faible densité, les LDL. On considère que ce LDL-C est un facteur de risque cardiovasculaire en raison de sa propension à se déposer sur les artères. Cette notion du cholestérol comme facteur principal des maladies cardiovasculaires est néanmoins battu en brèche depuis un certain temps. Les lésions des vaisseaux sanguins, l’athérosclérose est, en effet, une maladie dont la composante initiale est de nature inflammatoire et immunologique.
La plaque calcifiée de cholestérol étant un élément supplémentaire de risque en raison du risque de rupture et de fragmentation qu’elle comporte. Les débris peuvent alors migrer dans la circulation d’aval et venir obstruer le débit sanguin de vaisseaux plus petits entrainant un infarctus du myocarde ou du cerveau.

  Mauvais ou pas mauvais ?

 Pour Philippe Even, il n’existe pas de ‘mauvais cholestérol’. Il reprend là une théorie développée depuis des années par le Dr Michel de Lorgeril, l’un des pères du ‘Paradoxe français’ et qui a publié en 2007 ‘Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent

Il n’y a donc, à proprement parler, rien de novateur dans l’ouvrage de Philippe Even par rapport à ce que disait Michel de Lorgeril.

La notoriété du premier et son aura médiatique font qu’on en parle plus que du cardiologue et chercheur grenoblois.

Le second concerne les statines. Ces médicaments sont très largement prescrits dans de nombreux pays occidentaux. La mise au point de ces médicaments résulte de la découverte par deux chercheurs américains, Brown et Goldstein, d’un mécanisme permettant de comprendre la façon dont notre organisme synthétise et épure le cholestérol. Ils ont découvert, en effet, le rôle d’une enzyme, la HMG-Coenzyme A réductase qui joue un rôle important dans ces mécanismes. Cette découverte leur a valu le Prix Nobel de médecine en 1985.

Les statines sont des médicaments qui inhibent l’effet de cette réductase. Il en existe sous forme naturelle, notamment dans la levure de riz rouge, c’est la lovastatine.

Les statines ont été beaucoup prescrites avec pour but de faire baisser le taux de cholestérol. Beaucoup et sûrement trop prescrites pour diverses raisons, dont, évidemment des raisons commerciales. Mais pas uniquement. L’effet de réduction du taux de cholestérol obtenu a parfois eu un côté ‘magique’ qui a grisé les patients mais, hélas aussi, les médecins.

Certains en ont oublié que c’est d’abord et avant tout la lutte contre les facteurs de risque et les modifications des habitudes de vie qui étaient essentielles, avant la ‘potion magique’ manger des statines en continuant de fumer, en ne changeant pas ses habitudes alimentaires et en restant sédentaire produit rarement des miracles.
Mais, en revanche, cela peut produire de nombreux effets indésirables comme on l’a vu il y a quelques années avec la cerivastatine. Ce produit a entrainé des atteintes musculaires sévères, comme des destructions musculaires, une rhabdomyolyse, aux conséquences souvent très graves.

Donner les statines à bon escient

Les douleurs musculaires sont d’ailleurs un effet commun à toutes les statines. De même il estimportant de surveiller la fonction hépatique de façon régulière chez les sujets qui les prennent.

Dans son ouvrage, Philippe Even juge globalement inutiles ces médicaments, comme le fit de Lorgeril six ans plus tôt. Pour autant cela veut-il dire qu’il n’y a aucune raison de prendre des statines et qu’il faille tout jeter à la poubelle ?

Quitte à me faire insulter par quelques intégristes médicaux, j’ose dire que oui, les statines ont une utilité, mais seulement dans des cas très précis et qui vont de pair avec une modification des comportements et la mise en œuvre d’une réduction des facteurs de risque.

Aujourd’hui il est admis par nombre de spécialistes, mais aussi par la Haute Autorité de Santé et la revue ‘Prescrire’ que les statines ont leur place dans ce qu’on appelle la prévention secondaire des maladies cardiovasculaires.
Par ce terme, on désigne une prévention destinée à des patients qui ont déjà fait un accident, comme un infarctus du myocarde et chez lesquels on cherche à diminuer le risque de récidive.
Il a été établi par diverses études que certaines statines, associées je le répète à la lutte contre les facteurs de risque, permettaient de diminuer de 15 à 23% ce risque de récidive.

