Generiques : le cinema continue.

C’est reparti pour un tour ! L’efficacité des génériques est mise en cause par certains médecins. Seul problème : ils n’ont aucune preuve scientifique à avancer, juste des impressions.
 
La France est bien une terre d’exceptions, culturelle mais aussi médicale.
Ainsi, nous sommes le seul pays à remettre en cause de façon permanente l’efficacité des médicaments génériques.
 
Rappelons que ces médicaments sont les copies conformes de molécules originales dont le brevet est tombé dans le domaine public, vingt ans après son obtention par une firme pharmaceutique.
 
La molécule copiée doit être « bioéquivalence » c’est-à-dire avoir des caractéristiques pharmacologiques qui se situent dans un écart de plus ou moins 20 %.
 
Mais cette bioéquivalence on la retrouve aussi avec des médicaments de marque en fonction du lieu où ils ont été produits.
 
Ce’ qui change entre le médicament de marque, dit « princeps » et le générique, ce sont les substances qui entourent le principe actif, les excipients.
 
C’est par exemple le parfum d’un sirop antibiotique qui pourra être différent.
 
Mais il y a aussi la couleur de la boite ou le type d’impression du nom. Car l’industrie pharmaceutique brevète tout ce qui peut l’être, histoire de bloquer les génériqueurs.
 
Au bout du compte, c’est le patient qui sera désorienté et gêné, surtout les personnes âgées qui ne reconnaissent plus ni le nom, ni la couleur, ni la forme ni la boite de médicaments.
 
Cela joue-t-il sur l’efficacité du médicament ? A priori non, il n’y a aucune raison qu’il en soit ainsi.
Mais, évidemment, la désorientation provoquée par tous les changements peut gêner l’observance du traitement.
 
Ajoutez à cela l’aspect psychologique qui entoure tout ce qui est médicament et il n’en faut pas plus pour que certains patients estiment être moins bien soignés par ces copies.
 
Aucune étude n’a prouvé à ce jour une efficacité moindre des génériques, mais cela n’empêche pas plusieurs médecins de relayer cette impression des patients, une fois encore sans la documenter.
 
Ces médecins s’expriment dans le numéro du quotidien la Croix du 21 novembre, mais, redisons-le, ils n’ont aucune étude ou information validée à fournir, juste des retours de consultations.
 
Cette montée au créneau des cardiologues contre les médicaments génériques est une nouveauté. Il y avait eu, il y a quelques mois, une action des neurologues mettant en cause les copies d’antiépileptiques.
 
Une enquête de l’Agence des produits de santé, l’AFSSAPS, n’avait trouvé aucun élément allant dans le sens des neurologues. Mais, face à des pathologies comme l’épilepsie, pas faciles à contrôler, l’Agence avait indiqué aux médecins qu’ils pouvaient demander aux pharmaciens de ne pas procéder à la substitution et délivrer le médicament princeps.
 
Le générique est encore balbutiant en France, où il représente 11 % du marché du médicament.
 
En Allemagne et en Angleterre, c’est 50 %. Aux Etats-Unis, dans certaines indications c’est 70 % des délivrances. Et quand on connait la facilité des procédures américaines, on imagine que si ces médicaments étaient inefficaces, ils seraient déjà sortis du marché.
 
Mais il faut croire que la France est définitivement une terre d’exception et que notre métabolisme national ne s’accommode que de produits de marque.
 
C’est sans doute la meilleure explication
Car ceux qui voient, derrière un certain nombre de ces campagnes la main de groupes industriels fâchés par l’arrivée des génériques ont un très mauvais esprit.

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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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4 réponses à Generiques : le cinema continue.

  1. de Toffol dit :

