VIH/SIDA: même indétectable, le virus est toujours là.

Indétectable dans le sang, mais toujours caché dans des cellules qui lui servent de réservoir. Malgré sept ans de traitement intensif, le VIH ne disparaît pas. Une information importante au moment où certains pensent pouvoir prôner le relâchement des pratiques de prévention.

C’est une étude qui va sans doute inspirer pas mal de commentaires dans les milieux scientifiques et associatifs. Ce soir, la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences » communément appelée PNAS publie le travail d’une étude conduite par des chercheurs américains spécialistes du virus VIH.

Ces chercheurs se sont intéressés à des patients traités pour une infection par le VIH et qui recevaient un traitement combiné à base de plusieurs molécules : stavudine, lamivudine et la coformulation lopinavir/ritonavir.

Les patients ainsi traités ont été suivi pendant sept ans à partir du moment où leur charge virale est devenue indétectable dans les examens sanguins.

Ce terme « indétectable » est assez ambigu : le virus n’a pas disparu de l’organisme. L’examen utilisé est appelé mesure de la charge virale. Le principe est de rechercher la présence du virus dans le plasma sanguin par la détection de son matériel génétique constitué d’ARN. Si le test révèle un résultat de moins de 50 copies d’ARN par millilitre de sang, on dit que le virus est indétectable.

Ce critère atteint, quarante patients ont ainsi pu être suivis. Ils ont bénéficié d’un test encore plus sophistiqué puisque capable de déceler une seule copie d’ARN.

Et les chercheurs ont constaté qu’à un moment ou à un autre, tous les patients avaient eu au moins un prélèvement sanguin qui contenait au moins une copie d’ARN. Et 77 % des patients avaient des prélèvements avec plus d’une copie en permanence détectable.

Cela veut dire que le virus, non détectable dans le sang, a trouvé des « réservoirs », des groupes cellulaires dans lesquels il peut se cacher des attaques des médicaments et des cellules de défense.

Des cellules au sein desquels il se reproduit à bas bruit, c’est-à-dire à un taux suffisamment faible pour ne pas générer la cascade habituelle de réactions conduisant à la mort cellulaire par suicide, ce qu’on appelle une apoptose. Une infection à bas bruit qui dure au moins sept ans.

Il n’y a donc pas de nettoyage total du virus même avec un traitement apparemment efficace quand la charge virale devient indétectable. Cette idée avait pourtant fleuri dès les débuts de la trithérapie en 1996.

Lors d’une conférence sur les rétrovirus, la CROI, qui se tenait à Washington en 1996, David Ho, du Aaron Diamond Center de New-York avait annoncé que ces traitements combinés allaient débarrasser les personnes infectées de ces virus indésirables.

A partir d’un modèle mathématique très sophistiqué il avait alors déclaré que deux ans et demi à trois ans seraient nécessaires et suffisants pour obtenir u tel résultat.

Quelques mois plus tard, de nouvelles études montraient que les réservoirs ne se vidaient pas aussi facilement.

Quelles peuvent être les conséquences d’une telle étude ? Le taux de virus résiduel est-il suffisant pour être une menace infectieuse ? Personne ne sait quelle est la réponse, mais le bon sens voudrait qu’on considère que le risque persiste et, partant, que les mesures de prévention restent de mise.

Au plan thérapeutique, cette étude montre aussi qu’il faudra absolument trouver d’autres thérapeutiques que les médicaments actuels. Il faut repérer les cellules réservoirs et les tuer. Cela peut passer par le biais de substances dirigées telles des missiles vers ces cellules. Ce peuvent être également des cellules de l’organisme du patient lui-même, des cellules de défense particulièrement stimulées pour aller attaquer ces cellules abritant des virus.

Mais, pour l’instant, ces genres de remèdes ne sont pas encore opérationnels.

Donc, prudence, prudence et encore prudence.

ACCEDER A L’ETUDE

en cas de difficulté avec le lien ci-dessus :http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.0800050105

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à VIH/SIDA: même indétectable, le virus est toujours là.

  1. muepu dit :

    bonjour, ma question est de savoir si ce possible pour un seropositif qui suit bien le traitement d’avoir des enants avec une femme non infectee et les enfants qui ne seront pas infecte.tel est mon cas.

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