C’est certes loin d’être colossal, mais ce n’est pas négligeable d’autant qu’il ne faut pas oublier que les séquelles d’infarctus, notamment l’insuffisance cardiaque, grèvent lourdement la qualité et l’espérance de vie.

Certaines statines peuvent aussi avoir leur place dans la prévention primaire des accidents cardiovasculaires. Là il faut être précis. Il ne s’agit pas de distribuer ces produits comme des pilules magiques. La population visée est celles de personnes présentant des lésions sur les artères coronaires touchant plusieurs d’entre elles, avec généralement un diabète de type 2 associé et des facteurs de risque familiaux par exemple.
Là encore, un effet protecteur aux environs de 20 % est retrouvé à condition de cibler les bonnes indications.

La médecine est un art fort complexe qui ne vit pas forcément bien de dogmes ou de manichéisme. Trop longtemps, on a misé sur le ‘tout cholestérol’ alors que la recherche nous montre que l’athérosclérose est un phénomène avant tout inflammatoire et immunologique. Il faut savoir en tenir compte.

Mais décider que les statines n’ont aucune utilité, quel que soit le cas de figure, c’est certainement pratique pour faire la couverture du Nouvel Observateur mais pas forcément une démarche très responsable vis-à-vis de certaines catégories de patients.

Il est évident qu’une certaine forme d’exercice de la médecine paie aujourd’hui ses excès. Evident aussi que les sociétés savantes, notamment celles œuvrant dans le domaine cardiovasculaire, ont eu, avec l’industrie pharmaceutique, des relations très proches, voire trop proches, qui les mettent aujourd’hui en porte-à-faux et les empêchent de s’exprimer par peur d’être considérées comme des agents des laboratoires.

Mais il semble indispensable que sur de tels sujets, qui concernent des centaines de milliers de personnes dans notre pays, une information claire puisse être apportée, hors des polémiques, des anathèmes, des championnats de ‘M. Propre’.
Car, en bout de course, un patient qui fera le mauvais choix sous l’influence d’informations spectaculaires et parcellaires prendra peut-être un risque vital pour sa santé.

C’est toute l’importance du rôle des médecins et en premier lieu des médecins de famille, de répondre aux interrogations des patients.

Et ‘entendu chez son médecin’ est plus important que ‘vu à la télé’

 
Lire  ICI et LA les avis de la Haute Autorité de Santé sur l’indication du traitement par statines

Lire également les 3 articles sur l’étude JUPITER ( ICI  LA  et encore LA)  qui proposait une extension de prescription des statines

Le blog du Dr Michel de Lorgeril

Lire aussi l’article concernant la levure de riz rouge.

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

38 réponses à Excès de cholestérol : faut-il sonner les statines ?

  1. ROUSSE Jean-Louis dit :

    En 2014 est parue une étude de 2 médecins américains, les docteurs Sinatra et Bowden (éditions Marabout) intitulée « Le grand mythe du cholestérol », et très éclairant sur le rôle des statines.
    Leur avis rejoint celui des docteurs et Flaysakier: « les statines ont leur place dans ce qu’on appelle la prévention secondaire des maladies cardiovasculaires.
    Par ce terme, on désigne une prévention destinée à des patients qui ont déjà fait un accident, comme un infarctus du myocarde et chez lesquels on cherche à diminuer le risque de récidive.
    Il a été établi par diverses études que certaines statines, associées je le répète à la lutte contre les facteurs de risque, permettaient de diminuer de 15 à 23% ce risque de récidive. »
    Et ils recommandent, dans le cas d’administration de statines, d’y joindre la co-enzyme Coq 10.
    Je n’ai fait aucune étude médicale, je vous renvoie donc à la lecture de ce volumineux ouvrage, très documenté.

  2. pepette dit :

    STATINES = POISON

    Comme Etesse, j’ai vécu un enfer qui serait trop long à décrire ici, pendant 2 ans avec tahor 10, je dis bien ENFER, tendinites aux talons d’achille avec pourtant des cpk correctes.
    Je ne pouvais plus marcher, c’était affreux !!!
    C’est moi qui ai dit STOP à ce poison, contre l’avis de mon médecin qui disait les statines n’ont rien à voir !!!!
    Je revis maintenant !!!

