CANCER ASCO 2008 :gorge,poumon,testicule et PET-scanner. Le chaud et le froid pour finir

C’est aujourd’hui que se termine le congrès américain de cancérologie, ASCO 2008. Voic quelques informations pour terminer ces points d’actualité.

La mauvaise nouvelle :le cancer du poumon frappe de plus en plus de non-fumeurs et en particulier les femmes. Dans certains centres, les non-fumeurs représentent même jusqu’ à 33 % des cancers opérés. Ce sont surtout les femmes asiatiques qui sont les plus concernées. Peut-être faut-il y voir une conséquence du tabagisme passif, un pays comme le Japon étant le deuxième marché mondial pour le tabac.

La bonne nouvelle c’est que le pronostic de ces cancers, des adénocarcinomes , est plutôt bon

La mauvaise nnouvelle : le nombre de cancers de la bouche et des voies digestives supérieures liés à une infection par le virus HPV (human papilloma virus) a triplé en trente ans.

Cette famille de virus est également impliquée dans un grand nombre de cancers du col de l’utérus et des lésions vénériennes appelées condylomes acuminés ou, plus prosaiquement des « crètes de coq ».

Comment un virus responsable d’infections génitales peut-il être impliqué également dans les lésions de la bouche et du pharynx ? Je vous laisse déviner.

La bonne nouvelle : ces cancers de l’oropharynx liés aux HPV répondent très bien aux traitements.

La mauvaise nouvelle : le séminome de grade 1 reste la première forme de cancer du testicule et impose toujours l’ablation de la glande, une orchidectomie.

La bonne nouvelle :il semble qu’une fois l’opération réalisée, on puisse ensuite ne faire qu’une seule et unique cure de chimiothérapie pour consolider l’intervention. Ensuite, il faut juste surveiller le patient régulièrement sans aucune autre forme de traitement.

Jusqu’à présent on a recours à des séances de radiothérapie à de nombreuses reprises avec des effets secondaires pas toujours négligeables.

Mais une étude européenne vient de montrer qu’avec une seule cure de carbocisplatine on obtenait les mêmes résultats qu’avec les rayons et qu’on réduisait même le risque de voir apparaitre une tumeur sur le deuxième testicule.

Ces résultats devront quand même être confirmés par un suivi rigoureux.

La mauvaise nouvelle : au sein même des tumeurs des cellules cancéreuse sont capables de fonctionner dans un environnement raréfié en oxygène, ce qu’on appelle une hypoxie.

Cette hypoxie les rend insensibles aux effets des radiothérapies. De plus, cet état leur permet secondairement d’appeler à la rescousse des vaisseaux sanguins qui vont leur envoyer des ramifications pour les nourrir et leur permettre d’aller coloniser d’autres organes.

La bonne nouvelle : on développe actuellement des nouveaux moyens d’imagerie capables d’aller repérer au sein d’une tumeur de quelques millimétres un groupe de cellules dont les réserves en oxygène sont basses.

Cette technnique repose sur des appareils appelés PET-scanners. Pour les utiliser, il faut injecter un produit au patient, produit dont on peut repérer la trace dans l’organisme.

Grace au PET-scanner on voit comment fonctionne tout ou partie d’un organe, comment ses cellules utilisent le sucre par exemple. Les cellules cancéreuses utilisent beaucoup de sucre pour leur fonctioinnement et on peut le voir au PET- scanner

La nouvelle génération d’imagerie utilisera des dérivés de médicaments connus pour se comporter de façon bien précise dans des milieux biologiques pauvres en oxygène.

On pourra donc, à terme, repérer ces cellules hypoxiques, les traiter soit par des médicaments, soit en les détruisant par un « tir » de rayons spécialement guidés vers la bonne cible, en épargnant les tissus sains.

En vous rendant sur le site de l’ASCO, vous pourrez consulter, en anglais, les résumés de toutes les études rapportées ici et des 4300 autres !

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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