Cancer/ ESMO10 : Allaiter après un cancer du sein, c’est sain.

Allaiter après avoir eu un cancer du sein n’est dangereux ni pour la mère, ni pour l’enfant. Un message très optimiste que les cancérologues veulent faire entendre aux femmes, comme le montre une étude dévoilée aujourd’hui à Milan au congrès de l’ESMO.

 
C’est sans doute la plus belle revanche sur la maladie et les épreuves. Pouvoir avoir un enfant après avoir été opérée d’un cancer du sein est un événement peu fréquent, mais de moins en moins rare. Généralement il s’écoule entre 4 et 7 ans avant que cet heureux événement ne survienne. Et près de vingt études publiées à ce jour  montrent que ces grossesses ne posent aucun problème sérieux pour la mère et pour l’enfant à venir. (Lire ICI)
 
Mais la question que se posent alors les jeunes mères c’est : ‘Vais-je pouvoir allaiter mon enfant ?’ Et la réponse des spécialistes est nette et sans appel : ‘Oui, cent fois oui’.
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Et l’allaitement n’a aucune conséquence néfaste pour la mère et pour l’enfant. C’est ce que confirme une nouvelle étude présentée par le Dr Hatem Azim, de l’Institut Jules Bordet de Bruxelles lors du congrès de cancérologie de Milan.
 
Les auteurs ont suivi vingt femmes âgées de 27 à 32 ans au moment du diagnostic de cancer et qui ont accouché pour moitié d’entre allés quatre ans après la découverte de la maladie.
La moitié a choisi d’allaiter, les autres y ont renoncé sur avis médical pour 9 d’entre elles ou par choix individuel (1 femme).
 
 
 Des 10 femmes allaitantes ont nourri leur enfant ainsi plus de 6 mois.
Le suivi médical a duré quatre ans en moyenne.
Au terme de cette période il y a eu un cas de rechute parmi les 10 femmes ayant choisi de donner le sein et un cas également dans l’autre groupe.
Aucun décès n’a été à déplorer.
 
Cela montre donc qu’il n’y a aucun risque à choisir l’allaitement quand on a eu un tel cancer. Il faut, bien évidemment, faire quelques adaptations car le sein opéré ne va pas se développer au cours de la grossesse de la même façon que le sein controlatéral.
 
Il peut aussi exister des difficultés pour l’enfant à téter correctement un mamelon qui a été modifié par l’acte chirurgical, d’où l’intérêt d’aider la mère par une consultation adaptée.
 
Enfin, peut se poser le problème de la prise d’un médicament comme le tamoxifene. Ce produit, donné en cas de cancer hormonodépendant, est prescrit pour une durée de cinq ans afin de limiter les risques de récidive.
 
Ce produit ne doit pas être pris si on allaite et il faut alors que la maman et le médecin aient une discussion sur les avantages et les risques à interrompre le traitement en cas de désir de grossesse avant le terme des cinq ans.
En termes de qualité de vie après un cancer, tout ce qui encourage à un retour à la normale est important et allaiter est un geste on ne peut plus normal soulignent les cancérologues.
 
Référence de l’étude
 
H.A. Azim Jret al.
BREASTFEEDING IN BREAST CANCER SURVIVORS: PATTERN, BEHAVIOUR AND EFFECT ON BREAST CANCER OUTCOME
Abstract 251 P consultable sur le site de l’ESMO
 
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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer/ ESMO10 : Allaiter après un cancer du sein, c’est sain.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE AU DR FERRAND :

     

    Joker !

  2. Dr FERRAND dit :

    cher confrère,
    j’aimerai connaître votre avis sur le reportage diffusé dimanche 10/10/2010 au JT de 20H sur le thème du dépistage du cancer du sein.
    je suis déçu de voir l’exemple choisi par France 2 pour parler dudépistage organisé.I l est montré une femme de 30 ans qui a découvert par l’autopalpation sa tumeur. je ne parle pas du commentaire du cancérologue qui trouve navrant de ne pas faire de mammographie à toutes les femmes …on est très loin de la santé publique. Le dépistage est une arme efficace contre le cancer du sein, mais il doit être utilisé correctement. Au plaisir de vous lire, le médecin du CHER département avec 70% de participation. bien confraternellement .

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