NOBEL : on a oublié quelqu’un

Le feuilleton Nobel continue. Avec cette fois un oublié français.
 
L’omission du nom de Robert Gallo dans la liste des récipiendaires du Nobel de médecine 2008 a été diversement commentée.
Je rappelle simplement que Gallo était le virologiste de référence à l’époque où l’équipe de Pasteur isole son virus et que c’est tout naturellement qu’elle l’envoie chez Gallo pour confirmer sa découverte.
 
Mais depuis aujourd’hui s’est créé un comité pour faire adjoindre le nom de Jean Claude Chermann aux deux lauréats français.
 
Ce combat n’a aucune chance d’aboutir car le prix Nobel ne peut être attribué au maximum qu’à trois lauréats et les trois noms sont déjà connus.
 
Jean-Claude Chermann était chef du laboratoire où se sont faits les travaux de recherche et il est le deuxième signataire de l’article envoyé à la revue Science. C’est cet article, publié le 20 mai 1983, qui annonce la découverte de ce nouveau virus.
 
Signer en deuxième un article est une place très importante et signifie qu’on a collaboré effectivement au travail.
 
On peut donc se demander si l’omission du jury Nobel n’est pas une injustice.
 
Jean-Claude Chermann est parti travailler à Marseille après l’Institut Pasteur. Il a défrayé la chronique à plusieurs reprises avec des annonces un peu à l’emporte-pièce. 
Il a proclamé qu’avec un financement de 2 millions de francs de l’époque, soit 305000 euros, il découvrirait le vaccin contre le virus du sida. Il dirige à présent une société, URRMA R&D, qui travaille sur des prototypes de vaccins dont la mise sur le marché est escomptée, selon les financiers de son groupe, au plus tôt dans dix ans.
 
 Plutôt optimistes ces professionnels, car on sait aujourd’hui que, malgré des centaines de millions d’euros déjà engloutis, le vaccin n’est pas pour demain mais peut-être pour dans vingt ans.
 
Ces erreurs de communication, ces paris manqués n’enlèvent rien au fait que Jean-Claude Chermann a joué un rôle important dans la découverte du virus et qu’il ne serait pas indigne de l’associer à Françoise Barré-Sinoussi et à leur directeur de laboratoire de l’époque, Luc Montagnier.
 

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à NOBEL : on a oublié quelqu’un

  1. JD FLAYSAKIER dit :

    REPONSE :

     

    Merci de l’info.

    J’ai constaté en effet que deux billets au moins ont été pillés ainsi.

    Le service juridique de FranceTélévisions s’occupe de l’affaire.

    Le site en question me semble bien « spécial » quand on voit les CV(?) des « journalistes »

  2. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

     

    Et aucun des deux n’a un fils journaliste pour populariser leur cause !

  3. Sophie Coisne dit :

    Depuis qu’Alfred Nobel a stipulé que le Prix ne pouvait être attribué à plus de trois personnes, le drame du « quatrième homme » ne cesse de se renouveler. Souvenons-nous de Jocelyn Bell qui, en astrophysique, découvrit le premier pulsar et vit son directeur de thèse nobellisé, seul, pour cette découverte ! Chermann a été oublié, mais aussi Rozenbaum et Gallo si on veut.

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