  3. Etesse dit :

    Il semblerait que mes derniers commentaires, c’est vrai empreint de colère, ni plus ni moins empoisonné par cette molécule pendant 5 ans il y a de quoi il me semble non ? Si on peut pas le dire c’est regrettable. Je pense que ceux qui en parle sans l’avoir testé sur eux n’ont pas toutes les données en main…. Cordialement

    • docteurjd dit :

      Ce blog n’est pas un forum mais un site d’informations.
      j’ai publié votre commentaire et on ne va pas y revenir sans cesse si vous le voulez bien.

  4. Etesse dit :

    Bonjour, pour ma part je conseille aux prescripteurs de statines d’essayer sur eux même ces poisons ! Pour ma part un mauvais médecin m’a prescrit du tahor 10 qui m’a coûté 5 ans de souffrance, d’enfer, heureusement qu’un rhumatologue perspicace à bien voulu douter du diagnostic de Fibromyalgie en cours et faire un dosage de cpk ! 2 mois d’arrêt du tahor et commence à revivre enfin, j’étais devenu un zombie des tendinites et des douleurs absolument partout, bizarrement je constate que la plupart des personnes que je connais et qui prennent ces poisons ont des problèmes plus ou moins sévères et arrête aussi ces traitements barbares, j’ai depuis ouvert un groupe Facebook a ce sujet https://m.facebook.com/groups/289865557804647
    J’espère que mon exemple qui malheureusement n’est pas un cas isolé pourra éviter d’autres catastrophes….

  5. Dr Jean Rochefort dit :

    Voici la liste des membres du NCEP, comité chargé de fixer le seuil recommandé de cholestérol (qui avait été baissé drastiquement en 2004) : http://www.nhlbi.nih.gov/guidelines/cholesterol/atp3upd04_disclose.htm
    On constate que 8 membres sur 9 reçoivent des honoraires de compagnies produisant des médicaments pour… abaisser le taux de cholestérol : Pfizer, Merck, AstraZeneca, Novartis, Bristol-Myers Squibb…

    Il est problématique, doux euphémisme, de laisser une décision aussi importante à un comité (qui décide de le constituer d’ailleurs ?) affligé d’un conflit d’intérêt aussi évident. Avec le récent scandale des béta-bloquants administré en péri-opératoire, où Dr Poldermans, condamné pour falsifications des données, avait présidé le comité même chargé de préconiser l’usage de ces b-bloquants, n’est toujours pas fini et a probablement coûté la vie à des dizaines de milliers de patients, ne doit on pas se poser la simple question de l’indépendance et de l’objectivité des prescripteurs de statines ?

    Du reste, la réduction alléguée de risque de 15 à 23%, outre que c’est trompeur car donnée en relatif au lieu d’être en absolu (problème déjà signalé par un lecteur, et dont vous n’avez absolument pas adressé la signifiance statistique) est une présentation, comment dire… très marketing des faits. En effet, il ne faut pas oublier de parler d’une conclusion épidémiologique très importante des mêmes études et qui pourrait intéresser les patients, à savoir que la prise de statines ne réduit pas la mortalité ! En clair, vous faites certes baisser la probabilité d’avoir une prochaine attaque de 0,8% à 0,6% (il vaut mieux dire -20%, c’est plus vendeur n’est ce pas) mais le patient ne vivra pas plus vieux à cause des multiples effets secondaires des statines, notamment hépatiques sans parler d’une moindre qualité de vie (douleurs musculaires, troubles de mémoire, dépression, diabète…).

    Et puis, qui peut sérieusement croire qu’il y a un « bon » seuil de cholestérol valable pour tout le monde et fixé par un comité de blouses blanches ? C’est pourtant exactement ce qu’on veut nous faire croire !

  6. Combrisson dit :

    Ayant lu le bouquin du Dr. Even, fort bien résumé par vous, je voudrais poser une question :
    Que pensez-vous de son attaque sur le fait que les études mentionnent toujours les résultats relatifs, alors que lui ramène toujours les éventuels bienfaits en données absolues. Sur le moment, son argument m’a convaincu mais à la réflexion, qu’en est-il réellement, dans d’autres études sur d’autres molécules ? Doit-on se contenter d’un -15 ou -20% en relatif, ramené à un -0.2% en absolu ?
    Que pensez-vous de ses arguments sur les écarts types, souvent importants et supérieurs aux résultats positifs enregistrés ?
    Je rejoins par là une intervention 3 ou 4 posts plus haut, demandant de s’attacher à la validité ou non des arguments fournis.
    Merci pour l’article, en effet très mesuré.

