Cancer du col de l’uterus : le vaccin contre le HPV n’est pas la panacée.

La santé publique n’est pas une affaire de marketing uniquement. Certains laboratoires semblent l’oublier en diffusant des informations dont la rigueur laisse à désirer. Apparemment sans choquer les pouvoirs publics.
 
En fin de semaine dernière un certain nombre de quotidiens régionaux comportaient, sur une page entière, un encart publicitaire pour un vaccin qui « protège du cancer du col de l’utérus ».
 
L’encart n’est pas signé mais on comprend d’où il vient quand il précise que sur les deux produits existants, seul l’un a reçu l’agrément des pouvoirs publics.
 
Ce message  est diffusé  sous un aspect qui peut laisser croire au lecteur qu’il s’agit d’un article et non d’une publicité.
 
Mais ce n’est pas ce qui est le plus dérangeant. C’est la teneur du message qui est problématique.
 
Car ce vaccin ne protège pas contre le cancer du col de l’utérus mais contre quatre virus, des papillomavirus ou HPV, qui sont impliqués dans 70 % des cancers du col de l’utérus.
 
Ce n’est donc pas la même chose.
 
Il existe une multitude de virus HPV. Leur rôle dans la genèse des cancers du col utérin ont valu le prix Nobel de médecine 2008 à Harald zur Hausen.
 
Les lésions du col utérin, ou lésions cervicales, liées au virus HPV régressent spontanément dans 90 % des cas mais elles peuvent aussi évoluer vers la cancérisation.
 
C’est dire et répéter le rôle fondamental du dépistage par frottis qui doit être fait dans l’année qui suit le premier rapport sexuel, puis un an après et si ce frottis est normal, tous les trois ans ensuite.
 
Malheureusement, faute de programme national, trop de femmes ne bénéficient pas de ce dépistage de façon régulière.
 
Quand on regarde le nombre total de dépistages faits en France, il est théoriquement suffisant pour couvrir la population féminine concernée. Mais, en réalité, certaines femmes ont des frottis trop rapprochés alors que d’autres n’en ont pas assez souvent ou pas du tout.
 
 Plusieurs centaines de décès pourraient être évités si ces dépistages étaient faits correctement.
 
Les campagnes publicitaires concernant le vaccin HPV ont laissé au second plan les messages sur le dépistage. Or ces vaccins ne sont pas efficaces s’il existe déjà une contamination des cellules cervicales par le HPV et diverses études montrent que le vaccin est efficace chez des adolescentes n’ayant pas encore eu de rapports sexuels, mais plus du tout chez des jeunes femmes plus âgées.
 
Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine le 21 août 2008 indique que la vaccination, pour être efficace, devrait concerner  toutes les filles de 12 ans et ne pas concerner les femmes de 21 ans et plus. Ce modèle implique que la vaccination confère une immunité à vie
 
Or, comme le fait remarquer Charlotte Haug dans un éditorial publié dans le même numéro du NEJM, il y a énormément d’inconnues concernant ce vaccin et ce n’est pas avant des décades qu’on pourra avoir des certitudes sur son efficacité.
 
C’est la raison pour laquelle on peut espérer qu’après avoir pris assez rapidement la décision de prendre en charge les quelques 450 euros de ce vaccin, les pouvoirs publics vont consacrer également des ressources à développer le dépistage des lésions du col utérin par le dépistage.
 
Un dépistage par frottis que les médecins de famille peuvent parfaitement faire.
 
 

Références des articles en accès gratuit:

 
Jane J. Kim, Ph.D., and Sue J. Goldie, M.D., M.P.H.
 
 
Charlotte J. Haug, M.D., Ph.D.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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5 réponses à Cancer du col de l’uterus : le vaccin contre le HPV n’est pas la panacée.

  1. Sylviane dit :

    Bonjour,

    Je vous indique, sans que vous ayez à me contacter ;)), l’endroit où vous trouverez les sources.

    MGFRANC reprend ce qui est dit sur le blog Pharmacritique, malheureusement sans le nommer. Alors même qu’il y poste très souvent. (Ce n’est pas mon blog, je donne l’URL au cas où les liens ne s’ouvriraient pas).
    pharmacritique.20minutes-…

    On rencontre souvent sur le web cette méthode douteuse qui permet à certains de se mettre en avant et d’élargir leur carnet d’adresses. Sur le dos de ceux qui ont pris le temps de chercher, de lire, de traduire, de poster.
    Dommage.

