Médicaments dangereux : Prescrire a raison, mais, parfois il y a des risques qu’on peut accepter.

Depuis l’affaire du Mediator, la revue Prescrire est devenue une référence, voire une bible, Aujourd’hui, dans son numéro de janvier 2011, la revue demande d’autres retraits de plusieurs autres médicaments. Mais, dans certaines situations comme les pathologies cancéreuses, certains risques peuvent être acceptés si médecin et patient en conviennent.
 
Les cibles de prescrire sont le nimesulide, le buflomedil et la vinflunine.
Le premier, le nimesulide est un médicament anti-inflammatoire commercialisé sous le nom de Nexen. Parmi ses indications, l’une des plus utilisées est la prise en charge des dysménorrhées primaires, ce qu’on qualifie plus simplement de ‘règles douloureuses’.
 
Ce produit a entrainé des atteintes hépatiques parfois sévères et, plus rarement, mortelles.
La gamme d’anti-inflammatoires est assez vaste et si ce produit était amené à disparaitre, le vide laissé serait assez vite comblé……
 
Le deuxième produit, le buflomedil est mieux connu sous le nom de Fonzylane. Il est utilisé dans les artériopathies oblitérantes des membres inférieurs, AOMI, plus communément l’artérite.
Comme tous les médicaments dits vasoactifs, ce produit ne fait pas de miracles sur des artères endurcies.
Le meilleur traitement de l’artérite reste, et de loin, la marche. Je sais à quel point il peut être pénible et douloureux quand on souffre d’artérite de se voir prescrire de la marche. La distance parcourue sans douleur, ce qu’on appelle le périmètre de marche, est souvent de quelques dizaines de mètres seulement.
 
Mais cela reste, et de loin, le meilleur traitement et il faut encourager les patients artéritiques à s’astreindre à une marche quotidienne.
Le buflomedil a provoqué lui aussi des accidents, souvent après des intoxications volontaires.
 
Comme pour le nimesulide, son retrait du marché ne poserait aucun problème majeur aux médecins. Peut-être un peu plus aux patients, surtout les plus âgés. Ils ont tendance à investir affectivement beaucoup dans ce type de produit dont ils ont le sentiment qu’il les aide beaucoup.
On souhaiterait que ce fût exact, mais ce n’est pas le cas !
 
La vinflunine pose un problème différent. Ce médicament est utilisé dans le cancer de la vessie avancé. On appelle cela un traitement de deuxième ligne, lorsque des métastases sont apparues.
Le traitement d’un cancer métastatique a pour but de prolonger la vie des patients et de retarder l’évolution de la maladie en faisant en sorte que les effets secondaires du traitement ne gâchent pas la qualité de vie du patient.
 
On est donc là dans une situation souvent difficile et pour laquelle le dialogue entre le médecin et le patient est fondamental.
 
Il faut peser le pour et le contre des options choisies.
 
La vinflunine est le seul médicament à avoir été évalué dans le cancer de la vessie métastatique. Comparé à un placebo, il a montré une tendance à prolonger la vie, sans pour autant que cet effet soit statistiquement significatif.
 
Un des effets secondaires de ce produit est l’importante constipation qu’il entraine et qui peut, dans une situation de fin de vie, être très mal vécue par le patient.
 
Se passer de la vinflunine est possible. Il y a d’autres molécules anticancéreuses qui existent et qui sont déjà utilisées dans les cancers de vessie nouvellement diagnostiqués.
 Mais ces médicaments n’ont jamais été évalués dans ce contexte de traitement de deuxième ligne. C’est donc l’expérience des équipes qui guide le choix de la thérapeutique.
 
Plus généralement, le choix d’un traitement anticancéreux en situation métastatique, c’est-à-dire dans les formes avancées, doit, comme je l’ai dit plus haut, être l’objet d’une vraie discussion sans faux-semblant, entre le patient et son médecin.
 
La qualité de vie doit compter autant que la quantité de vie.
Le jugement ne peut donc pas uniquement se faire sur des données statistiques d’essais cliniques qui, par définition, sont fait sur des milliers de personnes et non pas sur un individu.
 
Si al sécurité doit être un objectif permanent, il ne faut pas s’interdire, individuellement et après information la plus complète possible, une certaine prise de risque.
 
La recherche et l’innovation en cancérologie sont des structures fragiles. Il faut y penser afin de ne pas pénaliser plus avant les patients

Prescrire n°327 janvier 2011 et le site internet www.prescrire.org

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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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33 réponses à Médicaments dangereux : Prescrire a raison, mais, parfois il y a des risques qu’on peut accepter.