    • docteurjd dit :

      La question de l’expression des résult
      Ats en valeur relative ou absolue est un classique. Mais dans une publication on a les données pour calculer les 2.
      Et puis il y a les essais cliniques et la vraie vie. La baisse de la mortalité cardiovasculaire après un premier évenement est une réalité, multifactorielle certes, mais visible

  7. Mariette dit :

    Bonjour Jd,
    j’en profite que vous mentionnez la vitamine D dans votre article pour vous posez une question qui me taraude.
    Les médecins prescrivent d’énormes doses de vitamine D (100 000 UI) alors que lorsqu’on synthétise la vitamine D par le Soleil, après 10 000 UI de synthétisation, le surplus est automatiquement détruit.
    Pourquoi prescrit-on de si grosses doses si le corps ne peut les assimiler naturellement ?

  8. bioticTV dit :

    Ce lanceur d’alerte dénonce avec courage l’arnaque mondialisée du cholestérol et des statines.

    Cette arnaque médicamenteuse ayant failli coûter la vie à mon amie, BioticTV est allée questionner ce célèbre chercheur dans son université pour informer un maximum de personnes du piège de la désinformation médicale.

  9. Frederique dit :

    Après avoir lu attentivement l’article du Nouvel Obs , j’en conclus que Mr Even n’a rien inventé mais adore la polémique et surtout ètre sous les projecteurs …vu que les médias sont friands de tous ces pseudo-scandales médicaux -(comme les juges , ils n’aiment guère les médecins et ne manquent jamais une occasion de les épingler ) il trouve de multiples tribunes pour s’exprimer .
    En tant que médecin généraliste assidue de formations et tâchant de me tenir au courant des évolutions de la science , j’aimerais faire part de mon inquiétude devant cet acharnement contre les médicaments et la médecine en général . En jetant l’opprobre sur les médicaments et leurs prescripteurs à longueur de journaux télévises et d’émissions d’information , on décrédibilise complètement le médecin . Ok , les patients auront peur des médicaments et ne voudront plus en prendre , tant mieux , ce sera bon pour les comptes de lé sécu et en règle générale ils en prennent trop , mais ne croyez pas qu’ils seront capables de faire le tri entre leurs médicaments utiles voire indispensables pour leur santé et les autres … Et quid de nos conseils puisque nous sommes des nuls qui boudent la formation continue et qui sommes achetés par l’industrie pharmaceutique !! Quel gâchis

  10. Bonjour, cher ami.

    Nos deux compères (B. Debré et P. Even) se sont auto-proclamés successivement pharmacologues, puis cardiologues. Et cela ne semble visiblement gêner personne. Moi si !!
    Bien amicalement,
    PA

  11. Lannig dit :

    Bonjour,
    Ayant eu un infarctus je suis évidemment intéressé par le débat sur les statines. Je suis convaincu qu’en prévention secondaire il faut faire attention aux cholestérol et que les statines sont pour cela un vrai plus…
    Mais 10% de ce qui prennent des statines ont des effets secondaires comme des douleurs musculaires et cela peut être très invalidant.
    Dans ce cas quelle est la solution ? Changer de statines mais il semble que les effets secondaires restent ? La levure de riz rouge mais les risques sont gros et les effets secondaires pourraient rester ? Alors que faire dans cette situation .. Il n’y a pas que le débat sur l’efficacité des statines mais aussi celui de comment lutter contre les effets secondaires ?
    Et sur cela je ne trouve aucune information.
    Qu’en pensez vous ?
    Merci

    • prat dit :

      bonjour,
      Mon mari souffre également d’effet secondaire au statine :douleur musculaire et particulièrement au cou.si vous savez comment agir pour lutter contre eux j’aimerai que vous me le fassiez savoir.
      Merci d’avance

  12. carta dit :

