Maladie de Parkinson : les espoirs de la thérapie génique et du diagnostic précoce.

En cette journée mondiale consacrée à la Maladie de Parkinson (MP), un petit point sur ce qui avance.
 
Depuis l’avènement de la stimulation intracérébrale, on a l’impression que la maladie de parkinson n’est plus un problème. Or, les indications de cette stimulation sont assez restreintes et ne règlent pas la majorité des cas de cette affection même si les résultats de cette intervention sont spectaculaires. La vie des patients ainsi appareillés a été transformée à bien des égards.
 
La recherche s’oriente vers diverses pistes, notamment en cherchant à obtenir une production permanente de dopamine directement dans le cerveau et en repérant les signes précurseurs de la maladie afin de protéger les cellules le plus longtemps possible.
 
Le progrès le plus récent est l’arrivée d’une molécule la rasagiline. Cette molécule ralentit la dégradation d’un neurotransmetteur, la dopamine. Ce neurotransmetteur est insuffisamment produit dans le cerveau, du fait de la mort des cellules cérébrales qui l’élaborent.
 
La rasagiline donnée précocement et pour une durée de 18 mois a démontré des effets bénéfiques et prolongés sur plusieurs années.
La question actuelle est de savoir si on pourra la prescrire avant l’installation d’une gène importante. Actuellement, le traitement ne peut débuter qu’avec l’existence d’une gène fonctionnelle.
 
Pour les patients plus avancés dans leur maladie, les recherches s’orientent aujourd’hui vers la thérapie génique, les essais de thérapie cellulaire reposant sur des cellules fœtales ou des cellules souches n’ayant pas apporté les bénéfices attendus.
 
Le principe est d’obtenir soit une protection des cellules nerveuses secrétant la dopamine, soit une synthèse permanente de cette dopamine directement dans le cerveau.
 
Cette dernière méthode fait actuellement l’objet d’un essai clinique conduit au CHU Henri Mondor, à Créteil.
On utilise un virus comme « véhicule » pour déposer un gène dans la zone du cerveau où se fabrique normalement la dopamine.
Ce virus, appelé EIAV, virus de l’anémie infectieuse du cheval, dépose donc un gène qui va commander la fabrication de trois enzymes essentielles à la synthèse de la dopamine.
 
Des études menées sur les primates ont montré qu’on pouvait ainsi bien améliorer les choses et pendant longtemps avec une seule injection.
 
Plusieurs patients sont actuellement inclus dans un essai pour évaluer la méthode sur l’être humain. Il est bien trop tôt pour savoir ce que cela donnera, mais le modèle animal est très encourageant.
 
L’étape suivante sera la mise au point d’une méthode de délivrance du gène autrement qu’en devant ouvrir le crane, mais la voie orale ou intraveineuse n’est pas encore possible.
 
Enfin, pour ceux qui n’ont encore aucun signe patent, la recherche s’oriente vers la reconnaissance de « biomarqueurs », des indices biologiques montrant que la maladie est en train de s’installer.
On pourra alors développer des « protecteurs cellulaires », des substances qui freineront la mort des cellules dites dopaminergiques.
 
Un essai en cours utilise le coenzyme Q10, un produit déjà utilisé dans des crèmes cosmétiques !
 
La recherche ne chôme donc pas, mais elle a besoin d’être aidée. La France qui est une place forte de cette recherche n’est hélas pas la mieux lotie en matière de crédits et d’aide des pouvoirs publics.
 
C’est ce que chercheurs et associations rappelleront aujourd’hui à la Ministre de la santé.
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à Maladie de Parkinson : les espoirs de la thérapie génique et du diagnostic précoce.

  1. biaggini dit :

    j’ai fait parvenir à la redaction du journal de 13h, ceci
    on parle beaucoup de nouvelles therapeutiques pour l’avenir, au quoditidien, la production du SINEMET LP, est arreté
    depuis, je suis contrainte a un changement de traitement est j’endure les pires souffrances
    voilà la realité! sans soute sommes nous des milliers

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A GAGASSE :

    Vous avez pleinement raison. Ce qui est fait pour la maladie d’Alzheimer devrait l’être également pour le Parkinson.

    Il existe déjà des formations d’aides de vie spécialisées dans plusieurs villes, mais pas assez.

  3. gagasse dit :

    pourquoi ne pense-t’on pas aux conjoint et famille qui vivent avec un parkinsonien ne pourrait il pas y avoir plus de point d’accueil et le conjoint aurai souvent besoin de souffler un peu
    C’est vraiment une maladie trop peu connu sauf de ceux qui la subissent

  4. Annie Souche dit :

    Merci à Monsieur Flaysakier pour son résumé des « avancées ». J’ai écouté l’émission au journal de 13h avec intérêt et maintenant je vais noter les traitements actuels.

    Nous avons eu et avons toujours des malades Parkinsoniens dans la proche famille et c’est une maladie souvent terrible, surtout après plusieurs années.
    Sincèrement
    annie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.