  1. marie dit :

    Bonjour,
    ayant bien étudié le nexen (je travaille dans le médical), j’aimerais dire qu’à l’époque de la sortie du produit, la seule et unique indication du nexen etait l’arthrose. suite à une réévaluation du produit, le rapport bénéfices/risques du produit a été jugé favorable et les indications ont été élargies aux douleurs aigues mais aussi aux dysmenorrhées primaires.
    Malgrès cette dernière indication, je peux vous certifier que 99% des prescriptions de nexen concernent des pathologies comme l’arthrose mais aussi de la traumatologie. Ce n’est certainement pas dans les règles douloureuses que ce produit est fortement utilisé comme vous le dites.
    Maintenant, ce medicament soulage énormement de patients (qui ont souvent essayé plusieurs AINS), et je trouve ça anormal de dire qu’il n’apporte aucun interet thérapeutique par rapport à d’autres.
    Tout ce battage médiatique concernant les médicaments est risqué, beaucoup de patients qui utilisent ces produits risquent d’avoir peur et stopperont leur traitement: ce n’est peut-être pas dangereux si c’est du nexen, mais ça l’est beaucoup plus si il s’agit de produit pour le diabète, l’hypertension, le sida, le cancer…(la liste est longue puisqu’on en est aujourd’hui à 76 produits)
    A ce rythme là, l’avenir de la médecine se limitera à des tisanes et autres à base de plantes…puisque je ne pense pas qu’en agissant ainsi on incite les laboratoires à investir dans la recherche pour de nouvelles molécules.

  2. Amalyste dit :

    Il y des risque que l’on peut accepter, certes. C’est le principe véhicule par la doctrine du rapport bénéfices- risques. Pour autant, doit- on, comme c’est le cas aujourd’hui, après avoir accepte un risque, se désintéresser et se déresponsabiliser totalement de ce que deviennent les victimes ?
    AMALYSTE a pose 10 propositions sur la gestion du risque médicamenteux graves et la responsabilité liée à l’acceptation du risque. (www.AMALYSTE.fr)

  3. Bruneau Jean-Paul ( Témoin ) dit :

    Bonjour,je suis sablais et nous nous sommes rencontré il y a une quinzaine d’année. j’ai absorbé du Médiator durant 2 ans ,puis du Stator avec douleurs et picotements dans les doigts avec promesse d’opération du canal carpien disparu aprés arrêt du médicament ,suivit du Crestor avec crise de cruralgie aigue également disparu en stopant celui-ci . ils rimaient tous avec " la mor " et je me demande ce qui m’attend ?? je pense qu’il faut être en bonne santé pour prendre des médicaments désormais Cordialement JPB

  4. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A CULTIVE TON JARDIN :

    Je suis toujours fasciné par les exegèses ! J’insinue donc sans m’en rendre compte et je touche au Livre Sacré !

  5. helene dit :

    Bonjour

    je confirme que le NEXEN peut être dangereux. J’ai eu de la chance d’avoir une réaction allergique rapide et donc je n’en ai pris que 5 jours. Mais cela a suffi pour déclencher une hépatite heureusement pas trop grave. Mes taux de transaminases ont dépassés 5 fois les taux max d’où une très grosse fatigue. J’ai pu retravailler au bout de deux semaines et retrouver une bonne forme au bout de deux mois.
    Bref maintenant pour mon mal de dos je préfère serrer les dents et m’allonger quand c’est trop douloureux

  6. cultive ton jardin dit :

    Prescrire parle systématiquement de « balance bénéfice/risques », et souligne régulièrement qu’on est obligé de prendre des risques quand on prescrit. Selon eux, pour chaque médicament face à chaque pathologie, la prise ou non prise se discute selon les risques acceptables ou pas. En ce sens, votre titre « Prescrire a raison MAIS… », qui semble insinuer que Prescrire refuse qu’on prenne des risques, n’est pas très correct.

  7. Francine dit :

    Dans le reportage du 6/01 sur le Médiator et les Laboratoires Servier, il aurait été bon de mentionner que Nicolas Sarkozy,
    avant de remettre une médaille à Jacques Servier, avait été son avocat durant plusieurs années.

