Coeur défaillant cherche infirmière spécialisée. Cardiologie AHA 2007

L’imagerie populaire veut que les infirmières fassent chavirer les cœurs. Mais si l’on en croit une étude néerlandaise présentée lors du congrès américain de cardiologie, les infirmières sont les meilleures amies des cœurs défaillants.

L’insuffisance cardiaque est une pathologie en pleine expansion en France. Le muscle cardiaque affaibli par un infarctus ou par une hypertension perd de ses qualités. Il a de plus en plus de mal à pomper le sang et à le distribuer dans l’organisme. S’en suivent des œdèmes, des malaises et des hospitalisations à répétition.

Il y a bien sûr des traitements médicamenteux, mais il y a aussi des règles d’hygiène de vie à suivre pour les patients.

Comment s’assurer qu’ils les ont bien comprises et qu’ils les appliquent ? En demandant à des infirmières spécialement formées pour ce type de pathologie de suivre ces patients à l’hôpital mais aussi à leur domicile.
Attention, je vois d’ici venir les esprits chagrins. Ces infirmières n’ont pas pour vocation de remplacer les médecins qui suivent et traitent ces patients. Leur rôle est différent, amis fondamental.

L’étude hollandaise a ainsi consisté à créer trois groupes de patients. Le premier était suivi de façon « classique » : ils voyaient leur médecin.

Le deuxième groupe a reçu des conseils concernant la surveillance du poids, la limitation en apport de sel et de liquides.
Ces patients ont pu consulter tous les trois mois une infirmière spécialisée à l’hôpital et l’appeler autant que nécessaire.

Le troisième groupe a été particulièrement chouchouté. Visite avec l’infirmière au moins une fois par mois aussi bien à l’hôpital qu’avec des déplacements de l’infirmière à domicile. Conseils également d’une diététicienne, d’un kinésithérapeute et d’une assistante sociale.

L’expérience a duré 18 mois et a montré que ceux qui suivaient le mieux les conseils et les règles d’hygiène de vie étaient bien sûr les membres des deux groupes aidés par une infirmière spécialisée.
Les patients du groupe « chouchouté » étaient même 90 % a bien prendre médicaments et respecter les règles de vie.

Cela se traduit bien sûr par moins de risque d’aggravation et donc moins d’hospitalisation. Une qualité de vie améliorée et une quantité de vie sûrement augmentée quand on aura tous les résultats de l’étude.

Plusieurs études à travers l’Europe ont montré les bienfaits résultant de l’implication d’infirmières spécialisées dans le suivi de patients atteints de pathologies chroniques. Ces professionnelles de santé jouent un rôle tout à fait différent des médecins bien que leurs connaissances leur permettent d’alerter ces derniers en cas de mauvaise adhérence au traitement.

Ce qui est très important c’est qu’elles vont « hors les murs ». Elles sortent de l’hôpital et voient comment vivent les patients et c’est souvent déterminant pour comprendre pourquoi un traitement va être suivi ou non. C’est une notion que connaissent bien les infirmières libérales qui suivent les patients à domicile.

Mais, comme je l’ai déjà écrit dans ce blog, les médecins français trainent des pieds pour accepter ce partage des taches qu’on appelle « transfert de compétences ». Un peu de corporatisme, un peu de fierté, un zeste de méconnaissance des capacités de l’autre, voila le cocktail français qui fait que nous sommes incapables de mettre sur pied de telles stratégies.

Dommage car les patients en profitent visiblement et en terme de coûts, laisser des patients chez eux, réduire le risque d’hospitalisation, c’est rentable pour tout le monde et donc pour chacun d’entre nous.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans Non classé, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à Coeur défaillant cherche infirmière spécialisée. Cardiologie AHA 2007

  1. ide cardio dit :

    bravo
    au moins on comprend ce qu’est réellement un travail d’équipe, non se substituer les uns aux autres mais se compléter.
    A quand cela en France ?
    vite j’espère quand on voit l’augmentation des pathologies cardiaques, rénales et diabétiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.