SEP : Enlever PARP-1 pourrait aider à démolir la sclérose en plaques.







Les recherches sur la sclérose en plaques conduisent parfois à des résultats surprenants. Ainsi une étude récente pointe le rôle de certains dérivés du cholestérol et souligne l’intérêt expérimental d’une famille de molécules déjà testé dans certaines formes de cancers du sein.

 

La sclérose en plaques (SEP)  est une maladie bien étrange. Après une phase faite de poussées et de rémissions, peut survenir une seconde phase au cours de laquelle les lésions deviennent progressives et contrarient fortement la vie de celles et ceux qui en sont atteints.

 

Même si les personnes atteintes de SEP ont l’impression que les choses ne vont pas assez vite, ce qui est fort légitime, la recherche sur cette affection est extrêmement dense.

 

Une équipe hispano-américaine vient d’ailleurs de publier un travail très original dans la revue Nature Immunology.

 

Ces chercheurs ont tout d’abord constaté qu’il y avait une grosse différence entre les deux phases de la maladie quand on examinait le sérum des patients et des animaux utilisés pour un modèle expérimental de la maladie.

 

Ils ont ainsi montré qu’une substance était particulièrement présente lors de la phase progressive de la maladie. Cette substance est appelée 15α-hydroxycholestene ou 15-HC.

 

Ce composé appartient à la famille des oxystérols, des dérivés du cholestérol. Ces oxystérols sont impliqués dans de nombreuses réactions cellulaires et semblent capables d’activer certaines cellules dans un sens parfois bénéfique, parfois néfaste à l’organisme.

 

Dans le cadre de la SEP, le 15-HC active des cellules de défense comme les macrophages et des cellules entrant dans le maintien des tissus nerveux, comme la microglie et les astrocytes.

Mais cette activation ne se fait pas dans un sens favorable aux neurones, tout au contraire. On aboutit à des phénomènes de neuro-inflammation dans les modèles animaux de la maladie qui expliquent les lésions qui s’en suivent.

 

Ces mécanismes empruntent des voies de réaction chimiques très précises qui font intervenir  une enzyme appelée PARP-1.

 

Cette enzyme joue un rôle dans la réparation des brins d’ADN. C’est cette particularité qui a entrainé la mise au point de nouvelles molécules en cancérologie.

Des molécules chargées de bloquer l’action de PARP-1  de façon à amplifier les effets de la chimiothérapie.

 

Dans l’étude de évoquée ici, les chercheurs ont constaté que dans des cellules de défense bien précises, les monocytes, l’activité PARP-1 était très élevée.

 

A l’état normal, les monocytes sont chargés de nous protéger des « envahisseurs ». Dans la SEP, ces cellules attaquent leurs propres tissus.

 

Bloquer l’action de PARP-1 pourrait être donc une piste supplémentaire de la lutte contre la SEP.

 

Deux inhibiteurs de PARP-1, le BSI-201 et l’olaparide sont déjà utilisés dans des essais cliniques chez l’être humain, mais dans le cancer du sein seulement.

Il n’est pas impossible que cette famille de médicaments soit également évaluée prochainement dans une affection comme la SEP, même si les laboratoires disent ne pas avoir de protocoles envisagés pour l’instant.

 

 

 

Référence de l’étude :

 

Mauricio F Farez et al.

Toll-like receptor 2 and poly (ADP-ribose) polymerase 1 promote central nervous system neuroinflammation in progressive EAE.

Nature Immunology; published online 16 August 2009, doi:10.1038/ni.1775      

 

 

NOTE d’ACTUALITE :

 

J’ai demandé à l’un des auteurs de l’étude s’ils comptaient étudier les effets des inhibiteurs de PARP-1

 

Voicci la réponse du Dr Francisco Quintana :

Dear Dr. Flaysakier,

We are now studying the TLR2/PARP axis in human controls and MS patients in
depth.  Once we have confirmed our observations in animal models and our
initial observations with human samples, we will move forward to investigate
the therapeutic effects of PARP inhibitors in SPMS.’

Pour les non(anglophones, le chercheur précise qu’ils étudient actuellement le mécanisme d’activation dit TLR2-PARP-1 chez des patients et des sujets contrôles.

Si les rsultats confirment les expériences sur l’animal, ils commenceront à étudier les effets des inhibiteurs de PARP-1.

 

 

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à SEP : Enlever PARP-1 pourrait aider à démolir la sclérose en plaques.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A MADLY :

     hormis des essais conduits selon les règles, je pense que les expériences personnelles comme celle du médecin avec le baclofene peuvent être extrémement dangereuses à reproduire.

     

  2. madly dit :

    encore moi !!!!ayant pratqué dans le milieu médical pendant une trentaine d’années le sujet « SEP » m’évoque LIORESAL et la polémique autour du baclofène .Etant concernée dans mon entourage par le problême de la dépendance à l’alcool ,j’aurais aimé avoir votre avis sur cette question un peu épineuse ainsi que sur les effets secondaires interessants ,que peuvent avoir certains médicaments (je pense par exemple au tofranil ,à l’origine antitub erculeux qui s’est révélé être un très bon antidépresseur ! utilisé comme tel encore à l’heure actuel ) je vous remercie d’avance pour votre réponse .

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