Cancer du poumon : un traitement oral améliore la qualité de vie dans les formes avancées.

Le cancer du poumon reste une redoutable maladie. Les progrès thérapeutiques ne sont pas spectaculaires mais une nouvelle étude montre que la qualité de vie des patients peu être améliorée, ce qui est une réelle avancée.
 
Cette étude internationale, baptisée INTEREST, a été  menée dans 149 centres médicaux de 24 pays. Elle  a concerné 1733 patients.
 
Tous étaient atteints d’un cancer broncho-pulmonaire dit « non à petites cellules » ou CBPNPC, le plus fréquent de ces types de tumeurs.
Ils avaient reçu une première série de chimiothérapie à base de médicaments de référence à base de platine.
 
La maladie ayant avancé soit sous forme d’une reprise locale, soit sous forme de métastases, les patients ont été divisés en deux groupes. Le premier groupe de 710 patients a reçu une chimiothérapie à base de docetaxel, le traitement de référence de deuxième ligne, c’est-à-dire après échec de la première chimiothérapie.
 
Le second groupe a reçu du gefitinib. Ce médicament, contrairement au docetaxel, se prend sous la forme de comprimés, à domicile. Il appartient à la famille des thérapies ciblées. Il agit sur un récepteur, EGFR, qui est présent en excès à la surface des cellules cancéreuses.
 
En bloquant ce récepteur, le gefitinib bloque une séquence « catastrophe » commandée par ce récepteur qui aboutit à une prolifération des cellules cancéreuses.
 
L’effet du gefitinib s’est avéré semblable à celui du produit de référence, le docetaxel.
La survie globale des patients, en particulier, a été comparable dans les deux groupes.
 
Mais c’est en termes d’effets secondaires et en particulier d’effets secondaires sévères que le gefitinib s’est montré mieux toléré que le docetaxel.
 
Il a, certes, causé des atteintes cutanées avec des rashes, forme de démangeaisons, des poussées d’acné et des diarrhées.
 
Mais le docetaxel a provoqué des chutes du nombre de globules blancs, ce qu’on appelle une neutropénie, qui comportent des risques infectieux importants. La fatigue était aussi beaucoup plus sévère avec le docetaxel. Enfin le produit était impliqué dans des cas d’alopécie, c’est-à-dire de chutes de cheveux.
 
Sur trois indices chargés de mesurer la qualité de vie, le gefitinib a été supérieur à chaque fois au docetaxel.
 
Cette étude ne montre hélas pas de différence, nous l’avons dit, en termes de survie globale.
Mais elle montre qu’on peut recourir à un médicament par voie orale aussi efficace qu’un médicament administré par perfusion, avec des effets secondaires a priori moins sévères.
 
Dans ce genre de maladie avancée, alors qu’on n’a pas encore de molécule capable de faire la différence, il est important de pouvoir offrir une qualité de vie supérieure à ce qui existe à défaut d’offrir de la quantité de vie.
 
 
Référence de l’étude :
 
Edward S. Kim et al
 
Gefitinib versus docetaxel in previously treated non-small-cell lung cancer (INTEREST): a randomized phase III trial.
 
Lancet 2008; 372: 1809-1818
 
Voir aussi le commentaire :
 
Michael Cullen, Nicholas Thatcher
 
Gefitinib or docetaxel in advanced non-small-cell- lung cancer.
 
Lancet 2008; 372: 1785-1786
 
 
Note finale : l’étude a été fiancée par Astra-Zeneca qui commercialise le gefitinib ( Iressa®)
 
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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