    Je découvre aujourd’hui ce blog, très bien réalisé, avec des billets d’humeur authentiques et des informations scientifiques irréprochables. Un mot sur les génériques des antiépileptiques maintenant que les passions sont un peu retombées. La première étape me semble avoir été les remontées des neurologues de tous les pays, y compris des Américains qui ont pris une position ferme via l’AAN sur un certain nombre de problèmes d’efficacité et de tolérance. Les neurologues français ont été interrogés par le Dr Arnaud Biraben et la Ligue Française contre l’Epilepsie dont j’étais à l’époque le président et les résultats ont été publiés dans la Revue Neurologique. En résumé: les neurologues avaient des problèmes avec les génériques dans l’épilepsie. Deuxième étape: comprendre pourquoi. Il est frappant de voir que deux types de données seulement ont été examinées: d’une part les données pharmacocinétiques, pour mesurer un éventuel écart entre les concentrations (pour faire simple) entre princeps et génériques et d’autre part les facteurs « psychologiques ». En gros, on s’est aperçu que les études pharmacocinétiques portaient surtout sur des volontaires sains avec des effectifs faibles mais il n’a pas été possible (sauf peut-être avec la carbamazépine ou la phénytoïne dans quelques travaux) de trouver des différences consistantes et systématiques rendant compte d’un effet délétère des génériques « expliqué scientifiquement ». Ensuite, les facteurs psychologiques: effet nocebo, anxiété, conditionnement différent des molécules etc. Ce genre d’approche a l’inconvénient de ne rien pouvoir démontrer, surtout si l’on admet que des mécanismes inconscients sont sollicités. Pourtant, la dimension symbolique du médicament, le reflet global de la relation intersubjective qu’il représente, le témoignage d’une certaine dimension médicalisée de la maladie que comporte sa prescription, bref, des facteurs qui ne sauraient se ranger simplement derrière la psychologie du sujet malade méritent d’être considérés, à condition de ne pas réduire le médicament à une seule molécule active et de ne pas considérer le sujet comme un simple objet d’action pharmacologique pouvant être anxieux. Les épilepsies sont des affections singulières, ne serait-ce que parce que la menace d’une crise est permanente mais sa survenue aléatoire et l’humilité épistémologique reste de mise. Aujourd’hui, la plupart des neurologues inscrivent la mention « non substituable » quand ils prescrivent un princeps dans l’épilepsie. C’est une constatation, permise avec bon sens par l’AFSSAPS, qu’il faut créditer de cette initiative. Elle « s’explique » mal, c’est vrai, mais elle évite bien des problèmes. L’être humain conserve une spécificité ontologique qu’il faut accepter comme telle. Ne pas réussir à expliquer un phénomène ne doit pas nécessairement conduire à le disqualifier.
    Dr B de Toffol

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

    I do agree with you about the pricing system. In Germany they use a medain price and evrey company may adjust around that price.

    But attacking generics the way it is done in France is somewhat strange. France has lon been trailing in the generic market and nevertheless it has not been on the top list of innovative countries regarding new molecules.

     

    Pour les non-anglophones, je réponds à ce lecteur que c’est vrai qu’un systême de prix plus juste aurait sans doute rendu les génériques moins necessaires. mais de là à accuser les génériques de tous les mots, il y a un pas.

    Pendant longtemps la France a été un marché sans génériques et ce n’est pas ^pour cela quie notre pays a brillé en matière de mise sur le marché de molécules innovantes.

  3. Dr Gonzo dit :

    It’s a very complicated affair! It depends a lot on the molecule, for some, a 20% difference in « exposure » is sufficient to decrease its efficacity and this often comes about by the use of an excipient not well adapted to the molecule and sometimes not even tested in vivo, only by pharmacologic simulation. Large Pharma companies are not « angels » and very unfortunately have shareholders, but, and already we have seen this before the current financial crisis, there has been a significant decrease in investment in research by drug companies due in part to generics, which is the major factor in the advancements made in therapeutics! The long term solution is not generics, but a transparent re-structuring of Drug Company policy with regards to « fair profits » and their redistribution!!

  4. hugo dit :

    J’ai l’impression que les génériques mettent en lumière un FAIT déjà observé. Il me semble que certains médecins rapportent que les génériques seraient moins efficaces..Sans doute parce que certains patients en témoignent. Mais alors l’ effet PLACEBO serait bien réel et de ce fait l’effet psychique est primordial. Si vius avez une maladie et que vous y pensez tout le temps avec des pensées négatives…vous êtes foutus. En revanche, le fait de se sentir en pleine santé est primordial. Il est clair que plein de gens ne croient pas aux génériques car ce n’est pas une MARQUE. Et pourtant, à l’hôpital on ne sait pas quel nom de médoc on nous donne et ça marche. Un peu d’éducation ne serat pas un luxe. Personnellement je suis un adepte de la bonne nourriture et des médecines alternatives. Mais si cela ne fonctionne pas, je n’hésiterai pas à passer à la chimie officielle. On ne peut se passer de l’allopathie ! Mais pourtant dans certaines maladies ( même graves) il y a des choses alternatives qui fonctionnent très bien. Attention je ne parle pas de choses légères ou d’horribles sectes mais de médecines alternatives souvent mises en places par de vrais médecins qui appliquent"une médecine dissidente".Bref, je ne vois pas pourquoi les génériques seraient moins efficaces que les originaux. Mais encore une question de FRIC.

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