Bien vieillir : les « quinquas » qui courent sont requinqués.

Etre coureur à la cinquantaine n’est pas un défaut, bien au contraire. C’est même un gage de longue vie, si l’on en croit une étude américaine publiée lundi.

Si les bienfaits d’un exercice modéré, comme trente minutes de marche quotidienne, ne sont plus discutés actuellement, on peut se demander si des efforts plus intensifs génèrent quelque bénéfice.

Pour en avoir le cœur net, des rhumatologues de l’université de Stanford, en Californie, ont suivi pendant vingt et un ans des personnes âgées de cinquante ans et plus.

Ces volontaires qui répondaient régulièrement à des questionnaires par écrit étaient divisés en deux groupes « coureurs » et « non coureurs ».

Les « non coureurs » étaient des volontaires en bonne santé dont les caractéristiques d’âge, d’éducation et d’habitat étaient similaires à ceux du groupe « coureurs ».

Outre les habitudes d’exercice, le questionnaire comportait des informations sur le degré de handicap de chaque participant. Cet indice, appelé HAQ-DI (health assessment questionnaire disability index), était coté de 0 (aucune gène) à 3 (impossible de faire quoi que ce soit).

Au total, au bout des 21 ans, le suivi a concerné 284 coureurs et 156 sujets contrôles. Les hommes représentaient 81 % des sujets « coureurs » et 56 % des sujets contrôles.

A fin 2003, 15 % des sujets du groupe « coureurs » étaient décédés et 34 % de ceux de l’autre groupe. Ce sont les causes cardiovasculaires qui ont frappé deux fois et demie plus souvent ceux qui ne couraient pas comparés aux joggers.

Le risque de mourir d’un cancer du poumon était aussi plus élevé dans le groupe contrôle. Une différence facile à comprendre car on peut légitimement imaginer que les coureurs étaient moins fumeurs, voire pas fumeurs du tout !

Quant à la gène fonctionnelle et à l’altération des capacités physiques, là encore les « coureurs » étaient encore avantagés par rapport aux autres. Pour un même niveau de gène fonctionnelle, le pourcentage de coureurs était inférieur à celui des sujets contrôles. 34 % exactement.

Il semble donc que pratiquer une activité physique de façon assez vigoureuse même après cinquante ans puisse avoir des effets bénéfiques.

MAIS ATTENTION :si on n’a jamais fait de sport de façon intensive, il est hors de question de se jeter à corps perdu dans ces exercices une fois la cinquantaine venue sans, au préalable, avoir discuté avec son médecin de famille et avec un cardiologue pour faire les bilans absolument indispensables avant de chausser les baskets.

Et pour celles et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas courir, marcher apporte aussi bien des bénéfices. Une demi-heure de marche quotidienne à bonne allure a de nombreuses vertus ,notamment celle de réduire le risque de survenue de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Sans parler des effets sur le transit intestinal, en clair de la constipation.

Toutes précautions prises et dans une certaine mesure, avoir un conjoint quinquagénaire coureur est peut-être la meilleure façon de le garder plus longtemps !

Références de l’étude :

Eliza F. Chakravarty, MD, MS; Helen B. Hubert, PhD; Vijaya B. Lingala, PhD; James F. Fries, MD:

Reduced Disability and Mortality Among Aging Runners A 21-Year Longitudinal Study

Arch Intern Med. 2008;168(15):1638-1646

site Web : www.arcinternmed.com

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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