Syndrome prémenstruel : traiter avec des acides gras pourrait devenir la règle.

 
 
Le syndrome prémenstruel SPM, est un véritable cauchemar pour de nombreuses femmes. Un cauchemar qui se reproduit tous les mois. Mais un traitement à base d’acides gras et de vitamine E pourrait peut-être changer la vie de celles qui sont victimes de ce syndrome.
 
Ce sont sept à dix jours de troubles, plus ou moins sévères, qui viennent chaque mois gâcher la vie de nombreuses femmes. Douleurs, troubles de l’humeur, difficultés relationnelles, un ensemble de symptômes qui débute juste après l’ovulation et qui vont s’estomper avec le début des règles.
 
Certaines formes graves peuvent conduire à des tentatives de suicide ou des comportements homicidaires, Les avocats américains se sont souvent servis de ce syndrome pour faire acquitter des clientes poursuivies pour meurtre au premier degré.
 
Ce syndrome n’a jamais été élucidé. On a incriminé les hormones œstrogènes et progestérone, les mouvements d’eau et de sel, la prolactine, la prostaglandine E1.
 
On pense que les femmes victimes de SPM seraient anormalement sensibles à des niveaux pourtant physiologiques de l’hormone prolactine, dans un contexte de taux de prostaglandine E1, PGE1, bas.
 
C’est à partir de cette dernière hypothèse qu’une équipe de l’université de Recife, au Brésil, a conduit une étude incluant 120 femmes.
 
Ces femmes avaient entre 16 et 49 ans, n’avaient aucun traitement de SPM depuis au moins trois cycles.
 
Elles ont été divisées en 3 groupes pour un essai randomisé en double aveugle.
 
Le premier groupe recevait un placebo, le deuxième le traitement proposé à la dose de 1g par jour et le troisième à la dose de 2 grammes par jour.
 
Les femmes ont été suivies 240 jours, le traitement lui-même étant donné sur une durée totale de 180 jours.
 
Mais en quoi consistait ce traitement ?  Trois acides gras insaturés essentiels. Ce terme ‘essentiel’ vient du fait que ces acides gras ne sont pas synthétisés par l’organisme, mais ne peuvent provenir que d’une source alimentaire.
 
Les 3 acides gras en question sont l’acide oléique, l’acide linoléique et l’acide gamma-linoléique.
Leur métabolisme conduit à la formation de PGE1.
Chaque gélule de un gramme contenait : 175 milligrammes d’acide oléique, 345 mg de linoléique, 210 mg de gamma-linoléique et 250 mg d’autres acides gras polyinsaturés. La gélule contenait aussi de la vitamine E.
 
L’évaluation des effets se faisait à partir d’une échelle d’évaluation baptisée PRISM, comprenant 23 critères correspondant à autant de symptômes physiques.
Chaque symptôme était noté, quotidiennement,  de 0 (aucune manifestation) à 3 (symptôme sévère).
Au début de l’étude, le groupe ‘1g’ avait un score médian de 99, le groupe ‘2g’ 98 et le groupe placebo 96,5.
A trois mois, et surtout à six mois, le score a été très abaissé dans les deux groupes traités, la basse dans le groupe placebo se limitant au 3ème mois.
 
Dans le groupe ‘2g’ on est passé de 99, soit une sévérité absolue à 28, ce qui traduit une très importante amélioration. Dans le groupe ‘1g’, la diminution est un peu moindre, puisque le score est de 35.
Dans le groupe placebo, le score est à 62,5.
 
A six mois, ni le taux de prolactine ni le taux de cholestérol n’avaient été affectés par le traitement.
 
Il s’agit donc d’une voie intéressante, même si l’effectif étudié est faible et imposera des études sur un plus grand nombre de femmes.
 
L’autre question concerne le développement du produit. Il ne s’agit pas d’un médicament au sens strict mais, plutôt, d’un complément alimentaire.
 
Cette formulation devrait donc être en vente libre en pharmacie et exclue du remboursement.
Ce qui, vu le type de pathologie concerné, semble assez injuste car les femmes atteintes de ce syndrome ont recours à divers médicaments pris en charge par l’Assurance- maladie.
 
Là, on est face à des substances naturelles, a priori non toxiques et efficaces et qui seraient à la charge des patientes, privant les plus démunies d’un accès facile à ce remède.
 
Une question à envisager sérieusement.
 
 
Référence de l’étude :
 
Edilberto A Rocha Filho et al.
 
Essential fatty acids for premenstrual syndrome and their effect on prolactin and total cholesterol levels: a randomized, double blind, placebo-controlled study
 
Reproductive Health 2011, 8:2 doi: 10.1186/1742-4755-8-2
 
Accessible librement

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.