HIV/SIDA : Journée mondiale, les femmes et les enfants d’abord.

En cette Journée mondiale contre le sida et au moment où Carla Bruni-Sarkozy choisit de s’investir dans une mission humanitaire, il n’est pas inutile de rappeler certains faits. L’épidémie qui frappe les femmes et leurs enfants continue faute de réels moyens pour la juguler.
 
Ann Veneman, qui est la directrice de l’Unicef le dit simplement : «  Sans traitement approprié, la moitié des enfants porteurs du virus VIH mourront avant d’atteindre l’âge de deux ans ».
 
Cette terrible réalité est d’autant plus insupportable que tout montre que des enfants africains pris correctement en charge répondent aussi bien aux traitements que des enfants nés dans nos pays.
 
Ainsi un travail comparant la situation de 582 enfants répartis dans 54 hôpitaux en Grande-Bretagne et Irlande d’un côté et celle de 876 enfants d’un seul hôpital, Mulago en Ouganda a mis en évidence un retard de deux ans dans la prise en charge des enfants ougandais par rapport aux enfants britanniques.
 
 
 
Un retard d’autant plus préjudiciable qu’on s’aperçoit que ces enfants répondent très bien au traitement et arrivent à abaisser de façon satisfaisante la quantité de virus présents dans leur sang. Mais ils récupèrent moins bien en poids et taille, probablement en raison de facteurs nutritionnels.
 
Mais voilà, à peine dix pour cent des enfants nés de mères porteuses du virus VIH sont testés avant leur deuxième mois de vie. Difficile alors de débuter un traitement dans les trois premiers mois de la vie.
 
Même si les choses vont un peu mieux, puisqu’actuellement 30 pays pauvres pratiquent des dépistages sur des nourrissons contre 17 il y a seulement 3 ans, on est encore loin de voir ces politiques se généraliser.
 
Pour les femmes enceintes séropositives au VIH la situation est loin d’être simple également.
En 2007, les femmes des pays les plus défavorisés, en particulier en Afrique sub-saharienne, 18 % des femmes enceintes avaient bénéficié d’un test de dépistage.
 
Or, savoir si une femme enceinte est porteuse du virus permet de mettre en place un traitement destiné à limiter le risque de transmission du virus de la mère à l’enfant. Ce risque est maximal lors de l’accouchement lorsque l’enfant va emprunter ce qu’on appelle la filière génitale.
 
L’autre difficulté, lorsque l’enfant est né, c’est de savoir si on demande à la mère d’allaiter ou  passer à l’allaitement artificiel, à base de lait en poudre.
 
On sait que l’allaitement par une femme séropositive va générer un risque cumulé de transmission du virus à l’enfant de 15 %.
 
D’un autre côté ne pas allaiter c’est p, pour la mère, l’assurance d’être stigmatisée, comme « marquée au fer rouge » avec le risque d’être rejetée par son mari et sa famille.
 
L’allaitement artificiel pose aussi la question de l’apport de l’eau pour mélanger la poudre. Une eau potable et saine, ce qui n’est pas un mince défi dans de nombreux pays pauvres.
 
Le risque de voir alors les enfants mourir de diarrhée est colossal, bien supérieur au risque de voir l’enfant contaminé par le virus maternel.
 
Mettre donc en place une politique d’allaitement artificiel doit donc tenir compte de réalités sociales, culturelles, sanitaires et médicales. Car l’allaitement fournit à l’enfant des anticorps contre nombre d’infections qui font des morts par millions en Afrique et dans les pays pauvres.
 
Et il faut ajouter à cela la réalité du terrain, c’est-à-dire, les difficultés logistiques, les distances parcourues à pied par les femmes enceintes, souvent des heures de marche avant d’atteindre un centre de santé.
 
Sans oublier celles et ceux qui gagnent bien leur vie grâce à l’épidémie. Car la corruption se fait aussi sur le dos des malades et souvent à des échelons très élevés et avec l’aide de personnages pas toujours très « nets » venus des pays occidentaux.
 
Certaines  pseudo « ONG », parfois fortes d’un minimum de membres, savent bien exploiter le filon, surtout quand elles sont présidées par des dignitaires locaux aidés par des affairistes occidentaux.
 
Carla Bruni-Sarkozy va donc entreprendre une mission bien compliquée. Les bonnes intentions et la « real politik » vont souvent se croiser.
 
On ne peut que lui souhaiter bonne chance, car des millions de femmes et d’enfants ont vraiment besoin qu’on prenne soin d’eux.

TELECHARGER LE RAPPORT DES AGENCES DE L’ONU  » Children and AIDS »

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à HIV/SIDA : Journée mondiale, les femmes et les enfants d’abord.

  1. JD Flaysakier : dit :

    REPONSE :

    Dans une rédaction il y a une hiérarchie avec des rédacteurs en chef . Il y a un journal avec une lmultitude de sujets et chaque service propose ses idées. Mais nous ne sommes pas en libre-service !

     

    Je suis heureux que les sujets que nous avons diffusés vous aient semblé conformes à l’image que vous souhaitez.

     

  2. hugo dit :

    Bonjour,

    Vous dites « Nous essayons de le faire et quand nos hierarchies se laissent convaincre ». En effet, si c’est la hiérarchie qui valide les reportages, ça craint. Cette hiérarchie ne peut elle pas laisser faire les médecins comme vous? France 5: reportage dans l’émission de santé: encore des séropos filmés dans le noir ( y a t il vraiment une volonté médiatique du sensationnel?). Cela ne va pas encore rassurer la population….Le reportage de FRANCE 2 la semaine passée montrait des séropos normaux et souriant: c’était le progrès de l’année.
    Merci en tout cas pour votre blog.

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

     

    Je ne sais pas ce qui a été fait ailleurs que sur nos JT.

    tant mieux si on sort des clichés.

    Nous essayons de le faire et quand nos hierarchies se laissent convaincre, on sort effectivement du monsieur aux 40 pilules.

    Demain à 13 heures nous traiterons de la trithérapie d’urgence, par exemple, même si le 1er décembre est passé.

  4. hugo dit :

    A noter que les reportages Télés sur le SIDA (1er déc) cette année ont été convenables et instructifs. Cela change de l’année passée où l’on montrait des seropos français dans l’ombre avec 40 pilules/ jour ( une vraie connerie!). Espérons que ça dure…Je connais 5 séropos autour de moi: tous en pleine forme et sans effets secondaires, avec maximum 3 pilules .Il y a eut un reportage la semaine passé sur F2 je crois assez bon.Y aurait il un tournant médiatique sur le SIDA? Il serait temps d’arrêter de faire PEUR si on veut lutter contre la discrimination des seropos.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.