    Il y a près de 60 articles sur le Gardasil et le Cervarix sur le blog Pharmacritique, où sont concentrées la plupart des informations indépendantes sur le Gardasil. Il ne s’agit pas de charabia antivaccinaliste, mais de critiques rationnelles issues de références médicales sérieuses et sourcées. Très souvent, ce sont des traductions de textes médicaux, par exemple d’Arznei-Telegramm, dont on peut se demander si MGFRANC avait jamais eu connaissance avant de lire son nom sur ce blog.

    On peut lire les articles à partir des catégories listées par ordre alphabétique à la gauche de la page:

    « Gardasil : critiques et controverses à l?étranger »
    pharmacritique.20minutes-…

    « Gardasil divers : fréquence, co-facteurs, taux? »
    pharmacritique.20minutes-…

    « Gardasil, Cervarix : conflits d?intérêts »
    pharmacritique.20minutes-…

    « Cervarix »
    pharmacritique.20minutes-…

    Cordialement,
    Sylviane

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A AZUR :

    La protection n’est, théoriquement conférée qu’après tous les rappels.

    mais ce vaccin ne protège que contre 4 HPV, certes les plus fréquents, mais ce n’est pas du 100 %

  3. azur735 dit :

    Bonjour , je voudrais savoir , si après la première injection et avant les rappels , est-il dangereux d’avoir des rapports ?
    Cela peut t-il avoir un impact sur l’efficacité du traitement en cours ?

  4. JD Flaysakier dit :

    REPONSE A MGFRANC :

    ëtre minoritaire a parfois du bon ! je suis effaré par le matraquage concernant ce vaccin sans qu’on sache vraiment où on va. le drame c’est qu’il serait bien plusutile comme vous le dites, dans les pays du Tiers Monde. mais une dose de vaccin c’est un mois et demi de salire pour nombre de femmes de ces pays !

    Quant au dépistage , entre les médecins qui ne tiennent aucun compte des recommandations de la Haute autorité de santé et qui font des frottis à tous bouts de champ et le corporaisme de certaines spécialités qui pensent qu’il n’y a que ses membres qui sachent manier la spatule d’Ayre ou l’écouvillon, ce n’est pas demain qu’il aura sa pleine efficacité chez nous.

  5. MGFRANC dit :

    cher confrère je lis ton article avec intérêt, car dans ce concert de louanges concernant ce vaccin GARDASIL, tu es l’une des rares notes discordantes de la blogosphère.
    Le pourcentage de femmes ayant été touchées par ces deux souches de virus d’après une étude aux USA n’est que de 2,3%!!! c’est dire si ce virus est peu répandu dans les pyas riches.
    Si tu lis plus attentivement les résultats de FUTURE 1 et 2 tu noteras que la diminution des dysplasie toute confondue n’est que de 17%, c’est quand même ce qui nous intéresse, mais bien pire si on sépare les dysplasie moyennes CIN2 des dysplasie sévères CIN 3, il n’y a pas différence significative pour ces dysplasies de haut grade, celles qui nous intéressent…
    Par ailleurs plusieurs pays reste très vigilants quant à ce vaccin, comme l’Autriche où après le décès d’une gamine il a été décider de suspendre le programme, la Belgique également et surtout l’Allemagne où la contestation est majeure.
    La revue prescrire est assez dubitative et malgré un avis à peine favorable invite à la prudence.
    La revue Arznei-telegramm, la meilleure revue Européenne concernant la critique est formellement opposée à ce vaccin pour les raisons indiquée plus haut.
    Les labos savent qu’ils jouent la montre, un marché de plusieurs millliards d’euro annuel dans le monde occidental, car ce vaccin serait utile aux pays pauvres où les souches HPV 16 et 18 sont très répandues, ce qui n’est pas le cas en France…
    Comme leader d’opinion je t’invite à reconsidérer ta position, comme toi j’ai été matraqué par la campagne publicitaire honteuse payée par les labos pour nous influencer, et par les données incomplète distillées par ces même labos.
    Comme tu le fais remarquer le dépistage reste indispensable et en ces temps de disette l’argent serait mieux utiliser à dépister les femmes qui ne sont pas suivies.
    N’hésite pas à me contacter je peux te citer les sources.
    Petite donnée à savoir, le cancer du col n’est que la 8ème cause de cancer en France et la 13ème cause mortalité chez la femme en France, et cela avant tout grâce au dépistage

     

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