Mon drôle de week-end avec Johnny.

On m’avait prévenu : le week-end  serait difficile. Ils n’avaient pas tort. Faut pas toucher à Johnny !
 
Je l’ai senti dès le pas de la porte, comme si la clochette de l’échoppe avertissait non pas de l’arrivée d’un client mais d’un intrus. Samedi après-midi, je devais reprendre des chaussures chez mon cordonnier. Je précise que c’est un vrai cordonnier, il ne fait pas de reproduction de clés ni de plaques d’immatriculation, il travaille le cuir.
 
Mais son épouse et lui sont surtout des fans inconditionnels de Johnny depuis les débuts du jeune Jean-Philippe Smet. Autant dire que mes deux passages télévisés de la semaine au 13heures et au 20 heures m’avaient fait perdre des points.
Et pour aggraver le tout, un de mes confrères du quotidien régional, La Nouvelle République,Christophe Colinet,  avait eu l’idée de citer le blog à plusieurs reprises. Comme le quotidien est en situation de monopole local et vend, à lui seul, quinze fois plus que l’ensemble de la presse nationale dans la ville, inutile de vous dire que j’y ai eu droit !
 
On m’a expliqué à quel point j’avais déplu à la clientèle et pas que chez ce commerçant. Une de mes amies chères me confirma la chose. Mes chances d’être un jour maire de Tours venaient de sérieusement s’effondrer ! ( je précise que c’est une vanne, je ne souhaite pas être maire de Tours)
 
Comme j’aime bien le cordonnier et son épouse, je me suis mis en tête de vouloir leur expliquer des choses/ moi aussi je l’aime Jojo et j’ai encore plein de 45 tours de ses chansons.
Et je regarde toujours avec nostalgie la pochette de’ Retiens la nuit’ en pensant aux innombrables râteaux que je me suis pris dans nos boums d’acnéiques en tentant des manœuvres aussi discrètes et fines qu’une phrase de Morandini dans son blog.
 
Mais c’était dur. J’ai expliqué la dépendance à l’alcool, l’accident de sevrage, la nécessité de calmer dans ces cas là. Ils ont semblé accepter un tant soi peu mes explications.
Surtout quand je leur ai dit qu’il était plutôt une victime et que je ne l’accusais de rien.
De toutes façons, leur Johnny c’est sacré, on ne parle pas de ce qui fâche, hormis ce qu’ils considèrent comme une mésalliance, mais les impôts et le reste, rien.
 
Cette colère des fans, je la comprends fort bien. Johnny est et reste un chanteur populaire dans tous les sens du terme. Et malgré le ‘bling-bling’ qui l’entoure, il est toujours perçu comme le petit gars modeste un ‘enfant des rues’ comme me disait une de ses admiratrices un peu fâchée contre moi, elle aussi.
 
Je le dis et le redis, tout cela je le comprends et j’imagine que j’ai pu casser quelque chose chez ces gens l).
Mais, en revanche, la bande de tartuffes ‘people’ et médiatiques qui nous jouent les offusqués, les choqués ,là je dis: stop !
 
Flatter le showbiz et préserver l’icone en flinguant le vilain pré-désigné, c’est cela le vrai chemin vers la gloire.
 
Et là, j’ai saisi à quel point je n’étais pas ‘marketing’ ! C’est tellement simple de ne pas prendre de risques de se mettre des gens à dos. Pourquoi donc n’ai-je pas tapé allégrement sur le chirurgien ? Ce Stéphane Delajoux, voué dès le début aux gémonies. Pourquoi quand résonnait l’hallali ne me suis-je pas joint à la curée ? Après tout, je ne le connais pas et c’était sans risques.
 
L’expertise va sans doute conclure à l’absence de faute concernant le geste chirurgical, mais personne n’ira s’excuser de l’avoir ‘pourri’, comme le veut l’expression actuelle !
 
Mais, en revanche, me voilà complice d’un crime de lèse-majesté, comme mes confrères de l’Express, pour avoir dit que le ‘coma artificiel’ était, de fait, une sédation médicamenteuse nécessité par un état d’agitation évocateur d’un accident de sevrage.
 
Nous avons violé le secret médical, nous dit-on. Les professionnels de la déontologie sont de sortie ! On ne peut pas jouer avec l’idole des jeunes même si elle est devenue l’idole des ‘jaunes’ et si c’est plutôt ‘Retiens l’anis’ que ‘retiens la nuit’ que se jouait certains soirs.
 
Quand son producteur parlait de ‘boucherie’, quand le Dr Nikos Aliagas faisait son direct devant l’hôpital de Los Angeles, personne n’avait rien à redire.
Les déontologues ne se posent pas de question non plus quand on se rappelle certaines images. Ainsi celles de l’arrivée à Los Angeles. Le chanteur est sur un fauteuil roulant à la sortie de l’avion dans la zone à bagages, très ‘calme’ comme absent. Le lendemain il est debout, chahutant avec un basketteur belge évoluant dans le championnat américain.
 
Donc, en termes de marketing, j’ai eu tort. Je ne serai jamais invité dans l’émission de Morandini ou chez Arthur ou même chez Drucker. J’ai été ‘iconoclaste’ au sens premier du terme.
 
Mais je le dis et je le répète, j’adore Hallyday, un peu moins qu’Eddy Mitchell, mais à peine. Je trouve ce type fantastique et je ne souhaite qu’une chose c’est qu’il puisse continuer à faire ce qu’il aime. Mais sans être poussé, exploité, obligé de vivre à la cortisone et au ‘monte-en-ligne’.
 
Et ce n’est pas en mentant sur sn état qu’on lui rend service. Après tout, c’est un modèle pour des millions de gens et savoir qu’on risque de très mal finir après un accident de sevrage, alcoolique, c’est aussi une information importante, n’en déplaise à des Parangons de vertu à la virginité refaite.
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Mon drôle de week-end avec Johnny.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A GUENDOUZ :

    Vous ne pouvez pas publier des articles in extenso car ce blog a un copyright.

    Vous ne pouvez que reprendre quelques lignes, 2 ou 3 et mettre le lien vers le blog.

  2. stella vidal dit :

    Ce billet vient à point. Il était nécessaire. Moi aussi j’aime Johnny, c’est ma génération, il est présent dans ma vie depuis l’adolescence. Mais Johnny, si grand soit-il a aussi ses faiblesses parce qu’il est humain. C’est bien d’avoir expliqué le pourquoi et le comment de ses problèmes. Le parler vrai ne fait plus recette, c’est dommage car c’est salutaire pour tout le monde.
    Il faudrait qu’il soit mieux entouré, et qu’on éloigne de lui les faux-cul de tout poil.

  3. Guendouz dit :

    Bonjour,

    J’ai un un site, d’un petit village Ain-dzarit, en Algérie, je voudrais publier quelques-uns de vos articles de Santé, comment faire ? et si c’est permis ?
    Voilà mon site : ain-dzarit1911.over-blog.com

    Guendouz.

  4. 1. Où étaient les professionnels de la déontologie en décembre ?
    2. Chapeau bas pour ce billet : oui, il fallait dire la vérité.
    3. Désolé d’avoir gâché tes chances de devenir maire de tours 😉

  5. Bernard dit :

    Bonjour,

    Heureusement que des Hommes de télévision comme vous ne sont pas de "bas courtisans" comme trop souvent nous voyons dans les "lucarnes"!

    Je crois que vous avez toutes les chances d’être élu.

    Surtout ne changez pas!

    Cordialement.

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