    Bonjour Dr Flaysakier,

    Avant de répondre à votre article suite au livre du Pr Even, je voudrais vous dire que j’apprécie vos commentaires sur FR2 suite à divers évènements de la vie médicale.
    Médecin généraliste pendant 30 ans, je me suis spécialisé en nutrition et micronutrition que j’exerce exclusivement depuis 2 ans.
    Votre réponse suite au livre d’Even me laisse un peu sur ma faim cette fois ci.
    Certes ce livre n’apporte rien de nouveau après ce qu’écrit Mr De Lorgeril dans ses différents ouvrages mais il repose le problème de la faible incidence du cholestérol dans la mort cardiovasculaire ainsi que dans la thrombose artérielle que nous médecins micronutritionnistes nous connaissons et défendons depuis toujours. Il pose également le problème de l’excès majeur des prescriptions de statines dans le monde malgré le peu d’indications formelles.
    Concernant le rôle du cholestérol; en fait le problème n’est pas le LDL-cholestérol sur lequel toutes les études se basent. Ce qui est délétère c’est le LDL oxydé. La formation de la plaque d’athérome a peu à voir avec le cholestérol. Il s’agit d’abord d’une inflammation de la paroi artérielle, suivie de la réaction immunitaire classique puis d’une oxydation. Le cholestérol n’est pas la cause de la fisuration de la plaque ni de la thrombose et encore moins de la mort qui peut s’en suivre liée à la fibrillation ventriculaire elle même liéé à un défaut de composition de la membrane des cellules coronaires en W3(EPA et DHA) appelé indice oméga 3.
    Pour les études sur les statines sur lesquelles se basent leurs indications , toutes contiennent des biais pour celles parues avant l’affaire du Vioxx
    Quand à la conduite à tenir en prévention secondaire ,et de l’utilité des satines, je crois que vous devriez vous plonger dans la fameuse étude de Lyon de Sege Renaud et Michel de Lorgeril qui montre une baisse de la récidive d’un infarctus de 60% environ suite à un régime auquel on a prescrit une margarine au colza riche en oméga 3, résultat bien supérieur à celui des 20% avec les statines. Cette étude parue avant la sortie des statines n’a pas eu l’audience des statines comme on peut bien le croire face à la puissance du lobby de l’industrie pharmaceutique.
    Comme de nombreux médecins micronutritionnistes, nous partageons l’idée que le cholestérol est innocent et que les statines devraient être prescrites à titre exceptionnel compte tenu des effets délétères pour la santé d’une trop forte baisse du cholestérol (baisse de la vitamine D par exemple reconnue comme facteur de risque du cancer notamment du cancer du sein.
    Merci pour votr réponse.
    Cordialement

    • docteurjd dit :

      Je vous signale que j’ai parlé dans cet article du mécanissme inflammatoire et immunologique. Pour le reste je n’ai aucune compétence dans le domaine de la micronutrition et ne peux donc vous répondre .

    • nicole dit :

      Entièrement d’accord avec vous et Dr de Lorgeril. Une alimentation type diète méditerranéenne et suppression des statines prises depuis des années m’ont fait retrouver, à 68 ans, un dynamisme et un moral d’enfer.

  13. Abdel Khidma dit :

    Ce que j’aimerais lire de temps en temps, c sont des arguments scientifiques.
    On trouve des noms d’oiseaux.
    On en voit qui discutent du doigt au lieu de la lune qu’il montre.
    D’autres dégomment les messagers faute de connaître les messages ou de les décortiquer.

    Mais personne qui vienne dire. … Voilà, quand de LORGERIL dit que l’étude WOSCOT , ou 4S , ou Prosper, il fait telle critique , mais ça ne tient pas parce que en fait ( suit une explication technique).

    En fait on est plus dans un débat religieux ou il est trop difficile de faire le travail intellectuel et émotionnel de , ne serait ce que de lire les arguments exposés qui prennent plusieurs chapitres, á froid , et les critiquer. Pour certain ce peut être un effort insurmontable, à la seule,idée de peut être devoir remettre en question un ecroyance ou des pratiques établies.

    Car la vraie question n’est pas abordée. C’est de savoir si les arguments de Even et de Lorgeril sont ou non fondés. Si les critiques point par point dans le détail des études qui ont établi l’efficacité des statines, la nocivité du cholestérol, sont fondées.

    Car les gens qui pour les contrer , les hérétiques , disent simplement que telle étude montre que la Staline est efficace , ils manquent le point crucial de la discussion. Est ce. Que les chiffres de cette étude ont été obtenus par les méthodes de la science, sans erreur , sans manipulation : pas besoin d’être complotiste pour savoir qu’il y a des manipulations et des tricheries volontaires dans certaines publications des meilleurs journaux: il n’est que de lire quelques articles paraissant dans les meilleur journaux sur ce sujet précis (JAMA, BMJ, Lancet).

