Cancer du poumon : un nouveau test sanguin pour mieux évaluer les traitements.

L’apparition de nouvelles molécules dans le traitement de certaines formes du cancer du poumon suscite, à juste titre, de vrais espoirs de progrès. Mais on s’aperçoit que la tumeur sait résister à ces produits et il est important de mettre en évidence ces résistances, ce qui n’est pas chose aisée.

Le plus évident c’est d’aller chercher des cellules sur les tumeurs ou les métastases. Cela suppose d’utiliser des méthodes assez agressives, d’imposer aux patients une fibroscopie bronchique qui n’est pas le plus plaisant des examens. Il faut ensuite biopsier, c’est-à-dire prélever du tissu à l’aide d’une pince, ce qui n’est pas toujours sans risque sur des tumeurs riches en vaisseaux et qui peuvent aisément saigner.

Pourtant, il est important de savoir si les traitements sont ou non efficaces. On sait que les produits utilisés actuellement vont donner de bons résultats chez un certain nombre de patients, mais n’en donner aucun chez d’autres et même s’avérer toxiques parfois. D’où la nécessité de « personnaliser » ces thérapeutiques et de ne les donner qu’à bon escient.

C’est le cas de médicaments de la famille des inhibiteurs de la tyrosine kinase, qu’on dénomme TKI. On en utilise deux, principalement, le gefitinib, le lapatinib et l’erlotinib, dans le traitement du cancer pulmonaire dit « non à petites cellules » ou CPNPC.

Ces molécules viennent bloquer un enchainement infernal que produisent les cellules cancéreuses pulmonaires. Ces cellules fabriquent en quantité exagérée une protéine appelée EGFR ou récepteur du facteur de croissance épidermique. Une partie du récepteur est à l’extérieur de la cellule, l’autre à l’intérieur.

Quand une protéine adéquate vient se lier à la partie extérieure de l’EGFR, c’est le début de la catastrophe. Une série de réactions en chaine se mettent en place, impliquant une enzyme la tyrosine-kinase. Alors tout s’emballe : la cellule cancéreuse se divise à n’en plus finir puisqu’elle devient immortelle. Tous les mécanismes de régulation sont arrêtés, notamment celui qui permet de faire se « suicider » une cellule anormale, ce qu’on appelle l’apoptose.

D’autre part, les signaux commandant la pousse de nouveaux vaisseaux sanguins sont envoyés également lors de cette cascade de réactions.

Les TKI freinent cet enchainement dramatique, mais on s’est aperçu que les résultats fluctuaient selon lsd patients et on a pu démontrer que des mutations dans la composition du récepteur expliquaient ces effets moindres, voire de vraies résistances à ces traitements. En changeant un tout petit peu son « programme génétique », la tumeur arrive à échapper à la molécule. La plus redoutable de ces mutations est baptisée T790M.

Sa présence divise l’espérance médiane de survie par deux environ.

On cherche depuis longtemps à capturer dans le sang des cellules cancéreuses afin de pouvoir les étudier sans avoir à entre prendre des examens douloureux. Mais ce n’est pas simple car il y a environ une cellule tumorale pour un milliard de cellules sanguines ! L’aiguille dans la botte de foin.

Mais, parallèlement aux progrès thérapeutiques, les méthodes de diagnostic avancent également. Une équipe du Massachussetts General Hospital, de Boston publie aujourd’hui une étude dans la revue  »New England Journal of Medicine.’)

Ces chercheurs ont réussi à mettre au point un test qui permet de multiplier quasiment par cent la capture des cellules tumorales circulant dans le sang et qu’on peut donc « capturer » grâce à une prise de sang classique. Le système est d’une extraordinaire complexité mais les résultats de ce travail sont très intéressants car ils ont permis d’analyser de façon très précise les cellules ainsi trouvées et de mettre en évidence des mutations avec beaucoup de précision. En se référant à des prélèvements tumoraux déjà stockés chez certains patients, par exemple, les auteurs ont pu vérifier la présence de mutations avec une précision atteignant 92 %.

Ils ont également constaté que lorsque des examens successifs ramenaient de moins en moins de cellules tumorales, on constatait en même temps une diminution de la taille des tumeurs sur les radiographies.

Inversement, une « récolte » abondante » signifiait une activité tumorale en progression et l’apparition fréquente de nouvelles mutations, rendant ainsi les traitements encore moins efficaces.

Comme à chaque fois, il faut répéter que cette méthode a besoin d’être confirmée et que ce n’est qu’un premier résultat.

Mais on peut espérer avoir ainsi une méthode qui permette de réduire les traumatismes et autres épreuves infligées aux patients en même temps qu’on pourrait disposer d’un instrument de suivi de l’efficacité des traitements simple à mettre en œuvre .

Références de l’étude :

Shyamala Maheswaran et al.

Detection of mutations in EGFR in circulating lung-cancer cells

accessible à partir du 2 juillet 2008 à 23 heures sur le site de la revue DOI:10.1056/NEJMoa0800668

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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4 réponses à Cancer du poumon : un nouveau test sanguin pour mieux évaluer les traitements.

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE  A ANNE MARIE :

     

    Vous avez bien raison de vous battre car les progrès se font tous les jours et c’est en gardant un moral d’acier que vous remporterez le combat.

  2. ANNE MARIE dit :

    CONTINUEZ CHER DOCTEUR A NOUS INFORME
    JE SUIS ATTEINTE D’UN CARCINOME EPIDERMOIDE A LA BRONCHE
    ET J’AI GRAND ESPOIR DE LE COMBATTRE GRÂCE A VOUS ET TOUS LES CHERCHEURS un grand merci

  3. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

    Vous avez raison.Et les fautes d’orthographe vous en avez vu  également qui m’auraient échappé?

     

  4. Pierre dit :

    Pourquoi ce répéter plus d’une foix dans ce texte
    Pas ford comme explication
    Manque beaucoup trop de données
     

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