Cancer/ ASCO 10 : le rituximab permet de diviser par deux le risque de rechute de certains lymphomes

Réduire de moitié le risque de récidive de certains cancers sanguins, les lymphomes folliculaires, c’est possible. C’est ce que vient de montrer une étude internationale coordonnée  par des équipes françaises.

Le lymphome folliculaire est le deuxième des lymphomes, ces tumeurs touchant le système lymphatique et plus particulièrement les lymphocytes.
 Le problème de ces lymphomes c’est qu’ils ont une tendance à récidiver malgré une première chimiothérapie efficace.

Depuis quelques années, on a adjoint à la chimiothérapie un traitement par une molécule issue des biotechnologies, un anticorps monoclonal appelé Rituximab.

Depuis quelques temps, ce produit est associé en première ligne à la chimiothérapie dans des cures dites R-CHOP ou R-CVP. Ou R-FCM.
Pour aller encore plus loin et limiter le risque de récidive, les spécialistes ont lancé l’étude PRIMA. Cette étude a été menée dans 223 cantres de 25 pays. Elle a consisté à donner un traitement de maintenance à base de rituximab à des patients ayant favorablement répondu au traitement initial. C’est un français, le Professeur Gilles Salles, des Hospices civils de Lyon qui l’a coordonnée.

Au total, 1018 patients ont été divisés en deux groupes. Le premier a reçu une injection de rituximab toutes les huit semaines pendant deux ans, le second groupe a été simplement suivi.

Après deux ans de suivi, et en prenant comme objectif principal la survie sans progression (SSP), c’est-à-dire l’absence de rechute ou d’apparition d’autres localisations de la maladie  les rechutes concernaient 18 % des patients ayant reçu le traitement d’entretien alors que dans le groupe sans ce traitement, les rechutes ont concerné 34 % des patients.

Statistiquement, la réduction du risque est de 50 %  (HR=0,50, IC 95% : 0,39-0,64).
Si les effets secondaires ont été plus nombreux dans le groupe traité que dans celui juste observé, il y a eu fort peu d’événements très sévères, infections et neutropénies sévères représentant 4% dans le groupe R et 1 % dans le groupe observé.

Il faut noter que les patients ont pu retrouver une vie professionnelle entre les cures et les indices de qualité de vie ont été similaires dans les deux groupes.

L’étude PRIMA montre donc que certaines formes de cancer peuvent être prises en charge comme des maladies chroniques, avec des traitements d’entretien espacés.

A terme et lorsque le recul aura été suffisant et supérieur aux 25 mois actuels, on peut imaginer que le rituximab déjà prescrit en première ligne devienne la molécule du traitement d’entretien dans les lymphomes folliculaires.

Référence de l’étude :

Gilles Salles et al.
Rituximab maintenance for 2 years in patients with untreated high tumor burden follicular lymphoma after response to immunochemotherapy.

Abstract ID: 8004
Accessible sur le site www.asco.org à partir de minuit le 20/05/2010

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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