    De Lorgeril lit et décortique les articles comme un expert d’art qui vous dira que ce tableau est ou n’est pas un Delacroix.

    Vous pouvez me jeter les résultats d’une étude aux yeux comme,de la poudre d’or, si les résultats sont obtenus à partir d’erreurs ou pire ils ne valent rien.

    Mais la plupart ne lisent que les résumés ou encore les compte rendu faits par d’autres

    Le vrai débat doit se placer dans détail: la validité des critiques techniques portées sur la validité et l’interprétation des résultat des études scientifique.

    De plus le fait qu’un critique ne soit pas nutrionistocardiologue ne l’empêche pas de savoir lire une étude scientifique ou qui devrait l’être et de la analyser, les méchants mes sont les mêmes en pneumologie et métabolisme. Cet argument revient à critiquer le messager plus que le message, le doigt plus que la lune montrée.

  14. cardio dit :

    Bonjour,
    Je suis cardiologue et conscient des bénéfices des statines j’ai pris 20 mg de Pravastatine depuis 2003 pour un LDL voisin de 1.8 ce qui m’a permis de le retrouver aux environs de 1.2
    En 2012 suite à une douleur thoracique on m’a trouvé une sténose calcifiée de l’IVA de 50%. Je suis convaincu que sans Statine j’aurai fait un infarctus. Je ne souhaite qu’une chose au Pr EVEN c’est d’avoir un infarctus antérieur étendu avec gros dégâts sur la fonction VG et on verra ses commentaires….
    Est-il possible de le contacter par mail par exemple ? chose que je n’ai pas pu obtenir. C’est pitoyable de raconter ces bêtises uniquement pour vendre son livre!

  15. mahé jf dit :

    je vous ai mis un message sur votre blog.
    Pour orner cette page et au sujet du Prf Even, un extrait du livre de de Funès qu’il faut lire et relire en boucle, au sujet du professeur Jean Bernard, écrivain prolixe à l’instard de notre Prf « de gauche »
    – ton patron vient encore de sortir un livre.
    – Eh oui que veux tu, il écrit sous lui.
    Lorsque l’on a fait la déclaration qu’il a faite, sur le traitement du Sida par la cortisone, on a la décence de se taire à vie.
    Et surtout sur la cortisone. Si vous avez eu la patience de vous taper « le guide des 4000 med.. », je ne sais pas si vous avez noté le passage sur le traitement des syndrômes grippaux par la cortisone. Un grand moment de médecine de pointe.
    Seul côté positif de ce livre, qui ne s’est vendu que parce qu’il a été acheté par des gogos qui voulaient se renseigner sur les médicaments qu’ils prenaient, la mise en cause des dirigeants ripoux de l’afsaps.
    Tout le reste est pitoyable d’approximation et classer les IRS comme sans effet, montre une méconnaissance grave de l’exercice de la médecine.

  16. dubois dit :

    Moi je m »interroge sur la médecine actuelle et les médicaments.On a soigné ma fille de 22 ans pour un ulcère, on lui a fait passer une gastroscopie pour ne trouver aucune liaison, on lui a passé un scanner.Résultat on ne lui trouve rien à l’estomac.On lui prescrit à 2 fois des anti dépresseurs qu’elle n’a jamais pris.Bien heureusement.
    Comme plus aucun médecin ne voulait s’occuper d’elle, je lui ai dit note les aliments qui te donnent mal à l’estomac : elle m’a répondu le pain et les pâtes. Dans les examens les anti gliadines étaient négatives.En fait elle ne fait pas une intolérance au gluten mais une sensibilité au gluten.Depuis qu’elle fait ce régime au gluten elle n’a plus cette fatigue qu’elle avait depuis le lycée et ces maux de tête fréquents.Bravo la médecine.Arrêtons d’utiliser les scanners et essayons de raisonner, comme dans le temps.Pour arranger la santé de ma fille, les médecins pensaient qu’elle faisiat des infections urinaires, ils ont changé 6 fois d’antibiotiques en 1 mois et demi.Pour comprendre maintenant qu’il ne s’agissait pas d’infections urinaires.A cause du gluten elle n’arrivait plus à éliminer les déchets, elle avait mal au foie, aux reins, partout.En décembre 2012 comme ma fille avait des problèmes aux intestins, c’est une diététicienne qui m’a expliqué que les antibiotiques changés 6 fois ont détruit sa flore intestinale et vaginale.Maintenant on lui a infligé des problèmes de santé.Depuis elle a arrêté les produits laitiers en plus du gluten et a perdu plus de 20 kg.Aucun médecin nenous aide à part un médecin osthéopathe qui lui a donné des probiotiques. Mais sa flore depuis mai 2012 n’est toujours pas rétablie.Si cela continue avec les soucis de notre fille et le comportement des médecins nous allons finir par faire un ulcère.Nous sommes dans le flou sans savoir quand elle sera guérie.Voilà ce que peuvent provoquer les médicaments et les composants de l’industrie alimentaire.

