Cancer/ASCO10 : une piste vers le dépistage précoce du cancer de l’ovaire.

La piste d’un test de dépistage du cancer de l’ovaire semble se dessiner peu à peu. Des premiers résultats intéressants même s’ils sont encore impossibles à appliquer en routine. Pourtant un tel test est attendu avec impatience tant les cancers de l’ovaire sont généralement découverts à des stades très avancés, réduisant ainsi les chances de guérison complète.
 
Les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire connaissent parfaitement ce nom : CA-125.
Ce vocable d désigne une protéine utilisé comme marqueur de l’évolution d’un cancer ovarien.
Mais un marqueur loin d’être parfait. Ainsi, on recommande aux médecins et aux patientes qui ont eu un cancer ovarien de ne pas se fixer désespérément aux chiffres du marqueur et de ne pas se précipiter sur des traitements agressifs à la moindre variation de taux du marqueur.
 
C’est une étude britannique que j’avais rapportée ici qui l’avait démontré.
 
Le CA-125 connaît, cependant, un regain d’intérêt grâce à une étude qui cherche à mettre en œuvre un dépistage précoce du cancer de l’ovaire chez des femmes de 50 ans et plus sans risque particulier pour cette tumeur.
 
Karen Lu et une équipe de chercheurs du MD Anderson Cancer center de Houston ont construit un modèle mathématique reposant pour partie sur ce marqueur.
 
Mais il ne s’agit pas de la valeur brute du marqueur, il s’agit de l’évolution de son taux.
Les chercheurs ont, en fait, construit un algorithme, un système dans lequel l’intégration de certaines données conduit à la décision à prendre.
 
Le modèle texan incluait les variations de la valeur du marqueur, mais aussi l’âge de la patiente et les résultats d’une échographie transvaginale dans certains cas. Le modèle appelé ROCA (Risk of Ovarian Cancer Algorithm) sert à apprécier le risque de développer un cancer de l’ovaire et se décompose en plusieurs groupes.
 
Après un dosage annuel de CA-125, les femmes sont revues une deuxième fois. En fonction du résultat et des autres éléments intégrés dans l’algorithme, si  elles se trouveront dans le groupe à faible risque elles n’auront qu’un dosage annuel.
Pour d’autres, estimées en risque intermédiaire, le dosage sera répété trois mois plus tard.
Enfin si la femme est considérée à haut risque après qu’on a fait « tourner » l’algorithme, elle subira une échographie transvaginale, répétera le dosage de CA-125 et sera vue par un spécialiste si nécessaire.
 
Ce dernier pourra alors prendre la décision d’un geste chirurgical.
 
C’est le bilan de huit années de suivi sur 3252 femmes âgées de 50 à 74 ans  que Karen Lu présentera à Chicago lors de la session annuelle de l’ASCO en juin prochain.
Dans ce bilan, on constate que le groupe dit « intermédiaire » a concerné 6,8 % des femmes et que le groupe à haut risque, dans cette population tout-venant rappelons-le, a inclus 0,9% des femmes.
 
Au total, 85 femmes, soit 2,6% de l’échantillon ont eu une échographie transvaginale suivie d’une visite chez le gynécologue.
Le nombre de femmes opérées à été de 8. On a ainsi découvert 3 cancers invasifs, deux tumeurs dites « borderline » c’est-à-dire cancéreuses mais peu agressives et 3 tumeurs se sont avérées bénignes.
 
Le point important est que les trois tumeurs invasives, donc les plus « graves » ont été vues à un stade précoce, stade où le traitement permet d’avoir un très bon pronostic avec de grandes chances de guérison complètes.
 
Or, actuellement, sans aucun moyen efficace de dépistage précoce, les trois quarts de cancers de l’ovaire sont vus à des stades avancées, ce qui, globalement, se traduit par à peine un tiers de rémissions.
 
Le travail de Lu et de ses collègues est donc une étape intéressante mais pas encore définitive pour entrer dans la pratique.
Pour cela, il faudra attendre les résultats d’une étude britannique en vraie grandeur qui sera achevée en 2015.
 
 
Référence de l’étude :
 
K. H. Lu et al.
A prospective U.S. ovarian cancer screening study using the risk of ovarian cancer algorithm (ROCA).
Abstract ID: 5003 sur www.asco.org
 
 



 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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