Accidents vasculaires cérébraux : la musique au secours de la parole

La musique adoucit les mœurs, mais elle peut aussi améliorer le devenir de personnes qui ont fait un accident vasculaire cérébral si l’on en croit les résultats d’une étude finlandaise.

On appelle cela communément une attaque cérébrale et le mot est exact. Pour avoir vu la vie de ma mère basculer en moins de dix secondes, je peux vous dire que l’accident vasculaire cérébral (AVC) ne prévient pas, frappe à n’importe quel moment et laisse des séquelles plus ou moins étendues.

L’enjeu, ensuite, c’est la récupération et cela implique des structures adaptées et des professionnels hautement qualifiés. Orthophonistes, ergothérapeutes, kinésithérapeutes sont là pour réduire autant que faire se peut le handicap.

La mélodie fait déjà partie des techniques de rééducation pour les personnes dont les zones de la parole ont été atteintes et qui souffrent d’aphasie.

Grâce à Philippe Van Eeckhout, un des grands noms de la rééducation des aphasiques, on sait que faire travailler un aphasique en lui « chantant » les phrases d’une certaine façon permet de pallier une partie d’un handicap lié à la destruction des zones de la parole.
Chez un droitier par exemple, la zone de la parole est dans le cerveau gauche. Si une artère de cet hémisphère est bouchée ou saigne, la parole peut être plus ou moins altérée.
Mais dans le cerveau droit existe une zone de la mélodie. Un peu à la façon des « Parapluies de Cherbourg » une parole chantonnée et accentuée va solliciter cette zone de la mélodie et ^permettre à l’aphasique de s’exprimer avec parfois plus de facilité, des connexions nerveuses suppléant les zones détruites.

Mais, à en croire une étude finlandaise publiée le 20 février dans la revue Brain, on peut aller encore plus loin grâce à la musique.

Les psychologues finnois ont étudié 60 patients ayant été victime d’un AVC à la suite de l’atteinte d’une artère cérébrale moyenne.

Les patients ont été répartis en trois groupes. Le premier groupe a reçu un lecteur de CD, le deuxième un lecteur permettant d’écouter des livres audio, le troisième groupe a été traité de façon habituelle. Musiques et livres audio étaient entièrement laissés au choix des patients, rien n’était imposé.

Pendant les deux mois suivant leur entrée dans l’étude les patients ont écouté chaque jour deux heures de musique ou de textes enregistrés en fonction de leur groupe. Les patients du troisième groupe n’ont pas été sollicités ainsi.

Des évaluations ont eu lieu à une semaine, trois mois et six mois de l’accident. Ces évaluations avaient pour but d’évaluer leur humeur, leur qualité de vie, leur capacité d’attention, leur mémoire verbale.

Et les meilleurs résultats ont été obtenus dans le groupe ayant bénéficié de la prise en charge musicale. Dans ce groupe, les patients ont montré une nette amélioration de l’attention ciblée, cette capacité à réaliser des opérations mentales, à les contrôler et à résoudre des conflits dans les réponses possibles.

La mémoire verbale a également été améliorée dans ce groupe « musique » dans lequel on a par ailleurs constaté moins de dépression et d’état de confusion que dans les deux autres groupes.

Les auteurs de l’étude soulignent un fait important : le groupe « musique » était constitué de patients qui, à 63 %, écoutaient des morceaux comportant paroles et musique et non pas musique seulement.

Ces effets de la musique semblent jouer un rôle sur la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la façon dont le cerveau lésé va réparer les dégâts. Il est possible que d’autres mécanismes soient mis en jeu, comme la réparation directe des zones atteintes ou encore la libération de substances chimiques capables de jouer un rôle stimulateur sur les fonctions cérébrales.

Il faudra bien sûr des études complémentaires pour valider ce travail des équipes d’Helsinki.

Mais ce qui est important et qu’on sait d’ores et déjà c’est qu’il faut stimuler les personnes victimes d’AVC le plus vite possible.

Il manque malheureusement beaucoup de postes de professionnels de la rééducation dans les services neurologiques et beaucoup de services de soins de suite capables d’accueillir des patients lors de leur sortie des services de neurologie.

Ce la peut sembler une rengaine à force d’être dit et redit. Mais la rengaine c’est aussi de la musique.

Site de la revue Brain :

http://brain.oxfordjournals.org/

Références de l’étude accessible sans abonnement :

Särkämö T, et al « Music listening enhances cognitive recovery and mood after middle cerebral artery stroke » Brain 2008,131:866-876

DOI: 10.1093/brain/awn013

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à Accidents vasculaires cérébraux : la musique au secours de la parole

  1. JD Flaysakier dit :

    REPONSE :

     

    Pour voir un neurologue, il suffit de demander à votre médecin traitant de vous orienter vers un de ces spécialistes, c’est simple !.

  2. Anonyme dit :

    c super cette emission,mais j aurai aimer savoir comment faire pour voir un neurologue car il mais arriver de ne pouvoir lire que la moitier d une affiche cette eté ,puis ne plus pouvoir parler je bouger ma bouche mais rien ne sortais . en an 2002 j ai fais une double embolie pulmonaire.j ai peur d avoir des sequelles.serai t il passible? dans l attente d une reponse merci

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