  17. Effectivement l’effet des statines ne passe peut être pas par la seule réduction du LDL cholestérol car de nombreux effets annexes positifs ont été signalés mais généralement non cités
    http://www.esculape.com/medicament/statines_cancer_2005.html
    http://www.esculape.com/medicament/statine_eifavorables.html

    Son action sur la HMG-Coenzyme A réductase est ubiquitaire est peut-être, sans doute, à creuser

  18. SIDHOUM Nadia dit :

    Bonjour, que pensez-vous d’un cholestérol total à 2g96 : dois je prendre des statines en sachant que je fais attention à mon alimentation et hypothyroidie (lévotyrox 100) est-ce que ce n’est pas lié ? Merci

  19. Doc Propofol dit :

    Un petit détail : un jaune d’œuf pèse environ 17 g et contient environ 1240 mg de cholestérol. On est loin des 100% annoncé en début de billet 😉 C’était le troll du jour.

    Les effets pléiotropes des statines, notamment sur l’endothélium vasculaire, sont aussi très discutés.

    Ainsi que vous le soulignez, l’effet de ce genre de publication peut conduire nombre de patients à jeter le bébé avec l’eau du bain et arrêter l’ensemble de leurs traitements à visée cardiovasculaire : IEC, béta-bloquants, antiagrégants…

  20. Cholestérol et statines :Merci pour cet article assez bien équilibré.

    Il faut savoir que suite à la publication ce jour de Mr Even hier, la HAS a immédiatement publié un avis assez bien fait.

    Il est vrai que les recommandations françaises sur le seuil décisionnel du traitement anti cholestérol commencent à dater un peu, même si déjà, elles étaient utilisées pour freiner les prescriptions abusives de traitement hypocholestérolémiant. On ne traite pas un chiffre sans tenir compte du patient et de ses antécédents. Mais attention de ne pas arrêter un traitement sur un coup de tête.

    Il est vrai que les patients et les médecins ont de quoi s’interroger par ailleurs :

    Je ne reviens pas sur les dogmes d’hier qui deviennent des absurdités aujourd’hui, comme en pédiatrie la position de couchage du bébé (sur le ventre, le côté, le dos…), la diversification alimentaire (pour info reculer l’âge de la diversification chez les bébés potentiellement allergique a été récemment remis en question…)

    Lorsque qu’on lit et on relit les supposés effets positifs de la vitamine D contre certains cancers étayés par des études et contredites par des méta- analyses, on s’interroge .

    Lorsqu’on prescrit des traitements « contre la maladie d’Alzheimer »après moult examens préparatoires, et tests éprouvants pour une personne fragilisée pour s’apercevoir que ces molécules sont critiquées par la Haute Autorité de Santé, on s’interroge encore.

    Je ne reviendrai pas sur le scandale des pilules 3 et 4 G , du médiator, de la vaccination (en masse?) pour le H1N1 en 2009.

    N’oublions pas la récente mise à jour des médicaments qui doivent être remis en question : voir la liste de la revue Prescrire -que je préfère personnellement à celle publiée fin 2012 par Messieurs Even et Debré-

    Rappelons les questions qui se posent sur le SUR-DIAGNOSTIC, comme pour le dosage des PSA véritable engrenage infernal.

