Prévention du cancer : vous prendrez bien une nanogoutte de thé vert!

Il y avait la chimiothérapie, voici maintenant la chimioprévention. Une méthode faite pour traiter des cancers naissants afin d’en prévenir le développement. Et pour cela on mélange les techniques de demain et une substance tirée d’une boisson millénaire : le thé vert.
 
 
C’est le mot à la mode chez les scientifiques : nanoparticules. Des particules de la taille de quelques millionièmes de millimètres.
Ces nanoparticules sont promises à un brillant avenir si l’on en croit les spécialistes dans divers domaines allant de l’informatique à la science en passant par la biologie et la médecine.
 
Car on travaille, dans ces dimensions, à l’échelle des molécules de la cellule.
 
Ce sont ces fameuses nanoparticules que viennent d’utiliser des chercheurs américains travaillant à l’université du Wisconsin et à Albany, dans l’état de New-York.
 
Ils ont ainsi fabriqué des petites capsules faites d’acide polylactique et de polyéthylène glycol.
Et dans ces capsules, ils ont fait entrer une substance répondant au joli nom de : Epigallocathechine-3-gallate ou EGCG.
 
Et cet EGCG est bien connu, car c’est un de composants du thé vert, plus précisément un antioxydant présent sous la forme de polyphenol.
 
Une fois les nanoparticules ainsi chargées, les chercheurs les ont mis en contact avec des lignées de cellules cancéreuses prostatiques greffées sur des souris.
 
Sous l’effet des nanoparticules chargées en EGCG, soixante douze pour cent des cellules cancéreuses se sont dirigées vers l’apoptose, c’est-à-dire un suicide programmé.
 
Un résultat dix fois plus puissant qu’avec de l’EGCG non encapsulé et avec des concentrations 14 fois moindres.
 
Et cet effet persistait au-delà de 48 heures.
De plus, l’EGCG ainsi encapsulé a réduit de 57 % la prolifération des nouveaux vaisseaux élaborés par les rumeurs cancéreuses.
 
Cette étude n’est qu’un début et il faut continuer le combat de la chimioprévention. Passer à d’autres modèles animaux porteurs de tumeurs humaines et voir si les résultats se confirment.
Les nanoparticules n’ont sans doute pas fini de surprendre, même si leur utilisation soulève des questions de sécurité.
 
Déjà, expérimentalement, on utilise ces nanoparticules pour « marquer » des cellules cancéreuses et même les détruire préférentiellement, notamment en bombardant ces particules à coup de laser pour que seules celles entrées dans les cellules cancéreuses exercent leur effet délétère.
 
Beaucoup d’espoirs sont donc mis dans ces nouvelles technologies, mais il faudra être patient.
 
En attendant, rien n’interdit de consommer un bon thé vert chinois, empli de polyphénols, plus faciles à boire qu’à épeler.
 
 
 
Référence de l’étude :
 
 
Imtiaz A. Saddiqui et al.
 
Introducing Nanochemoprevention as a Novel Approach for Cancer Control: Proof of Principle with Green Tea Polyphenol Epigallocatechin-3-Gallate
Cancer Res 2009;69(5):1712–1716
Published Online First on February 17, 2009 as 10.1158/0008-5472.CAN-08-3978

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Prévention du cancer : vous prendrez bien une nanogoutte de thé vert!

  1. Therese dit :

    Le the vert, en effet la nouvelle frontiere dans la recherche ce sont les antioxydants, le the vert, le vin rouge , et meme ce fruit : pomegrate

    Des etudes scientifiques sont mises en place, pas par des firmes pharma, mais des agro alimentaires…En plus le consommateur paie de sa poche, pas d effet secondaire, un marche juteux….

  2. endormi dit :

    Enfin une bonne nouvelle espérons que tout fonctionne et que les recherches progressent rapidement.

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