Implants mammaires : On signale des fuites !

  Celles d’entre vous qui êtes porteuses d’implants mammaires de la marque Poly Implant Prothèse liront avec attention le communiqué publié aujourd’hui par l’Agence française de sécurité sanitaire, l’AFSSAPS :

 
 
Implants mammaires en gel de silicone de la société Poly Implant Prothèse
 
Une augmentation du nombre d’incidents de ruptures de prothèses mammaires pré remplies de gel de silicone fabriquées par la société Poly Implant Prothèse a conduit l’Afssaps à effectuer une inspection dans les locaux de cette société. Les éléments recueillis mettent en évidence l’utilisation d’un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré lors de la mise sur le marché. L’Afssaps a pris une décision de suspension de la mise sur le marché et de l’utilisation des implants mammaires pré remplis de gel de silicone fabriqués par la société Poly Implant Prothèse, assortie d’un retrait des produits.
 L’Afssaps recommande aux femmes implantées avec ces prothèses mammaires de consulter leur chirurgien afin qu’ils les examinent et qu’ils leur prescrivent la réalisation d’une échographie annuelle (ou d’un examen adapté le cas échéant,). Un n° vert (0800 636 636) est également mis à leur disposition. Les chirurgiens qui ont implanté ces prothèses sont informés directement par l’Agence, et il leur est demandé de porter ces informations à la connaissance des femmes concernées.
 
 
L’Afssaps a relevé dans le cadre du dispositif de matériovigilance des ruptures de l’enveloppe de ces implants, à une fréquence plus élevée que pour les autres implants mammaires contenant des gels de silicone présents sur le marché. A la suite de ces signalements, l’Afssaps a conduit une inspection dans les locaux de la société Poly Implant Prothèse. Les éléments recueillis sur le site de fabrication ont montré que cette société utilise, pour ses implants mammaires pré-remplis de gel de silicone, un gel différent de celui qui avait été déclaré dans les dossiers de conception et de fabrication du produit. L’Afssaps a pris, sur le site de production, une mesure conservatoire de consignation des implants mammaires contenant le gel de silicone qui ne correspond pas aux mentions figurant dans le dossier de fabrication. Elle a ensuite pris une décision de suspension de mise sur le marché et d »utilisation des implants mammaires pré remplis de gel de silicone fabriqués par la société Poly Implant Prothèse, assortie d’un retrait des produits.
Depuis 2001, date de réintroduction des implants en gel de silicone, environ 30 000 femmes ont été implantées avec des prothèses PIP remplies de gel de silicone sur environ 500 000 femmes porteuses d’implants mammaires en France tous fabricants confondus.
En l’état des données disponibles, l’Afssaps n’a pas relevé de complications différentes de celles qui sont habituellement rencontrées avec d’autres implants mammaires pré-remplis de gels de silicone. Seule une fréquence plus élevée de ruptures et de réactions inflammatoires locales a été observée avec les prothèses de la société Poly Implant Prothèse. Il n’existe pas de signes avant coureurs permettant à la femme concernée de savoir qu’une prothèse va se rompre. Les ruptures de prothèses mammaires sont un risque connu mais non prévisible. Il est donc important que toute femme porteuse d’implants mammaires respecte le suivi médical régulier qui lui a été recommandé après son intervention. 
Des questions-réponses à l’intention des femmes implantées sont disponibles sur le site de l’Afssaps (www.afssaps.fr), un n° vert est également mis à leur disposition : 0800 636 636 (ligne active le 30 mars à partir de 14h).
 
ET MAINTENANT ?

Cette information pose deux questions pour lesquelles nous tentons d’avoir des réponses :

Qui va payer les échographies ? A quel titre, s’il y a une faute reconnue, l’Assurance maladie, c’est à dire la solidarité nationale, devrait-elle payer pour des examens à répétition ?  Je rappelle, même si comparaison ne vaut pas raison, que dans l’affaire de la Clinique du Sport, aucours de laquelle une soixantaine de patients avaient contracté une mycobactérie, on a imposé aux responsables de l’établissement de prendre en charge 3000 examens IRM.

Deuxième point : s’il faut intervenir à nouveau, qui va payer ?

Je pense que certains cabinets d’avocats doivent déjà être en chauffe. Car jusqu’à présent, selon nos informations, les divers incidents se sont réglés par des transactions à l’amiable.

La société en cause a payé les frais d’hospitalistion et de réintervention pour les patientes concernées.

Mais maintenant l’affaire est en place publique et la société PIP est , depuis aujourd’hui, en réglement judiciaire.

S’il faut retirer des centaines, voire des milliers de prothèses, cela va être très coûteux.

Sans négliger l’aspect technique et médical car il y aura sans doute des préjudices esthétiques pour certaines femmes.

Une affaire dont on n’a donc, a priori, pas fini d’entendre parler.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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10 réponses à Implants mammaires : On signale des fuites !

  1. Association P.P.P. dit :

    Bonjour,

    il est important de rappeler que l’AFSSAPS preconise depuis le 28 septembre 2010 un suivi echographique semestriel et non plus annuel dans les cadres des implants PIP

    A noter également que le numero vert de l’AFSSAPS ne fonctionnait plus donc ce n’est plus un point de renseignement pour les victimes qui se pose des questions.

