Apnées du sommeil : Un risque d’hypertension plus fréquent qu’on le pense.

Si vous ronflez et, encore plus, si vous faites des apnées du sommeil, non seulement le divorce vous guette, mais vous lésez votre cœur de façon certaine. Une équipe grenobloise le démontre brillamment.

 
Ce sont cent cinquante volontaires que les chercheurs grenoblois ont ainsi suivi entre 2001 et 2007. Des personnes âgées en moyenne de 49 ans et dont l’indice de masse corporelle était de 27.
 
Aucun de ces patients n’avait d’hypertension artérielle connue (HTA) et aucun ne recevait de traitement en ce sens. Le fonctionnement de leur ventricule gauche lors de la contraction, c’est à dire en systole, était considéré comme normal.
 
Tous consultaient pour des apnées obstructives du sommeil (AOS) et 108 d’entre eux ont bénéficié d’un enregistrement polysomnographique complet en milieu hospitalier, les autres ayant eu une mesure plus allégée à domicile.
 
On a mesuré leur pression artérielle systolique (lors de la contraction du ventricule gauche) et la pression artérielle diastolique, lors de la relaxation de ce même ventricule.
 
On a enregistré la survenue d’apnées, c’est-à-dire des pauses respiratoires supérieures à 10 secondes, ou des hypopnées, c’est-à-dire une diminution de la pression nasale d’au moins 30 %.
Les mesures ont concernée aussi la saturation du sang en oxygène. Une désaturation d’au moins 3 % était un critère positif comme un réveil supérieur à 10 secondes.
 
Chez ces patients indemnes a priori d’HTA, on a constaté dans 22,7 % des cas (34 personnes) une atteinte de la fonction diastolique du ventricule gauche.
81 % de ces patients avaient des mesures tensionnelles qui indiquaient une HTA.
 
Le risque était d’autant plus élevé d’avoir une altération de cette fonction ventriculaire gauche que les patients étaient âgées de plus de 58 ans et avaient une saturation d’oxygène inférieure à 92 %.
 
Le rôle néfaste des apnées du sommeil sur le système cardiovasculaire est connu depuis longtemps.
Mais cette étude est sans doute l’une des premières à montrer que chez des patients non connus pour une pathologie cardiaque, sans traitement antihypertenseur, avec une corpulence moyenne, les apnées du sommeil avaient un retentissement aussi important.
 
Avec une fonction systolique intacte, on peut malgré tout courir un risque lié à la dégradation de la fonction diastolique, secondaire à ces apnées obstructives.
 
Il paraît donc utile de conseiller à celles et ceux qui font ainsi des pauses respiratoires nocturnes de prendre rendez-vous avec des services spécialisés dans l’exploration de ces troubles du sommeil.
 
Il existe des moyens simples de corriger ces dysfonctionnements, ce qui permet de protéger son cœur doublement, aussi bien au sens propre qu’en évitant d’aller d’abord dormir sur le canapé, puis de se séparer ensuite.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
J.P Baguet et al
Left ventricular diastolic dysfunction is linked to severity of obstructive sleep apnea 
Eur Respir J 2010, doi:10.1183/09031936.00165709
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Apnées du sommeil : Un risque d’hypertension plus fréquent qu’on le pense.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A SEBASTIEN :

     

    il s’agit d’une obstruction des voies respiratoires hautes. Les causes sont diverses, le surpoids en est une des principales.

  2. sebastien dit :

    Quelle est la cause des apnées du sommeil?
    Un défaut de ceinture abdominale? Le stress, qui peut avoir des effets sur la respiration en état d’éveil? (petit chien ou apnées)

     

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