Cancer/ ESMO10 : Sein : en cas de métastases la chimio doit jouer les prolongations.

Des cures de chimiothérapies prolongées sont le meilleur moyen de reculer la survenue d’une aggravation du cancer du sein en cas de métastases. Et ce prolongement a un effet également sur la durée de vie, selon une étude présentée aujourd’hui à l’ESMO.
 
Il y a encore quelques années, le simple mot de métastases sonnait comme un verdict de mort imminente. On sait, heureusement, qu’aujourd’hui ce n’est plus vrai et que, notamment pour le cancer du sein, on dispose de plusieurs lignes de chimiothérapie, permettant ainsi de ralentir l’évolution de la maladie. Sans pouvoir, pour l’instant, être capable de la guérir.
 
Mais on peut, dès le premier traitement, améliorer les choses de façon non négligeable, comme le montre une étude italienne conduite par le Dr Alessandra Gennari.
 
Cette équipe s’est intéressée aux femmes porteuses d’un cancer du sein métastatique, c’est-à-dire celles dont la tumeur primitive a disséminé vers d’autres organes ou tissus.
En analysant 11 études qui comportaient, au total, 2300 patientes, les auteurs ont fait une constatation importante. Ils ont noté, en effet, que plus la chimiothérapie donnée en première ligne chez ces patientes était longue, moins le risque d’aggravation était important, et, dans une moindre mesure, celui de décéder.
 
Actuellement, quand on décide de donner une chimiothérapie pour traiter une récidive ou une progression, on suit un schéma avec un certain nombre de cures fixées à l’avance.
C’est d’ailleurs la question que pose d’emblée les patientes :’Combien de séances allez vous me faire ?’.
 
Il semble que ce choix d’un nombre préfixé ne soit pas le meilleur. Pour le Dr Gennari, il faut convaincre la patiente d’accepter que les séances de chimiothérapie de première ligne continuent aussi longtemps que possible, jusqu’à l’apparition éventuelle d’une progression de la maladie.
Cela implique qu’on tienne compte de la toxicité du produit utilisé, car certaines drogues ont des dosages qui imposent des limites au-delà des quelles le risque toxique est inacceptable.
Cela veut aussi dire qu’on peut modifier le protocole en changeant la molécule après un certain temps.
 
Mais l’oncologue insiste sur le fait que la durée est essentielle et que c’est le point à négocier le plus habilement possible avec la patiente. Et les résultats sont là qui confirment l’intérêt de cette pratique.
En prolongeant les cures, les auteurs ont constaté une réduction de 34 % du risque de voir progresser la maladie et une réduction de 9 % du risque de mortalité.
 
Il est bien évident que l’annonce de la découverte de métastases suivie de l’annonce d’une chimiothérapie prolongée sans échéance fixée n’est pas la meilleure façon, pour la patiente, de se sentir forte moralement.
 
Mais la mise en place d’un traitement ‘chronique’ s’il est bien toléré prouve aujourd’hui une efficacité qui devrait le rendre plus acceptable, à condition d’en montrer l’intérêt à la patiente et à son entourage.
 
Référence de l’étude :
 
A Gennari et al.
PROLONGING CHEMOTHERAPY UNTIL DISEASE PROGRESSION IMPROVES PROGRESSION FREE AND OVERALL SURVIVAL IN METASTATIC BREAST CANCER: RESULTS OF A SYSTEMATIC REVIEW
Abstract 2760 consultable sur le site de l’ESMO
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.