Diesel et maladies cardiovasculaires : la suite

Le 6 novembre dernier, je rendais compte d’une communication présentée au congrès américain de cardiologie et qui mettait en exergue les effets néfastes des émissions des moteurs diesel sur notre systême cardiovasculaire (« Le dieseel n’est pas l’ami de nos artères »).

Pour compléter ce billet, je signale aux personnes intéressées un article de la revue médicale « New England Journal of Medicine » en date du 13 septembre 2007.
Cette revue est en anglais et les articles en entier ne sont accessibles qu’aux abonnés.
Je vous indique ci-après les références et le site de cet article.
Je poste aussi la traduction des données essentielles de ce travail.

L’article est intitulé :

Ischemic and Thrombotic Effects of Dilute Diesel-Exhaust Inhalation in Men with Coronary Heart Disease

Les auteurs, nombreux, sont :
Nicholas L. Mills, M.D., Håkan Törnqvist, M.D., Manuel C. Gonzalez, M.D., Elen Vink, B.Sc.,
Simon D. Robinson, M.D., Stefan Söderberg, M.D., Ph.D., Nicholas A. Boon, M.D., Ken Donaldson, Ph.D.,
Thomas Sandström, M.D., Ph.D., Anders Blomberg, M.D., Ph.D., and David E. Newby, M.D., Ph.D.

La référence est!
N Engl J Med 2007;357:1075-82.

Le site de la revue :
www.nejm.org

Et voici le résumé traduit :

Background

L’exposition à la pollution atmosphérique liée à la circulation est associée avec des événements cardiovasculaires néfastes.

On ne connaît pas les mécanismes de cette association. Nous avons mené une étude consistant à soumette des patients avec une maladie coronarienne stable à des dilutions d’émissions de moteur diesel.

Le but était de déterminer l’effet direct de la pollution de l’air sur les fonctions myocardique, vasculaire et fibrinolytique.

Méthode

Dans une étude en double aveugle, cross-over et randomisée, 20 hommes ayant déjà fait un IDM ont été exposés en deux différentes sessions à des émissions diluées de moteur diesel ( 300 microgrammes par mètre cube) ou à de l’air filtré , pendant une heure au cours de périodes de repos et d’exercice modéré dans une structure permettant de contrôler l’exposition.

Durant l’exposition, l’ischémie myocardique était quantifiée par l’analyse du segment ST en utilisant un ECG 12 pistes en continu.

Six heures après l’exposition, les fonctions vasomotrices et fibrinolytiques ont été établies au moyen de perfusions intra-artérielles d’agonistes.

Résultats

Au cours des deux sessions d’exposition, le rythme cardiaque a augmenté avec l’exercice (p<0,001). L’augmentation a été identique durant l’exposition au diesel et à l’air filtré. (p=0,67)

La dépression du segment ST induite par l’exercice était présente chez tous les patients, mais il y avait une plus grande augmentation de la dette ischémique au cours de l’exposition aux émissions diesel (-22±4 contre -8±6 millivolt secondes, p<0,001). L’exposition aux émissions diesel n’a pas aggravé une dysfonction vasomotrice préexistante mais elle a réduit la libération aigue d’activateur tissulaire plasminogène (tPa) (p=0.009, diminution de 35 % de la surface sous la courbe).

Conclusions

Une brève exposition aux émissions diesel favorise une ischémie myocardique t inhibe la capacité fibrinolytique endogène chez des homes ayant une coronaropathie stable. Nos résultats tendent à mettre en cause des mécanismes ischémiques et thrombotiques qui peuvent expliquer en partie les observations d’effets cardiovasculaires néfastes chez des personnes exposées à une pollution atmosphérique dérivée de la combustion de moteurs automobiles. (ClinicalTrials.gov number, NCT00437138)

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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1 réponse à Diesel et maladies cardiovasculaires : la suite

  1. Salmon dit :

    Enfin quelqu’un qui ose parler de ce sujet ;
    Voilà le mail que j’envoie à mes amis :
    « Pour diminuer notre endettement le gouvernement recherche quelles sont les niches fiscales qu’il pourrait être raisonnable de supprimer .
    Or , je n’ai jamais entendu évoquer l’allègement fiscal dont bénéficie de Diesel par rapport à l’essence.
    En alignant les taxes du Diesel sur celles de l’essence ( comme en Suisse ) on pourrait gagner au moins 2 milliards par an !
    Cela pourrait être expliqué aux consommateurs par la diffusion des rapports médicaux qui montrent la nocivité supérieure du Diesel
    ( voir site joint , par exemple )
    Evjdemment çà sera difficile après avoir dit l’inverse pendant des décennies et même récemment en accordant des primes « écolos » aux voitures Diesel sans filtre à particules !
    Mais de toutes façons il va falloir aborder l’avenir avec courage et détermination si l’on veut sortir de la récession. »

    http://blog.france2.fr/mon-blog-medical/?s=diesel

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