Cancer de la prostate avancée : un « vaccin « thérapeutique apporte un peu d’espoir.

Un nouveau traitement ne faisant pas appel à la chimiothérapie vient de connaître un succès très relatif dans les formes avancées de cancer de la prostate.C’est ce que montrent les résultats d’une étude présentée hier au congrès de l’Association américaine d’urologie, l’AUA.
 
Ce nouveau traitement, improprement qualifié de vaccin est, en fait, une immunothérapie. Le principe consiste en un premier temps à récupérer des globules blancs du patient.
 
On sélectionne alors dans cet amas cellulaire un type particulier de cellules : les cellules dendritiques (DC). A l’état naturel, ces cellules sont dites « présentatrices d’antigènes ». Cela signifie que lorsqu’un corps étranger, virus, bactérie, pollen, entre dans l’organisme, il est démonté en petits fragments et que ces fragments vont être captés par les CD qui vont les arborer à leur surface. Les lymphocytes T, nos policiers patrouilleurs les identifient, les photographient et lancent les commandos de défense à l’attaque de tout ce qui contient le même motif, c’est-à-dire l’antigène de surface.
 
La cellule cancéreuse est, de fait, un corps étranger également. Les antigènes synthétisés par cette cellule peuvent donc être utilisés comme « indices » pour la détruire.
 
Le principe du traitement élaboré par la société Dendreon a donc consisté à mettre en présence les DC du patient avec une substance particulière, une protéine baptisée PAP (phosphatases acides prostatiques). Le taux de PAP est particulièrement élevé  dans les cancers de la prostate évolué, ceux avec des métastases.
 
Ces cellules ainsi « chargées » sont injectées à trois reprises au patient. Présentes dans la circulation sanguine, elles vont être repérées par les cellules T qui vont alors lancer l’attaque contre toute structure hébergeant de la PAP.
 
La préparation obtenue est le sipuleucel-T avec le nom commercial de PROVENGE®
Elle a été évaluée dans le cadre d’un essai contre placebo, IMPACT (IMunotherapy for Prostate AdenoCarcinoma Treatment) sur 512 patients dont le cancer ne répondait plus au traitement hormonal.
 
Au terme de l’essai, la médiane de survie était supérieure dans le groupe Provenge par rapport au groupe placebo : 25,8 mois contre 21,7 mois.
La médiane de survie indique le nombre de mois au bout desquels la moitié des patients est décédée.
A trois ans, le nombre de patients vivants était de 31,7 % dans le groupe vacciné contre 23% dans le groupe placebo, soit un gain de 38 %.
 
Par rapport au placebo, Provenge a réduit le risque de décès de 22,5 %, soit juste au dessus de la limite de 22 % fixée par les autorités sanitaires américaines.
 
Ce dernier résultat a été à l’origine d’un coup de folie sur le marché boursier américain. Le titre est passé en une séance de 23$ à 7,50$, les analystes estimant que la FDA, l’agence sanitaire américaine n’accepterait pas d’autoriser la mise sur le marché du produit. Puis, dans les heures qui ont suivi, le titre a repris 13$.
 
Provenge est-il un produit miracle ? Sûrement pas. Il a été bien toléré, n’entrainant que des maux de tête et des frissons, mais il ne fait pas mieux qu’un nouvel anticancéreux, le cabazitaxel que nous avons évoqué ici.
 
Il est surtout très onéreux, environ 100 000 dollars par patient et suppose que chaque échantillon sanguin soit traité à Seattle, chez Dendreon.
 
Mais cette étude montre tout le potentiel des cellules dendritiques et de l »immunothérapie qui tardent à concrétiser tous les espoirs mis en cette méthode depuis des années aussi bien pour le mélanome que pour les cancers du sein et le traitement de l’infection par le virus VIH.
 
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer de la prostate avancée : un « vaccin « thérapeutique apporte un peu d’espoir.

  1. Julie dit :

    Enfin un peu d’espoir, vivement que les recherches aboutissent.

  2. nobodyhere dit :

    vivement un vaccin contre le tabac!quand je vois tous les proches et amis qui s’en vont je trouve le destin cruel.Mais en attendant pourquoi ne pas fortement taxer les cigarettes jusqu’à les rendre hors de prix pour les ados d’abord et le reste viendra?c’est une idée à laquelle on a pensé mais pas appliquée sur le terrain;je suis pneumologue et je suis très choqué quand je vois les dégats et cela tous les fours depuis…35 ans!

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