Cancer du sein et dépression: Pour ne pas couler, il faut boire la tasse…de thé.

 
De la gym et du thé. Il n’en faut pas plus selon une étude chinoise pour soulager la dépression chez les femmes traitées pour un cancer du sein.
 
C’est une sorte de double peine : la dépression frappe environ la moitié des femmes dans les mois qui suivent la mise en place de leur traitement pour un cancer du sein.
Cette dépression a diverses causes et elle peut avoir pour conséquence de compromettre l’efficacité du traitement. L’épisode dépressif conduit même certaines femmes à abandonner leur traitement de façon définitive.
 
Comment donc lutter contre ces manifestations qui viennent parasiter la prise en charge de ces femmes ?
Et peut-on les traiter autrement que par des médicaments alors que leur organisme doit déjà digérer les effets de la chimiothérapie ?
 
Ce sont ces raisons qui poussent les spécialistes de cancérologie à se pencher vers les ressources offertes par les médecines complémentaires et les approches non médicamenteuses.
 
Une étude chinoise, publiée dans le Journal of Clinical Oncology, le JCO ,apporte une nouvelle indication sur les possibilités  de prise en charge des phénomènes dépressifs par des méthodes « différentes ».
 
Entre 2002 et 2006 les médecins ont suivi 1399 femmes vivant à Shanghai. Ces femmes ont été évaluées à 6 mois et à 18 mois après le diagnostic de cancer.
On a évalué, grâce à des questionnaires, leur qualité de vie, la quantité d’exercice pratiqué, leur état dépressif éventuel et leur consommation de thé, Chine oblige.
 
Dans cette étude environ deux tiers des femmes ont dit avoir une activité physique plus ou moins régulière et 13 % ont dit être des buveuses de thé de façon régulière, la majorité d’entre elles (90 %) consommait du thé vert.
 
La dépression concernait environ 26 % des participantes, la moitié présentant des symptômes modérés, l’autre moitié un état dépressif constitué et donc plus marqué.
 
L’analyse des questionnaires a montré que les femmes qui pratiquaient un exercice physique au moins deux heures par semaine avaient un risque de dépression inférieur de 35 % par rapport aux femmes inactives. Et cette réduction de risque atteignait même 43 % dans les formes de dépression sévère.
 
Le fait d’accroitre sa quantité d’exercice après le diagnostic améliorait aussi la protection contre la dépression.
 
Autre élément régulateur de l’humeur, la consommation de thé.
Les femmes qui consommaient plus de l’équivalent de 100 grammes de feuilles de thé séchées par mois en tiraient un bénéfice réel.
Ces buveuses de thé ont vu leur risque de dépression réduit de 61 % par rapport aux femmes qui en buvaient moins de l’équivalent de 100 grammes de feuilles séchées.
 
Cette étude est faite, rappelons le, à Shanghai, avec des populations qui ne sont pas obligatoirement comparables à nos populations en termes de statut socioéconomique ou de traitements par exemple.
 
Le taux de chimiothérapie est très élevé dans cette étude et les auteurs concèdent que les protocoles utilisés à Shanghai ne sont pas ceux utilisés automatiquement aux Etats-Unis, par exemple.
 
Mais il n’empêche que les exercices physiques et la consommation de thé ne sont pas des pratiques « exotiques » et peuvent facilement être exportées.
 
L’augmentation de la dépense calorique ne peut être que bénéficiaire de même que l’apport des tanins et autres antioxydants contenus dans le thé.
 
De plus, faire de l’exercice et prendre le té sont des moments habituels de convivialité.
On peut, certes, faire cela seule dans son coin. Mais il est plus agréable de faire de la gym en groupe et de papoter autour d’une tasse de thé que de rester isolée.
 
Autant de facteurs qui permettent de libérer la parole, d’échanger, de trouver des soutiens et donc de prévenir la survenue de la dépression.
 
Lever les genoux et lever le coude, pour un bon motif s’entend, sont des armes apparemment aussi efficaces que les comprimés antidépresseurs.
 
Les essayer est donc une très bonne idée pour celles qui ont été opérées d’un cancer du sein et qui ont envie de retrouver le goût de la vie.
 
 
Référence de l’étude :
 
Xiaoli Chen et al.
 
Exercise, Tea Consumption, and Depression Among Breast Cancer Survivors
Journal of Clinical Oncology, 10.1200/JCO.2009.23.0565

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Cancer du sein et dépression: Pour ne pas couler, il faut boire la tasse…de thé.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A FANNY:

     

    Il y a deux types  d’appareils utilisés. Un seul utilise des rayons X.

    Mais ces rayons sont délivrés à des doses très inférieures aux niveaux utilisés en imagerie médicale, en particulier pour un examen scannographique.

    Le temps d’exposition est également très bref.

    On peut donc a priori estimer que le risque est négligeable.

    de plus, à moins de faire un vol quotidien, peu de passagers auront à subir un examen complet de façon répétitive.

     

    Merci de vos encouragements et de vos remarques agréables !

  2. Fanny dit :

    Bonjour Jean-Daniel,
    Je ne sais pas comment vous contacter autrement qu’avec un commentaire, donc j’en profite ici, même si mon message est indépendant de ce billet.
    En écoutant l’actualité, je suis surprise de voir que de nombreux aéroports pensent s’équiper de scanners dont celui de Montréal d’où je prends souvent l’avion. Quelle est la technologie de ces scanners? S’agit-il de rayon X comme les scanners médicaux ? Si c’est le cas, n’est pas nocif pour la santé à répétition ?
    Le système ressemble bcp au système EOS développé par l’équipe du Docteur Charpak:y’a-t-il un lien ?
    Merci !
    PS: le blog est très intéressant et très bien documenté, je lis les articles avec bcp d’intérêt, surtout que je travaille dans la recherche médicale.

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