CANCER ASCO 2008 : la chasse aux métastases.

Pas de nouvelles fracassantes, mais une confirmation. Cette année, au congrès américain de cancérologie, les traitements permettent de vraiment augmenter la qualité et la quantité de vie des patients dont les tumeurs ont métastasé.

Rien n’est plus cruel et froid que les chiffres, surtout quand ils servent à nourrir des statistiques. C’est encore plus vrai dans le domaine du cancer. Mais pas moyen de faire autrement quand on veut mesurer les effets des traitements que reçoivent les patients.

L’une de ces données est appelée la « médiane de survie ». Derrière cette appellation barbare se cache un indicateur fondamental : quand on dit par exemple que pour telle traitement la médiane est de 24 mois, cela signifie que 50 % des patients sont toujours vivant au delà de cette limite. Et plus un traitement est efficace et plus cette médiane est difficile à calculer, un excellent signe.

Cette année, à l’ASCO, le congrès américain de cancérologie, plusieurs études, sur le cancer du sein, du poumon ou du colon vont montrer des allongements de cette médiane de survie avec parfois des doublements, voire des triplements. Pourtant on est en face de cancers avancés, qui ont déjà généré des métastases dans d’autres parties du corps et qui n’ont pas bien répondu à la chimiothérapie utilisée en première intention.

La nouveauté c’est que des médicaments ciblés, issus de la biotechnologie et dont on dispose depuis quelques années, sont mieux connus et mieux utilisés, seuls ou en association soit avec d’autres médicaments innovants, soit avec des chimiothérapies traditionnelles.

Ces médicaments ciblés agissent sur un mécanisme propre de la cellule cancéreuse, sans toucher aux cellules saines. C’est le cas du trastuzumab, par exemple. Connu sous le nom commercial d’Herceptin, ce médicament est utilisé dans le cancer du sein.

Environ 20 % des femmes ayant un cancer du sein peuvent bénéficier de ce produit. Chez elles, les cellules cancéreuses ont une propension à fabriquer à des milliers d’exemplaires sur chaque cellule une protéine appelée HER-2.

A l’état normal, cette protéine reçoit des messages de l’extérieur de la cellule et va les transmettre au centre de commande cellulaire, pour régler notamment la division des cellules. Dans la cellule cancéreuse, ces ordres de prolifération sont multipliés à l’infini, un peu comme une photocopieuse qui devient folle. Résultat, au lieu de mourir, la cellule cancéreuse devient immortelle et se reproduit à des millions d’exemplaires.

Dans un nombre de cas non négligeables, le trastuzumab va pouvoir calmer cette folie et freiner considérablement la progression de la maladie.

Associé à des produits de chimiothérapie, le trastuzumab permet même d’obtenir dans certains cas une diminution de plus de 50 % de la taille des tumeurs.

Dans une autre évaluation sur quelques dizaines de patientes, le trastuzumab a été associé à un autre produit récent visant à bloquer d’autres récepteurs HER, le pertuzumab.
Cette combinaison a donné des résultats encourageants chez quelques dizaines de femmes atteintes d’une forme de cancer du sein particulièrement agressive.

Pour vérifier les attentes de cette association, une étude plus vaste, enrôlant huit cents femmes, est en cours. Elle s’appelle l’étude CLEOPATRA (CLinical Evaluation Of Pertuzumab And TRAstuzumab).

José Balsega

Pour le professeur Jose Balsega, chef du service de cancérologie de l’hôpital Vall d’Hébron à Barcelone, les choses bougent de façon étonnante. « Il y a un peu plus de dix ans » nous disait-il ce matin « une femme qui avait une surexpreszsion de la protéine HER-2 était condamnée à brève échéance » « Depuis l’arrivée de l’Herceptin , nous avons divisé par deux le risque de récidive et avec ces traitements combinés je crois que nous allons aller encore beaucoup plus loin ».

Il faudra trois à quatre ans pour connaître les résultats de cette étude.

Mais une chose est sure : le traitement du cancer est en train de faire sa révolution.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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