Greffe d’ovaire et naissance après cancer : Un double succès danois qui est une première mondiale.

C’est une première médicale mondiale et une belle aventure humaine. Une femme a conçu deux enfants après avoir eu une greffe d’ovaire à la suite d’un cancer.
 
Aviaja et Lucca sont deux petites danoises qui marquent une très belle avancée dans le progrès médical. Nées à 19 mois d’écart, elles sont les deux premiers enfants issues d’une même mère ayant subi une transplantation de tissus ovariens préalablement congelés.
 
Stinne Bergholdt, la maman apprend en 2004 qu’elle est atteinte d’un sarcome d’Ewing, une tumeur rare qui touche deux de ses côtes. Elle a alors 27 ans.
Six cures de chimiothérapie sont suivies d’une intervention chirurgicale, puis de trois cycles de chimiothérapie.
Mais avant la mise en place de la chimiothérapie, les médecins ont prélevé, le 22 mars 2004 ; treize fragments de son ovaire droit et les ont congelés. Cela représentait environ un tiers de l’ovaire. La patiente n’avait plus d’ovaire gauche à la suit de l’ablation d’un kyste.
 
Après le traitement par chimiothérapie, la patiente a développé tous les symptômes d’une ménopause et les biopsies ont montré que le tissu ovarien restant ne contenait plus de follicules précurseurs des ovocytes.
 
Le 14 décembre 2005, six fragments ovariens sont décongelés et réimplantés chez Stinne Bergholdt. Peu à peu, les marqueurs hormonaux montrent que l’ovaire est redevenu fonctionnel.
 
Stinne reçoit alors une stimulation hormonale qui permet de recueillir des ovocytes qui seront fécondés in vitro.
 
Le 8 février 2007, Aviaja, une petite fille de 3,204kg vient au monde.
En janvier 2008, la maman revient au centre car elle souhaite une nouvelle fécondation in vitro.
Mais là, surprise ! Les médecins constatent que la patiente est enceinte, de façon naturelle et spontanée !
 
Le 23 septembre 2008, Lucca, une demoiselle de 3,828 kg vient rejoindre la famille Bergholdt.
 
C’est la première fois au monde qu’une seule femme donne naissance à deux enfants après une transplantation de tissus ovariens congelés.
Un événement d’autant plus rare que les grossesses après transplantation sont déjà des événements peu courants. Dans le monde, on en est à neuf ou dix cas seulement, dont deux en France.
Trois seulement ont eu lieu de façon naturelle.
 
La technique de cryopréservation des ovaires est encore très expérimentale.
Comme nous venons de le dire, les naissances se comptent sur les doigts des deux mains actuellement.
 
Mais plus on tentera de telles greffes et plus on pourra augmenter les chances de succès.
Or, si on propose systématiquement la conservation de sperme aux hommes jeunes qui vont recevoir une chimiothérapie, on propose encore trop rarement la cryopréservation des ovaires aux jeunes femmes.
Ce n’est pas la seule méconnaissance des techniques qui freine l’application de cette méthode. C’est aussi parce que nombre de médecins « n’y croient pas ». Mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, dit-on.
 
C’est donc aux patientes elles-mêmes de faire le forcing et de demander aux cancérologues et aux chirurgiens qui les suivent de leur offrir cette possibilité.
 
L’histoire de Stinne Bergholdt et de ses deux fillettes montre que rien n’est impossible.
 
Référence de l’article:
 
Erik Ernst, Stinne Bergholdt et al.
 
The first woman to give birth to two children following transplantation of
frozen/thawed ovarian tissue
Human Reproduction, Vol.00, No.0 pp. 1–2, 2010
doi:10.1093/humrep/deq033
 
 A noter que la maman est le deuxième auteur de cette publication
 
 

Stinne Bergholdt avec Aviaja, l’ainée et Lucca, photographiées par Flemming Holm Bergholdt, le papa.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.