Sclérose en plaques / SEP: cladribine, fingolimod et dalfampridine font la « une ».

 
 
En une semaine, trois médicaments destines aux personnes souffrant de sclérose en plaques, la cladribine, le fingolimod et la dalfampridine, viennent de franchir, à des degrés divers, des étapes importantes et positives. Mais ces bonnes nouvelles doivent, cependant, être considérées avec une grande prudence.
 
Fingolimod et cladribine font l’objet de deux essais très attendus, des essais de phase 3, l’étape qui conduit, si tout va bien, à la demande d’autorisation de mise sur le marché.
 
Ces deux médicaments se prennent par voie orale et non plus sous forme injectable comme l’interféron.
 
Le fingolimod bloque la sortie des lymphocytes qui vont attaquer les gaines de myéline qui entourent le système nerveux.
 
La cladribine agit en détruisant certains lymphocytes, en les poussant, de fait au suicide. Elle agit également sur certaines molécules impliquées dans l’inflammation.
 
Le fingolimod est un médicament qui est pris quotidiennement, la cladribine est administrée entre 8 et 20 jours par an.
 
Les deux essais ont été conduits de façon assez similaires. Les produits ont été testés contre placebo et chaque drogue a été administrée à deux dosages différents.
 
Ainsi, le fingolimod a été donné à des doses de 0,5 et 1,25 mg. La cladribine a été donnée à des doses de 3,5 mg ou 5,25 mg par kg.
 
Ces essais ont concerné des patients en phase rémittente.
 
Quand on regarde les résultats des deux études, on constate qu’ils sont assez proches puisque les deux médicaments réduisent le nombre d’attaques annuelles par rapport au placebo.
 
Pour les deux dosages de fingolimod, le taux annualisé d’attaques est de 0,18 et 0,16 contre 0,40 pour le placebo.
Pour la cladribine les taux sont de 0,14 et 0,15 contre 0,33 pour le placebo.
 
Les deux produits ont montré une stabilisation des lésions cérébrales également.
 
Beaucoup donc de côtés positifs. Mais aussi beaucoup d’effets indésirables plus ou moins sérieux avec les deux produits.
Le fingolimod, par exemple, induit chez certains patients des phénomènes de ralentissement du rythme cardiaque, une bradycardie, voire des troubles de conduction appelés bloc auriculo-ventriculaire.
On a constaté aussi des atteintes de la rétine avec des œdèmes macula ires et des anomalies du bilan hépatique.
Des infections également, comme avec la cladribine pour laquelle, par exemple, on a constaté la survenue de zona de façon plus élevée que dans le groupe placebo.
 
Il est évident qu’on ne joue pas impunément avec la dynamique des lymphocytes et que ces cellules de défense, lorsqu’elles sont altérées ou manquantes, font le lit des infections.
Et, au long cours, l’immunosuppression peut ne pas être anodine.
 
On l’a vu dans les traitements antirejet lors des greffes avec l’apparition de tumeurs.
 
Il va donc être important de surveiller de près les effets indésirables de ces médicaments et de bien peser les avantages et les risques de leur prescription.
 
On peut imaginer d’ailleurs que leur enregistrement et leur commercialisation soit quelque peu retardée par ces motifs de sécurité.
 
Feu vert, en revanche, pour la dalfampridine, du moins aux Etats-Unis. Ce médicament à base de 4-aminopyridine est le premier du genre ainsi homologué.
 
Ce médicament a pour but d’améliorer la marche des patients atteints de SEP. Pour cela, le produit bloque ce qu’on appelle les canaux potassiques dans les fibres nerveuses. Le principe est de bloquer la fuite du potassium des fibres lésées, de façon à limiter la perte d’influx nerveux.
 
Le produit n’est pas anodin et doit, en particulier, être administré avec prudence chez les insuffisants rénaux au risque de provoquer des convulsions.
 
Mais c’est au moins une bonne nouvelle de voir ainsi un produit un tant soit peu efficace venir aider les patients dans leurs activités quotidiennes.
 
 
Référence des études :
 
Ludwig Kappos et al.
 
A Placebo-Controlled Trial of Oral Fingolimod in Relapsing Multiple Sclerosis
N Engl J Med published online 20 January 2010 doi :10.1056/NEJMoa0909494
 
 
Gavin Giovannoni, et al.
 
A Placebo-Controlled Trial of Oral Cladribine for Relapsing Multiple Sclerosis
N.Engl J Med published online 2 Jnuary 2010 doi:10.1056/NEJMoa0902533
 
 
 
 
 
 

NOTE D’ACTUALITE AU  22/02/2011

La cladribine ne sera pas commercialisée en Europe. Le laboratoire qui fabrique la molécule a retiré sa demande d’enregistrement auprès des autorités sanitaires européennes.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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7 réponses à Sclérose en plaques / SEP: cladribine, fingolimod et dalfampridine font la « une ».

  1. hendricx dit :

    Enfin sous fampyra depuis le 19 avril 2013. Je récupère la maitrise assise sans dossier. J alterne la marche avec et sans orthèses mais je garde la canne, on ne peux pas tout récupérer. Depuis 16 ans de sep 2 interferons et 1 mythoxantrone , étant sous oxynorm j apprécie ces changements de mon quotidien que je voyais se dégrader.ne piuvant pas bénéficier du tysabri car virus jc venu s installer. Je prends au jour le joyr ce que fampyra me redonne (noys sommes en retard en france…les états unis et le canada l avaient depuis 2 ou 3 ans )

  2. Eroyan dit :

    Bonjour,je suis atteinte d’une SEP depuis un an et j’attend avec impatience ce nouveau médicament ( Fampridine) qui doit améliorer la marche.Mon neurologue m’en parle depuis 6 mois car je marche de moins en moins bien.Pouvez vous me dire quand ce médicament arrivera exactement.Nous sommes très nombreux à l’attendre.Merci de votre réponse.

  3. CATY dit :

    Bonjour, je viens de voir mon neurologue, allergique à un composant du Tysabri, je commence bientôt le FINGOLIMOD, j’ai quelques inquiétudes parce que c’est nouveau, mais je serai bien entourée par l’équipe de neurologie de l’Hôpital de PAU, donc cela devrait vite me passer. De lire que tout se déroule bien pour vous tous me rassure ! MERCI

  4. jenny dit :

    Bonjour ! je viens d’avoir Fingolimod depuis hier . c’est vrai que tout vas bien sauf un pou qui diminue entre la 3eme et 4eme heure apres la prise mais rien de grave . ça me rassure de lire les message des gens qui l’utilise depuis 3 ans !!
    bonne journee

  5. Tintin dit :

    Bonjour, je fait partie d’une étude sur le Fingolimod (FTY720,0.5mg) au Canada, qui a débuté en novembre 2010. L’étude est superviser au centre nurologique de Montréal. Nous sommes quelque patients, et jusqu’a mintenant tous se déroule très bien.

  6. kk dit :

    je suis une étude clinique a montpellier depuis 3 ans avec le fingolimod, d’après les clichés d"irm mon etat est stabilisé, ouf !! car très vite mes facultés motrice se détérioraient de jour en jour

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