Cancer/ ESMO10 : Poumon deux confirmations et un nouveau venu.

Comme on le pressentait, le 35ème congrès européen de cancérologie de l’ESMO a confirmé l’intérêt des thérapies ciblées dans le cancer du poumon. Des médicaments qui retardent l’évolution de la maladie, mais ne permettent pas encore de prolonger la vie des patients.

 
Deux molécules déjà bien étudiées ont confirmé les bons résultats qu’on avait déjà rencontrés lors d’études précédentes. Le gefitinib (IRESSA®) a ainsi démontré que chez les patients porteurs d’une mutation du gene codant pour le récepteur à l’EGF, ou EGFR, il faisait légèrement mieux qu’une chimiothérapie classique même si le gain de vie n’était pas statistiquement significatif.
 
Cela signifie que, chez des patients porteurs de la mutation, on peut éviter les inconvénients et la toxicité de la combinaison chimiothérapique gràce à la thérapie ciblée. Thérapie qui se prend chez soi sous forme orale.
 
Mais, surtout, par rapport aux patients non porteurs de la mutation, le gefitinib doublait carrément la durée de vie globale, 21 mois contre 11 mois.
 
Cela signifie que chez des patients atteints de cancer du poumon, il faut absolument rechercher cette mutation, critère le plus important pour guider le traitement.
 
Une autre molécule ciblant la même mutation, l’erlotinib (Tarceva®) a également montré des résultats intéressants en première ligne de traitement. Actuellement cette molécule n’est donnée qu’en seconde ligne.
 
Le problème de ces thérapies ciblées c’est qu’elles peuvent être mises en échec en raison d’apparitions de résistances liées à des modifications moléculaires au sein du récepteur, la plus fréquente étant dénommée T790M. Un phénomène un peu identique avec ce qui se passe dans la résistance aux antibiotiques.
 
Mais ces résistances devraient pouvoir être combattues grâce à de nouvelles molécules dont la première, l’afatinib, a été évoquée à Milan.
 
Une étude de phase 2 a été réalisée sur 585 patients. Ils étaient porteurs d’un adénocarcinome qui avait progressé malgré des traitements par chimiothérapie et erlotinib ou gefitinib.
Un groupe a reçu l’afatinib associé aux soins les plus adaptés. Le second groupe reçoit un placebo et les soins les plus adaptés.
 
En termes de survie globale, il n’y a eu aucune différence entre les deux groupes. Mais les patients sous afatinib ont vu leur maladie progresser beaucoup moins vite que ceux du groupe placebo, 3,3 mois contre 1,1 mois.
 
Les progrès dans la lutte contre le cancer du poumon sont donc réels. Mais ils concernent principalement la forme appelée adénocarcinome et, plus particulièrement, les cas dans lesquels le récepteur EGFR est muté. soit 15 à 20 % des patients.
 
Pour les cancers épidermoides, ceux qui concernent principalement les gros fumeurs, l’horizon ne s’éclaircit pas vraiment. Une raison de plus de continuer à inciter les fumeurs à oublier la cigarette.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer/ ESMO10 : Poumon deux confirmations et un nouveau venu.

  1. Françoise Berger dit :

    Je prends IRESSA depuis 5 mois. Faut il le prendre à vie ? Ce n’est pas comme une chimio qui dure une periode déterminée ?
    Merci pour votre reponse.

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