Hypertension /HTA: la relaxation tient parfois la dragée haute aux médicaments

Se relaxer et, en même temps, relaxer ses artères c’est possible et bénéfique dans certaines formes d’hypertension. Plus efficace même que les conseils d’hygiène de vie si on en croit une étude américaine récente.

L’hypertension artérielle confirmée, l’HTA, est une maladie sérieuse qui impose un traitement à vie et le respect de certaines règles hygiéno-diététiques.
On parle d’HTA quand, à trois reprises et après des mesures faites selon un protocole précis (patient allongé, mesures faites après plusieurs minutes de repos) les chiffres indiquent une pression systolique, la « maximale » au dessus de 140 et la diastolique, la « minimale » au dessus de 90. Plus communément on dit 14/9.

Mais il y a diverses formes d’hypertension, certaines personnes ne souffrant que d’une élévation de la pression systolique, le chiffre du bas restant inférieur au fatidique 90. Ce sont dans près de 70 % des cas des personnes âgées de 6O ans et plus et qui courent un risque d’accident cardiovasculaire non négligeable, notamment un risque d’accident vasculaire cérébral.

Ces patients sont souvent sous médication, avec les effets secondaires parfois en prime.

Dans son numéro d’avril 2008, la revue Journal of Alternative and Complementary Medicine publie une étude conduite par le Dr Randall Zusman du Massachusetts General Hospital, à Boston.

Les médecins ont divisé en deux groupes 122 patients ayant une HTA systolique, un groupe étant amené à recevoir des conseils pour modifier son style de vie (SV), l’autre groupe allant être entrainé à des méthodes de relaxation (Rx).
Les deux groupes avaient des mesures de pression artérielle semblables, en moyenne 146.3/77.3 pour le groupe Rx et 145.3/77.6 pour le groupe SV.

La moitié des patients Rx prenait trois médicaments pour traiter leur HTA, contre 30 % dans le groupe SV.
La première partie de l’étude a duré huit semaines. Au cours de ces deux mois, chaque groupe a bénéficié d’une prise en charge spécifique.

Le groupe Rx avait une session d’une heure par semaine d’entrainement à la relaxation et devait écouter chaque jour une cassette audio de vingt minutes contenant un programme de relaxation.
Le second groupe avait également une session d’une heure hebdomadaire pendant laquelle étaient prodigués des conseils sur la gestion du stress et la prise en charge de l’HTA avec des conseils sur les modifications du style de vie, notamment tabac et alimentation.

Au bout des huit semaines, la moyenne de réduction de l’HTA systolique dans les deux groupes a été sensiblement identique, presque un point de moins (137 dans le groupe Rx et 136,5 dans le groupe SV).
Les médecins ont alors choisi dans chaque groupe ceux dont la pression artérielle avait le plus baissé, 44 dans le groupe Rx t 36 dans le groupe SV. Ils sont repartis pour huit semaines supplémentaires et on a alors décidé de leur supprimer un ou plusieurs médicaments.

A la fin de l’étude, 14 patients du groupe « relaxation » ont réussi à se passer d’au moins un médicame. Ils n’étaient que 5 dans le groupe « mode de vie » .Une différence cette fois très significative.

Encore plus surprenant, certains patients ont même pu abandonner tout traitement.

Cette étude a concerné un nombre de patients assez faible. De plus les patients avaient des traitements assez différents et pas toujours comparables.

Il faut donc interpréter avec prudence les résultats. Mais il n’en ressort pas moins que ce travail montre qu’en initiant les patients aux techniques de relaxation on peut obtenir des résultats efficaces.
Qui plus est, ces méthodes génèrent des économies puisqu’on réduit les dépenses de médicaments.

Mais l’autre intérêt de cette méthode c’est qu’elle peut être appliquée à des patients ayant des chiffres limites, ce qu’on appelle une pré hypertension.
Des personnes qui intéressent diablement l’industrie pharmaceutique qui voudrait voir ces sujets mis sous traitement à titre « préventif ».
Au prix d’un apprentissage de techniques de relaxation, ces personnes pourraient ainsi échapper à la mise sous médicament.

Et pour celles et ceux qui souffrent d’une vraie hypertension, pratiquer le yoga, la sophrologie ou tout méthode qui rend zen ne peut aussi qu’améliorer les choses /
Mais là, il ne faut pas rêver. Pas question d’arrêter le traitement dans ces HTA dites essentielles, lorsque la pression systolique et la diastolique sont anormalement élevées.

LIRE L’ETUDE

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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