Démangeaisons : une piste nerveuse à gratter.

Le Dr Knock s’interrogeait sur la différence entre gratouillis et chatouillis. Aujourd’hui une étude montre qu’il faut vraiment que ça chatouille pour que gratouiller soit efficace.
Explications.
 
Les neurones spinothalamiques ont un rôle important. Ils conduisent certains influx nerveux douloureux vers notre cerveau. Parmi ces influx, il y a ceux qui correspondent aux phénomènes de démangeaison.
 
Et quand ça démange, on se gratte. Mais voilà, parfois cela suffit à calmer, parfois non. Et les lésions de grattage finissent par abimer la peau.
 
Mais pourquoi donc, lorsqu’on se gratte, cessent les démangeaisons ? Cette question existentielle n’a toujours pas reçu de réponse définitive même si on évoque un mécanisme selon lequel une contre-information désagréable viendrait parasiter la sensation transmise au cerveau.
 
Glen Giesler et ses collègues de l’université du Minnesota, aux Etats-Unis, ont voulu en savoir plus. Ils ont donc injecté de l’histamine, une substance bien connue pour provoquer des démangeaisons sous la peau de singes. Et ils ont gratté ensuite.
 
Résultat, l’activité électrique des neurones spinothalamique a décru de 62 % par rapport à l’état avant le grattage.
 
La même opération a été répétée avec la capsaicine, substance tirée du piment et des poivrons. La capsaicine produit des sensations d’échauffement douloureux.
Mais là, pas de réduction de l’activité des neurones après grattage.
 
Le fait de se gratter lorsqu’existe un processus provoquant des démangeaisons a donc pour effet de réduire l’activité de certains axes nerveux. Ces cellules nerveuses libèrent un influx électrique moindre et, sans doute, des neuromédiateurs en quantité moindre.
 
Il faut maintenant comprendre très exactement le mécanisme en cause dans cette atténuation de la réponse au grattage en cas de démangeaison : ordre descendu  du cerveau ou communication à l’échelon local entre cellules nerveuses.
 
Une connaissance qui devrait permettre de savoir comment mieux gérer et, peut-être à terme, traiter des pathologies souvent bénignes en apparence, mais qui peuvent gâcher la vie et provoquer des lésions cutanées très disgracieuses.
 
 
Référence de l’étude :
 
Steve Davidson et al.
Relief of itch by scratching: state-dependent inhibition of primate spinothalamic tract neurons
Nature Neuroscience

Published online: 6 April 2009 .doi:10.1038/nn.2292
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.