  8. BP_du_Nord dit :

    Bonsoir,

    A propos du médiator, il me semble que ce produit était parfois cité dans certaines revues qui donnaient des conseils pour être sveltes sur la plage…

  9. kikeurette66 dit :

    j"ai pris du médiator de 2004 à nov 2009 j’ai une hypertension incroyable qu’on soigne depuis sept 2009 une insufisence respiratoire importante pour le coeur je suis suivi par un cardio depuis mes problèmes .
    je pense que beaucoup de personnes sont dans mon cas vertiges et imcapacité de sortir de chez moi certains jours que puis je faire? merci de me répondre

  10. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A YANN MARTIN :

     

    Je trouve votre analyse très pertinente et je la partage grandement.

  11. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A V.REMY :

    C’est l’exemple typique d’un choix après discussion. face à une acné qui a un fort retentissement psychologique par exemple, ce médicament est efficace mais aussi capable d’entrainer des maifestations psychiques. il faut alors gérer en toute connaissance de cause.

  12. V.REMY dit :

    Maman d’un ado de 15 ans qui est sous traitement par isotrétinoïne pour acné peu sévère je me pose de multiples questions par rapport à la balance risque/bénéfice avec des effets secondaires très présents mettant en jeu le pronostic vital des ado; ce type de médicament devrait être retiré du marché?

  13. Yann MARTIN dit :

    Prescrire joue très bien ici un rôle d’alerte louable. Mais certains de leurs propos me font quelque peu réagir, sur le fond, quand à l’evaluation des risques de ces médicaments.

    Effectivement, quand les agences de santé evaluent un médicament, elles se basent sur diverses études fournies plus ou moins directement par les firmes elles même.
    Je peux concevoir l’inquiétude de la revue sur l’objectivité et l’impartialité de ces études, inquiétude largement relayée par les médias, mais je reste sur ma faim, aucune solution réaliste n’a été proposée si tant est qu’il y en ait une qui puisse contenter tous les acteurs.
    En effet il est à mon sens tout à fait normal qu’une firme qui souhaite mettre sur le marché un médicament prenne à sa charge toutes les études nécessaire à son évaluation, qu’elles soient réalisées en interne, ou par des entités indépendantes.
    Ce n’est pas le role des agences de santé, et indirectement des contribuables (ou assuré social) de prendre en charge les frais de ces études.
    Et aussi indépendant que puisse être le labo ou l’organisme chargé de faire ces évaluations, il y aura toujours un soupçon de partialité du fait que le commanditaire et le financeur de l’étude est le labo … Et toujours des « bien pensants » pour semer le doute ( je vous laisse le choix entre concurrents, adeptes de la médecine douce etc …)

    Un petit post scriptum : Mr Toussaint parle de 20 000 decés par an dûs aux effets indésirables de ces médicaments, mais a t’on une évaluation aussi précise du nombre de vies sauvées par ces même médicaments ? Et peut on dénombrer dans ces décès ceux qui sont dûs à une utilisation des ces médicaments hors indications thérapeutiques ?? ( comme pour certaines utilisations du médiator pour ne citer que lui )

  14. jode dit :

    J’ai 65 ans et j’ai eu mes premières crises d’arthrose cervicale à 25 ans. J’ai maintenant de l’arthrose dans toute la colonne vertébrale, ce qui entraine parfois des crises de cruralgie ou de sciatique intenables.
    J’ai déjà tout essayé : nombreux médicaments, piqures, acupuncture, massages, infiltrations sous scanner prescrites par le neurochirurgien, qui juge une intervention chirurgicale inutile dans mon cas.
    Mon sauveur depuis plusieurs années, est le NEXEN. Je ne le prends qu’en cas de crise, au milieu du repas, et c’est un miracle ! Si on le supprime, je suis condamnée à souffrir le restant de mes jours. Je ne peux nier les risques dont vous parlez ; mais que représente le chiffre de 500 sur le nombre d’utilisateurs ? N’y a t-il pas eu surdosage, ou incompatibilité avec d’autres médicaments, ou prédisposition ? Mais ne dites pas que l’efficacité n’a pas été prouvée. Je connais plusieurs personnes qui, comme moi, ne trouvent le soulagement qu’avec le NEXEN. Et il n’est pas question dans mon cas de confort pour des règles douloureuses !

  15. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A BERNARD :

     

    Je pense que votre médecin a s parfaitement pesé son indication de traitement. lui seul saura vous conseiller utilement.

  16. Bernard dit :

    Bonjour,

    Ayant une poly-arthrite rhumatoïde à cause d’un sporiasis depuis 5 à 6 ans, j’ai été traité par Embrel pendant 2 ans,
    Ensuite depuis 1an demi, je suis traité par Nexen à raison de 2 comprimés…
    Quel risque que je prends???
    Merci de votre éponse…

  17. M.L. dit :

    Merci de votre réponse. Je suis suivi depuis plusieurs années pour des arthérites.Ne pas tout mettre dans la même info.
    cordialement

  18. JD Flmaysakier dit :

    REPONSE A MICHEL :

     

    Je ne suis pas l’avocat ou l’obligé de Prescrire. mais je le lis depuis plus de 20 ans et cette revue a souvent parlé de l’hépatotoxicité du paracetamol.