    Et les prescriptions de molécules non controversées restent sans doute coupables d’effets secondaires parfois dramatiques : la « iatrogénie »

    Mais au delà de nombreuses études qui sont sans doute très critiquables, tronquées, et mal interprétées, ou pour lesquelles les conflits d’interêts ne sont pas assez lisibles, notre médecine parfois fonctionne sur le principe du  » et si je ne fais rien, et si je ne le prends pas, ou si je l’arrête… est ce que je ne risque pas de… », et ce principe biaise souvent le raisonnement du patient et ou du médecin, c’est la médecine moderne anxiogène.

    Au delà des effets d ‘annonce, voire de panique, continuons à faire le ménage dans les prescriptions médicamenteuses, à être prudents dans nos prescriptions de régime, mais ne pas arrêter un traitement sans en parler avec le prescripteur ou médecin traitant…humilité, prudence

    Dr. F.Dussauze

    • REVEL dit :

      Bonjour
      C’est avec quelques mois de retard que je répond.
      En consultant des sites je suis tombée sur des réponses , paradoxales voires divergeantes.
      Je ne sais toujours pas si un jour j’aurai la réponse, toujours est-il que depuis un an que je prends Pravadual, j’ai des tendinites aux épaules. C’est très douloureux. Le médecin m’avait dit que je devais me faire soigner les dents, du coup j’ai tout fait arracher. Mais voilà j’ai ces horribles douleurs. Je ne me laisse pas abattre, je prend des compléments Q10 depuis peu. Je fais attention à mon alimentation, je fais du sport……….en vain. J’ai 55 ans et suis dépitée. A force de chercher des réponses je ne sais plus qui croire. En attendant je perd pas espoir. Que va t’il encore m’arriver avec ces statines. J’ai eu un cancer il y a 5 ans. Aujourd’hui plus rien. Mais si ces douleurs continuent dois-je les arrêter, le doc me dit de continuer, mais c’est moi qui ai mal. Je vous suis grée de bien vouloir me montrer un bout de chemin ou une idée pour que ces douleurs me laissent lachent. Bien cordialement. M REVEL

  21. Philippe dit :

    Concrètement, à un patient qui prend depuis des années des statines simplement pour ‘faire baisser’ son taux de cholestérol alors qu’il n’a pas d’antécédent d’accident vasculaire (ni de cas connu dans sa famille), que faut il dire ?

    Arrêter ? Continuer toute sa vie ?

  22. Le Flohic yvon dit :

    bonjour, bon article équilibré, on en a parlé en live il y a peu : les statine sont un bon outil, mais on ne remplacera pas la maitrise des facteurs de risque ; j ai l impression que ce bouquin d’Evin ressemble de près au livre « cholesterol myths » de Uffe Ravnskov, MD, PhD, qui developpe les même points semble t il.

    il y a un mouvement anti statine :
    http://rebelquest.crosschapters.com/dbdocs/sante/le_mythe_du_cholesterol_.pdf

    un article pas ininteressant , je suis pas forcement fan ou toujours « écolo compatible », mais c est bien documenté et surtout nuancé, une qualité qui signe souvent une certaine profondeur de réflexion :

    http://www.nutranews.org/sujet.pl?id=168

    le point central est effectivement dans la nuance, la médecine est compliquée.

  23. Bonjour JD
    Ce qui est très déstabilisant dans cette affaire, c’est que l’on découvre progressivement que l’effet protecteur des statines, quand il existe,
    – N’a pas de lien avec un excès de cholestérol préalable (post-infarctus)
    – Fonctionne aussi avec des maladies pour lesquelles l’excès de cholestérol n’est pas un facteur de risque (AVC)

    C’en est au point que l’on découvrira peut-être un jour que l’action protectrices des statines ne passe pas du tout par la réduction du taux de cholestérol.

    Les statines présentent un intérêt chez les patients à très haut risque cardiovasculaire, qu’ils aient ou non un cholestérol élevé, et uniquement chez eux. Et le meilleur moyen d’identifier ces patients, c’est de sélectionner ceux qui ont déjà fait un accident cardiovasculaire. D’où l’efficacité en prévention secondaire.

    Merci pour ta synthèse pondérée.

    • docteurjd dit :

      Cher Dominique,
      Tu as raison de souligner ce ‘paradoxe’. Ce sont sans doute des vertus anti-inflammatoires qui expliquent en partie ces résultats. C’est pour cela que l’attitude sans nuance de certains me semble contre-productive.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.