VIH/SIDA CROI 2008 : un bacille nettoyeur pour protéger les femmes

Les chiffres le prouvent sur tous les continents : les femmes sont beaucoup plus vulnérables que les hommes face à l’infection par le VIH. Un bacille anodin fournit peut-être une partie de l’explication.

A l’état normal, la flore vaginale est dominée par un petit bacille. On l’appelait auparavant bacille de Doderlein. On parle aujourd’hui de Lactobacillus. Ce bacille, qui n’est absolument pas pathogène, secrète du peroxyde d’hydrogène, c’est le nom savant de l’eau oxygénée, et de l’acide lactique.

Ces deux produits lui permettent de contrôler la croissance des autres bactéries présentes dans le vagin et de prévenir les infections, en particulier les vaginoses bactériennes (VB).

L’équipe du Dr Jane Hitti (Université de Washington à Seattle) a voulu savoir ce qui se passait dans la flore vaginale des femmes séropositives pour le virus VIH.

La conférence du Dr. Jane Hitti

Elle a suivi ainsi 57 américaines au cours de visites périodiques assorties de prélèvements vaginaux et sanguins.

Les résultats montrent l’importance du rôle joué par le lactobacille. Chez les femmes qui ont une flore vaginale riche en cet élément, les marqueurs sanguins et vaginaux de la présence du virus VIH sont beaucoup plus bas que chez les femmes chez lesquelles des bactéries pathogènes (trichomonas, nesseria gonorrhéa) ont pris le dessus.

Le suivi de ces femmes séropositives a montré également que lorsque le vagin est à nouveau colonisé par le bacille, les résultats de la charge virale s’améliorent.

Le rôle extrêmement néfaste joué par les infections génitales dans l’infection par le VIH est connu depuis longtemps. Les bactéries entrainent des réactions cellulaires et des mécanismes inflammatoires qui sont autant de « boulevards » que le virus s’empresse d’emprunter.

Il est donc nécessaire de lutter contre ces infections, ce qui suppose d’offrir des soins de prévention aux femmes exposées à ces infections. Même si les infections génitales frappent aussi bien les beaux quartiers que les autres, elles posent moins de problèmes d’accès aux soins dans les lieux aisés !
Il faut donc être sûr que les femmes vivant dans des conditions difficiles auront-elles aussi accès à ces soins. On s’aperçoit que ce sont elles qui paient souvent le plus lourd tribut à l’infection par le VIH.

Pourra-t-on un jour « ensemencer » la flore vaginale avec le lactobacille qui lui manque.

Pour l’instant les essais ne sont guère convaincants, mais la recherche continue. On travaille soit sur des versions naturelles du bacille, soit sur un bacille crée artificiellement et qui aurait la possibilité de s’ancrer durablement

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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