Cancer/ ASCO 10 : Le cancer du poumon se traite aussi bien après 75 ans. Minc alors !

On peut soigner efficacement le cancer du poumon chez des personnes au-delà de 70 ans. C’est ce que montre une étude française présentée aujourd’hui à Chicago, lors du plus grand congrès de cancérologie.

 
Au moment où certains n’hésitent pas à relancer le débat sur le coût de la prise en charge des personnes âgées, voici un joli pavé dans la mare lancé par des spécialistes français du cancer du poumon.
 Ces spécialistes créent l’événement aujourd’hui à Chicago en montrant qu’on peut traiter le cancer du poumon chez des patients de 70 à 89 ans avec des médicaments efficaces.
 
Ce travail présenté par le professeur Elisabeth Quoix, pneumologue à Strasbourg, a inclus 451 patients dont l’état de santé était assez variable.
Ces patients atteints de cancer broncho-pulmonaire ont été répartis en deux groupes. Le premier recevait une chimiothérapie reposant sur une injection hebdomadaire de paclitaxel(P) et une injection mensuelle de carboplatine (C).
Le second groupe recevait une monothérapie reposant sur la vinorelbine ou la gemcitabine.
 
Jusqu’à présent, la règle était de ne pas donner une combinaison dite en ‘doublet’ chez les patients au prétexte que ces produits étaient toxiques et que les malades avaient du mal à les supporter.
 
Or, l’étude française montre que tel n’est point le cas. Les patients septuagénaires et octogénaires ont bien réagi à cette combinaison P+T.
 
Preuve en est, à un an 45 % des patients ainsi traités étaient toujours en vie, alors que dans l’autre groupe ce chiffre chutait à 27 %. Et ces patients ont eu une période de répit avant le retour de la maladie beaucoup plus longue que ceux traités par une seule drogue.
 
Il y a eu, certes, plus de décès liés à la chimio dans le groupe P+T que dans l’autre, 9 contre 3, mais globalement les effets secondaires ont été assez modérés, notamment les chutes de globules blancs accompagnées de fièvre, ce qu’on dénomme les neutropénies fébriles.
 
Ce qui est remarquable, c’est que ces résultats se sont même confirmés chez les patients les plus fragiles, ceux dont on aurait pu penser qu’ils n’auraient que des effets délétères de la chimiothérapie.
 
La prise en charge des personnes âgées atteintes de cancer est en pleine évolution. La notion même de ‘personne âgée’ a évolué, puisqu’il n’y a pas si longtemps la barre était placée à 65 ans ! Désormais, elle est à 75 ans.
 
Autre notion battue en brèche, celle qui voulait qu’un cancer ‘ à cet âge là’ ne soit pas un problème. Or, on s’aperçoit que malgré l’âge, certains cancers sont très agressifs et qu’il n’y a aucune raison de ne pas les traiter.
 
C’est d’ailleurs pour cette raison que se développent des consultations dites d’onco-gériatrie où cancérologues et spécialistes du vieillissement se retrouvent pour juger de la pertinence de la mise en œuvre d’un traitement.
 
Il n’est pas rare, dans certains services, de voir des octogénaires et même des nonagénaires venir ainsi se faire traiter.
Des patients connus sous le terme d’Olympiens !
 
Référence de la présentation :
 
E. Quoix et al
Weekly paclitaxel combined with monthly carboplatine versus single agent therapy in patients aged 70 to 89 : IFCT-0501 randomized phase III study in advanced non-small cell lung cancer (NSCLC).
Abstract 2

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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