    Mais, au fait, lisez vous Prescrire ?

  19. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ML :

    C’est dans des contextes d’automédication que se sont posés les problèmes. Si vous êtes suivi en milieu spécialisé, on dose les élements de votre fonction rénale et les dosages sont adaptés aux résultats.

  20. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A HICHEM :

    Non aucun

  21. hichem dit :

    est ce que le fait d’avoir déjà été traité par le nexen implique un suivi particulier
    pour info je suis traité par anti-inflammatoire pour osteo-necrose du genou

  22. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A YVES :

     

    je ne crois pas que ce soit dépendant dela dose et , en tous cas, ce sont des événements très rares.

  23. JD Flaysakier dit :

     REPONSE A MARIE-PIERRE::

    Je suis le bombardier.

    Dites moi ce que signifie ‘dysmenorrhées primaires’. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une rage de dents.

  24. M.L. dit :

    Je prends du bufflomédil depuis longtemps. J’aimerais savoir quels sont les effets secondaires. Car chaque fois que j’entre en clinique, le premier soin est de faire une perfusion de ce remède.
    Merci de votre attention

  25. yves dit :

    je prend régulièrement du nexel pour des douleurs inflammatoires aux articulation quel sont les risques et a partir de combien
    merci

  26. marie-pierre dit :

    Je suis pharmacienne et j’ai donc un avis professionnel sur les medicaments.
    J’aurais aimé que la personne qui a la responsabilité de balancer des bombes à la TELE à une heure de grande ecoute ,vérifie ses notes.
    Le Nexen n’est absolument pas delivré contre les douleurs des règles,mais plutôt contre des douleurs rhumatismales aigûes ou chroniques;de plus il n’a aucun equivalent et a très peu d’effets secondaires sur l’estomac à l’inverse des autres anti-inflammatoires puissants.
    Pour sa culture,il existe bien un anti-inflammatoire donné en première intention pour les règles douloureuses:c’est l’Antadys qui n’a stictement rien à voir avec le Nexen.

    cordialement

  27. Michel dit :

    Je suis medecin generaliste et j’ aimerai entendre la revue Prescrire sur les risques en particulier hepatique du PARACETAMOL

  28. JD Flaysakier² dit :

    REPONSE A DYDY :

     

    Infection, non absolument pas. Si vous n’étes plus  exposée au produit, il n’y a pas de risque.

    ²

  29. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A SABINE :

     

    les accidents sont très rares. mais la question est de savoir si le bénéfice tiré du médicament vaut de courir le risque. cela doit se discuter avec votre médecin.

  30. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A LOUISE-16 :

     

    J’ai dit que c’était en particulier dans cette indication. je sais parfaitement à quoi sert le nexen, vous savez!

  31. louise-16 dit :

    Bonjour, je voudrais vous dire que le nexen n’est pas exclusivement prescrit dans le cas de règles douloureuses mais également dans le traitement des douleurs aigues at dans le traitement de l’arthrose douloureuse! Je suis une femme j’ai 20 ans et je prend du nexen mais pour autre chose que pour des règles douloureuses! c’est un des seuls anti douleur qui a encore des effets sur mes douleurs! Avant de parler de certain médicaments renseigner vous plus profondément au lieu de dire qu’il est prescrit uniquement pour des règles douloureuses

  32. sabine dit :

    Bonjour,

    Mon medecin me prescrit le Nexen quand je souffre de lumbago ainsi qu’à mon mari. Je connais beaucoup de personne du dos qui le prenne régulièrement.
    Pourquoi les medecins le prescrivent-ils sachant les risques ?
    Pourrais-je avoir des problèmes immédiatement ou plus tard ,
    Merci de votre réponse

  33. dydy dit :

    Bonjour,
    Mon médecin m’a prescrit du NEXEN, que j’ai pris pendant 10 jours, suite à une intervention du dos, je reste avec des douleurs supportables certes, mais gênantes en cas de mauvais temps.
    Je viens de vous écouter et je suis stupéfaite d’entendre que le NEXEN, et considéré comme dangereux. Ai-je une risque quelconque d’avoir l’hépatite ou infection du foie ?

    Merci de votre réponse

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