VIH/SIDA CROI 2009 : les hauts et les bas des médicaments.

Pas de grande nouveauté au rayon médicaments cette année à la CROI, mais quelques bonnes nouvelles et des moins bonnes aussi.
 
Les bonnes nouvelles concernent les travaux de recherche sur des produits capables de renforcer l’action des médicaments antirétroviraux. On dit, dans le jargon des sidologues « booster » les traitements.
 
Certaines des drogues actuellement utilisées voient, en effet, leur action très diminuée en raison de mécanismes biologiques particuliers, liés à l’action du cytochrome P450.Cette protéine est une enzyme qui, selon son degré d’activation, réduit l’efficacité de certains médicaments. C’est le cas pour une famille bien précise de molécules anti VIH, les inhibiteurs de protéases (IP).
 
Actuellement, pour permettre  aux IP de mieux fonctionner, on leur associe du ritonavir.
 
Le problème c’est que le ritonavir est lui-même un antirétroviral, ce qui ajoute une certaine lourdeur au traitement puisque cet inhibiteur de protéase n’est pas toujours bien toléré sur le plan digestif. D’autre part, il augmente le taux des triglycérides dans le sang.
 
 
Mais deux nouveaux médicaments capables de bloquer les effets du cytochrome P450 et d’amplifier ainsi les taux d’inhibiteurs de protéases frappent à la porte.
 
Le premier est le GS-9530 mis au point par Gilady. Ce produit n’a aucune action sur le virus VIH, mais, en revanche, par son action sur le fameux cytochrome, il permet aux médicaments antirétroviraux d’être présents dans l’organisme, 24 heures après son administration à des taux quasiment dix fois supérieurs à ceux obtenus sans boosteur.
 
Le produit n’a pas, contrairement au ritonavir, d’action défavorable sur les lipides et le métabolisme glucidique.
 
Les premiers essais ont également permis au GS 9530 d’être inclus dans un composé comprenant trois autres médicaments antirétroviraux.
 
Les évaluations vont donc se poursuivre pour ce produit comme pour l’un de ses concurrents, le SPI 452 de Séquoia Pharmaceuticals. Ce produit n’a également aucun effet su le VIH, mais il permet d’obtenir 24 heures après administration des concentrations d’inhibiteurs de protéases 13 à 29 fois supérieures.
 
Ces deux molécules pourraient, en outre, trouver des applications dans le traitement de l’hépatite C en renforçant les effets des molécules déjà disponibles.
 
 
Il y a l’avers de la médaille, il faut bien qu’l y ait le revers. C’est le risque d’infarctus du myocarde lié à certains traitements qui a apporté la note un peu péjorative.
 
On sait que, notamment lors de l’utilisation prolongée d’IP il existe un risqua d’infarctus. C’est un effet cumulatif des divers désordres engendrés par cette famille thérapeutique qui aboutit à la crise cardiaque.
 
Mais pour l’abacavir, l’histoire est tout autre. L’abacavir est un inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse, une enzyme essentielle du virus qui lui permet de traduire son programme génétique dans la langue de la cellule pour mieux la parasiter.
 
L’abacavir peut être à l’origine d’infarctus du myocarde dans les premiers mois de son utilisation.C’est ce qu’a montré une étude française conduite par Dominique Costagliola, une épidémiologiste spécialisée dans les études sur le VIH.
 
Il ne s’agit donc pas d’un effet cumulatif. Des pistes se dessinent qui laissent à penser que le produit ou l’un de ses métabolites déclenche une forme de toxicité aigue sur las composants de la paroi des vaisseaux sanguins. Mais on n’en sait pas beaucoup plus pour l’instant.
 
Cet effet précoce, dans les tous premiers mois suivant l’introduction du médicament  mérite d’être surveillé.
A contrario, ceux qui sont traités de puis de très long mois, voire des années, ne risquent apparemment plus rien.
 
Pour finir, une- presque-  bonne nouvelle ! La rosiglitazone, médicament utilisée pour traiter les diabétiques de type II a permis de corriger les lipodystrophies survenant lors de l’usage de certains médicaments.
 
L’utilisation des antirétroviraux peut, en effet, s’accompagner d’une modification de la répartition des graisses dans le corps humain. Il se crée même de véritables « trous » sur les cuisses ou les joues.
 
Hormis l’aspect esthétique, ces anomalies se traduisent aussi au plan biologique avec des taux de triglycérides et de cholestérol qui s’élèvent avec les risques acrdiovasculaires mentionnés plus haut et des risques pancréatiques plus rares liés aux triglycérides.
 
La rosiglitazone pourrait donc être utile. mais il ne faut pas oublier que ce médicament est aussi connu pour avoir des effets cardiovasculaires parfois néfastes, notamment en majorant le risque d’insuffisance cardiaque.
 
Rien n’est vraiment simple, donc !
 
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à VIH/SIDA CROI 2009 : les hauts et les bas des médicaments.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A GEORGES :

     

    Non , ce n’est pas simple. Mais ici, au vu des tonnes de travaux, on sent que les choses bougent. les voies de traitement évoluent et l’identification d’effets secondaires est une chose importante. On peut imaginer avoir les instruments pour les identifier en amont.

    Ne baissez pas les bras !

  2. georges dit :

    Bonjour!
    C’est pas facile comme vous l’affirmer! alors les éspoirs s’amenuisent davantage pour nous qui sommes porteurs de ces etres. Le bout du tunnel n’est peut etre pas pour demain! C’est dur…

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