Grippe A(H1N1) : le virus a pris l’avion, ne fréquente pas les quinquagénaires et commence à résister.

Petit cocktail de nouvelles sur le virus de la grippe A(H1N1),du premier cas documenté de résistance au Tamiflu en passant par le rôle des voyages aériens et une bonne nouvelle pour les quinquagénaires.

C’est un lundi fertile pour les spécialistes de la pandémie grippale.
La première nouvelle nous vient du Danemark avec le premier cas documenté de virus résistant à l’oseltamivir, ou Tamiflu®. Heureusement pour le patient, le virus qu’il héberger est sensible au zanamivir, ou Relenza®.
Une façon de nous rappeler que galvauder les antiviraux n’est pas une bonne idée ! La folie qui s’est emparée de certaines personnes qui stockent du Tamiflu et qui en prennent sans avis médical, peut conduire à des risques de voir apparaître ainsi des souches résistantes, une situation dont on peut parfaitement se passer.

Savez-vous combien de personnes ont quitté le Mexique par avion en mars et avril 2009, à un moment où on ignorait grandement qu’on allait être confronté à une pandémie ?
2,35 millions environ, vers 1018 destinations différentes dans 164 pays. Principalement vers les Etats-Unis et le Canada (80,7 %), mais aussi l’Amérique centrale, les Caraïbes et l’Amérique du sud (8,8%) et l’Europe (8,7%). L’Asie ne compte que pour 1%, le reste du monde représente 0,8%.
Ces données sont publiées dans le New England Journal of Medicine, ce 29 juin 2009,
par une équipe canadienne qui s’est intéressée aux cas apparus dans un certain nombre de pays et qui pouvaient être reliés à des voyageurs provenant du Mexique.

Sur les 20 premières destinations à partir du Mexique, seize pays ont eu des cas de grippe A(H1N1) dont l’origine a pu être reliée à des voyageurs.
Les auteurs ont, par modélisation, montré qu’il suffisait d’atteindre le seuil de 1400 voyageurs en provenance du Mexique pour que le risque de contamination apparaisse fortement  dans le pays de destination.

Ce  genre de recherche devrait permettre à l’avenir de pouvoir mieux apprécier les risques liés aux déplacements de populations venant d’une zone où sévit un foyer épidémique.

Dans cette même revue, une autre équipe de chercheurs montre que le virus actuel est l’héritier du virus H1N1 rendu tristement célèbre par la pandémie dite de « grippe espagnole » qui frappa le monde entre 1918 et 1920.

Ce virus, d’origine aviaire, passa chez l’homme et l’homme le transmit au porc. C’est chez cet animal qu’il a subsisté, avec des arrangements géniques au gré du temps. A partir d’un « noyau dur » de huit gènes, le virus a procédé à des « échanges », renforçant son équipement de base au gré du temps

De 1918 à 1957, on le retrouve régulièrement chez l’homme, puis il disparaît pendant 20 ans au profit d’une autre souche pour mieux revenir en 1977 et circuler jusqu’à nos jours sous sa nouvelle formule.

Cet historique montre donc combien il est important de surveiller les élevages et de surveiller la grippe porcine. Les Etats-Unis imposent la déclaration obligatoire de la grippe porcine quand elle touche des humains. L’Europe ne le fait pas, cherchez l’erreur.

Enfin, un article fait le point sur les manifestations pulmonaires particulièrement sévères observées lors de l’épisode actuel de grippe A(H1N1). Des pneumopathies virales chez des sujets plutôt jeunes et indemnes de pathologies chroniques.
Les auteurs en concluent qu’il existe une certaine protection naturelle pour les sujets nés avant 1957 et qui ont pu être confrontés à ce virus dans leur enfance.

Autre conclusion pratique, en cas de risque pandémique fort avec un nombre de vaccins peut-être insuffisant, cela permettra d’orient la vaccination prioritairement vers les plus jeunes, qui, une fois n’est pas coutume, seront sans doute les plus exposés.

Pour une fois, être quinquagénaire ça a  presque du bon !

Tous les articles mentionnés sont en accès libre et gratuit sur le site du NEJM

Kamran Khan et al
Spread of a novel influenza A(H1N1) virus via global airline transportation  

David M Morens et al
The persistent legacy of the 1918 influenza virus

Gerardo Chowell et al.
Severe respiratory disease concurrent with the circulation of H1N1 influenza

 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Grippe A(H1N1) : le virus a pris l’avion, ne fréquente pas les quinquagénaires et commence à résister.

  1. JD Flaysakier dit :

    EPONSE A ANONYME :

    Que vous dire? Si je vous dis non, vous allez me dire que je mens et que je vous cache la vérité !

    Tant pis, je vous dis non ! Ce virus est apparemment parfaitement naturel.

  2. Anonyme dit :

    Peut t’il que cette virus est quelque choses qui à été crée dans un l’aboratoire?

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