Maladie de Parkinson : certains types de pesticides pourraient majorer le risque de survenue de l’affection.







L’utilisation de certains pesticides, en particulier des insecticides, peut être associé à la survenue d’une maladie de Parkinson. C’est ce que conclue une équipe française qui publie ses travaux dans la revue Annals of Neurology.

 

Quand on parle de pesticides, on englobe sous ce vocable des produits insecticides, des herbicides et des fongicides, c’est-à-dire des traitements contre les champignons et les moisissures.

 La plupart de ces pesticides appartiennent à des familles chimiques qu’on appelle.les organochlorés ou les organophosphorés.

Depuis plusieurs années, la médecine s’interroge sur l’association entre l’usage professionnel de ces pesticides et l’apparition de maladies neurologiques, en particulier la maladie de Parkinson.

 

Une équipe française de l’INSERM et de la Mutualité sociale agricole (MSA) apporte une pierre supplémentaire à la connaissance en ce domaine avec la publication en ligne  d’une étude dans la revue Annals of Neurology

 

Les auteurs ont ainsi comparé 224 cas de maladie de Parkinson (MP) survenus en milieu agricole à 557 personnes, appartenant au monde agricole également, mais non atteints de MP et qui étaient recrutés lors de demandes de remboursement .Chaque cas était apparié à un ou plusieurs « contrôles » en fonction de l’âge, le sexe  et la caisse de rattachement.

 

Un questionnaire a été proposé aux participants concernant l’emploi des pesticides durant leur vie professionnelle, le type de produits employés, la durée d’exposition.

 

Pour les hommes dont la maladie s’était déclarée après 65 ans, le fait d’avoir manipulé longuement des insecticides organochlorés était associé à un risque 2,2 fois plus élevé de voir apparaître une maladie de Parkinson.

 

Ces produits comme le lindane ou le DDT sont des produits anciens, le DDT n’est plus utilisé .Mais ces produits restent très longtemps dans les zones où ils ont fait l’objet d’épandage.

Cette étude montre donc une association entre un type de pesticides d’une famille précise et la survenue de l’affection neurologique.

 

Mais elle ne permet pas d’apporter d’éléments concernant l’utilisation d’autres types de pesticides, pas plus que d’évaluer le risque lié à un usage en activité de jardinage.

 

Cela ne doit pas empêcher les utilisateurs, professionnels ou jardiniers « du dimanche » de manier ces produits avec prudence et en respectant des règles simple et de bon sens : se protéger en dispersant ces produits, ne pas manger sans s’être bien lavé les mains et ne pas utiliser ces produits en atmosphère confinée.

 

A noter que cette même revue va bientôt publier une étude américaine dirigée par Alberto Ascherio et qui montre que le risque de développer une MP est 1 ;7 fois plus élevé quand on a manié professionnellement des pesticides.

 

 

Référence de l’étude :

Alexis Elbaz et al

Professional exposure to pesticides and Parkinson’s disease

Annals of Neurology  accès en ligne

 

 

Référence de l’étude à paraître le 26 juin 2009 :

Alberto Ascherio et al.

Pesticide Exposure and Risk of Parkinson’s Disease

Annals of Neurology; July 2006; (DOI: 10.1002/ana.20904)

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Maladie de Parkinson : certains types de pesticides pourraient majorer le risque de survenue de l’affection.

  1. Dr HG dit :

    Cette étude faite avec la MSA est intéressante, mais si elle ne montre pas d’associations avec d’autres pesticides que le lindane et le DDT, d’autres études mettent ceci en évidence.
    Un étude de 2003 (il y a 6 ans) met en évidence une toxicité de pesticides pour les mitochondries et une possibilité de syndrome parkingsonnien. Il s’agit de la roténone (utilisée en agriculture biologique), du pyridabène (fruitiers et vigne) etdu fenpyroximate (fruitiers).
    D’autre part, l’étude que vous commentez est faite sur des professionnels et ne permet donc pas d’extrapoler des conseils scientifiques pour les « jardiniers du dimanche », car si les expositions professionnelles sont plus intenses que pour les jardinier amateurs, rien ne prouve que de plus petites doses n’auraient pas les mêmes effets.
    Il faut ici rappeler que les dioxines à forte doses provoquent une cjhloracné et que de faibles doses à long terme peuvent engendrer des cancers et autres lésions dégénératives.
    Un étude récente (que vous citiez comme « à paraitre ») montre effectivement que les pesticides augmentent de 70% le risque de Parkingson que ce soient des d?herbicides, des insecticides ou des fongicides d?usage agricole, industriel ou domestique, même à FAIBLE DOSE.
    Les jardiniers du dimanche feraient donc bien d’éviter l’USAGE des pesticides sur leur lopin de terre ou sur leurs jardinières et feraient bien de s’initier à la lutte biologique contre les ravageurs (souvent du simple bon sens comme vous le dites), ou accepter de faire des récoltes de fruits et légumes non calibrées et imparfaites dans leur aspect.
    Il n’est pas nécessaire d’attendre des preuves épidémiologiques de toxicité, sûres à 100% , pour commencer à agir : c’est la définition du « PRINCIPE DE PRECAUTION » (principe juridique anglo-saxon) à ne pas confondre avec un principe général « par précaution » , très galvaudé et par lequel on ne ferait plus rien « par précaution » (principe plu français qu’anglo-saxon !).
    Dr HG

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A TYBERT :

     

    Je souscrit pleinement à votre commentaire.

    De même j’ai fait remarquer à l’Inserm qu’écrire que cette étude montrait un « lien » entre l’usage des pesticides et la survenue de la pathologie était inexact.

    Il s’agit d’une association, pas d’un lien de causalité. Mais il m’a été répondu que bien que j’aie raison, les journalistes n’étaient pas familiers avec la terminologie de l’épidémiologie et que « lien » était plus simple.

    Plus vendeur surtout si j’en crois l’exploitation faite de ce travail qui montre une associatiopn significative uniquement pour les insecticides organochlor&s et non tous les pesticides.

  3. tybert dit :

    Il semble au vieux neurologue que je suis qu’on fasse trop facilement la confusion entre la maladie de Parkinson proprement dite, maladie dégénérative ( system atrophie des auteurs anglo-saxons )et les syndromes parkinsoniens d’étiologie variée : (infectieuse, traumatique, toxique , médicamenteuse…)
    Dans le papier cité en référence il manque dans les critères diagnostiques un signe essentiel : le début strictement unilatéral, asymétrique des symptomes..
    Bien évidemment le diagnostic définitif ne peut être qu’anatomique, avec la présence de corps de Loewy
    Entre temps il est bon de rappeler que la maladie de Parkinson a été décrite en 1817,( cinq ans après Waterloo !!) à une époque ou il n’y avait aucun pesticide…
    Bien évidemment il n’est pas question de nier l’existence de syndrome parkinsoniens liés aux pesticides ( parfois « naturels » comme la roténone) mais il faudrait ne pas parler de maladie de parkinson là ou elle n’existe pas.
    En d’autres termes syndrome parkinsonien ( parkinsonism) lié aux pesticides, oui, mais maladie de Parkinson due aux pesticides, non.

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