    Le caractere irritant du gel « pip » à été demontré par les premieres analyses effectuées sur ordre de l’AFSSAPS, le second volet des analyses sera connu fin mars sauf repport exceptionnel.

    Il est bon également de faire savoir aux femmes concernées que des prises en charges ont été misent en place par la securité sociale sur ordre de Mme Roselyne Bachelot, à l’epoque ministre de la santé au lendemain de l’entretiens de l’association P.P.P. avec les services concernés au ministere et au vue justement des premieres analyses.

    Vous trouverez le détail de ses prises en charge ici :

    http://www.ameli.fr/assures/soin...

    bien cordialement

    Alexandra Blachère, présidente de l’association P.P.P.

  2. victime de prothèses PIP dit :

    Sachez qu?il existe une autre association : Le Mouvement de Défense des Femmes Porteuses d’Implant et de prothèse, MDFPIP,

    La présidente de cette association collabore avec l?AFSSAPS, le syndicat des chirurgiens plasticiens, les laboratoires de fabricants de prothèses afin de faire évoluer les procédures pour qu?une telle escroquerie ne se reproduise pas.

    Ainsi qu?un forum à l’écoute des femmes victimes de cette escroquerie, forum d’échange des femmes porteuses d’implants mammaires PIP

    Et un blog qui retrace tout ce qui s’est passé depuis la découverte de ce scandale sanitaire le 30 mars 2010 et qui a pour principal objectif d?aider, d?informer et de répondre aux questions que peuvent se poser les victimes des prothèses PIP frauduleuses.
    La responsable de ce blog répond très vite, n?hésitez pas à l?interroger.

    Parcourez, lisez, informez vous….nous sommes là pour vous aider et vous soutenir.

     

    NOTE DE JDF A titre exceptionnel je mets le contact de cette association : murielle.ajello@mdfpip.com


     

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A NATTSIMON :

    Voici l’adresse d’une association de victimes de ces prothèses :

    associationppp@yahoo.fr

  4. nattsimon dit :

    je porte des prothèses mammaires poly implant suite à une reconstruction mammaire en 2002 et ai appris hier suite à une écho que l’une d’elle fuit ..cela doit etre confirmé par une irm..comment porter plainte ? quel est le danger?qui va prendre en charge les frais d’opération?suis inquiète +++++

  5. lydiest dit :

    a l’aide, j’ai eu des implants mammaires defectueux et serai examinée que le 13/07 : suis tres inquiete, deja en invalidité pour une maladie musculaire
    je veux porter plainte contre le chirurgien et pip comment faire

  6. coco dit :

    Je ne comprends pas pourquoi les medias n’en parle pas davantage.
    Nous representons une association et souhaiterions nous faire connaitre afin que les femmes concernees nous rejoignent.
    Aurions nous la possibilite de diffuser notre lien internet a travers votre blog?

  7. Eva dit :

    Je suis de tout coeur avec vous et vous apporte mon soutien inconditionnel et si besoin est, mon témoignage qui m’a fait aller en justice contre PIP il y a déjà des années. La procédure a duré 11 ans sans aboutissement, car le corps médical « était » un lobby beaucoup trop puissant à l’époque (dans les années 1993/2004) contre une victime isolée ne sachant pas se défendre. Le PDG de PIP a refusé de m’accorder un arrangement à l’amiable, et l’a interdit à son Directeur commercial que j’avais été voir à la Seyne sur Mer qui reconnaissait mon problême et était prêt à me dédommager la prothèse ayant fuit dans mon sein 3 mois après sa pose. Le PDG craignait que mon cas fasse « jurisprudence » car la série de prothèses déficientes était reconnue mais gardée dans le plus grand secret, pour éviter les plaintes d’autres femmes implantées . A cette époque, celà se savait dans le milieux des chirurgiens esthétiques, au mieux ils n’utilisaient pas cette marque de prothèses mais personne n’ébruitait le fait….
    Signé : une victime de reconstruction mammaire après cancer.

  8. Alex dit :

    notre association contre les laboratoire PIP compte deja 114 inscrites en 3 jours donc effectivement cette affaire va faire du bruit

  9. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A ANNE :

    Les responsabilités seront déterminées par l’anquête judiciaire.

    Les autorités sanitaires ont réaghi quand elles ont eu connaissance des faits, c’est à dire lorsqu’il est apparu que le taux de ruptures et de fuites était plus élevé que la norme.

     

    Cette société représente environ 5 % du marché.

  10. ANNE dit :

    Opérée d’un cancer du sein en 2007 , j’ai choisi de faire la reconstruction mammaire (2 opérations en 2008 et 2009) L’une de mes 2 prothèses est une PIP et compte tenu du rapport inquiétant de l’AFSSAPS sur la fragilité et le contenu « non identifié » de la prothèse, je n’ai pas d’autre solution que d’envisager une 4ème opération… Je suis à la fois très en colère et sidérée que l’on découvre une fraude de cette ampleur dans un domaine que l’on pense étroitement surveillé. Qui sont les responsables ? Pourquoi la surveillance sanitaire a t-elle réagi si tardivement ? En tout cas, beaucoup de souffrances inutiles pour les patientes …

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