Cellules souches : un embryon de victoire

Une équipe de chercheurs de l Université de Paris-sud annonce avoir obtenu sa première lignée de cellules souches embryonnaires.

Ces cellules souches apparaissent environ trois à cinq jours après que le spermatozoide a fécondé l’ovocyte.
C’est à partir d’elles que se développeront tous les tissus et les organes constitutifs de notre corps.

Cette prouesse technique est, certes, un événement. mais elle survient alors que bien d’autres équipes à travers le monde ont éjà réussi la même chose. En France, la recherche sur les cellules souches dérivées de l’embryon ont été très longtemps bloquées, puis autorisées sous certaines conditions.

On peut comprendre que le législateur et le pouvoir politique estiment avoir une responsabilité morale et décident qu’on ne puisse pas faire tout et n’importe quoi en matière de recherche surr l’embryon.

Mais par une peur toute fantasmatique de tentative de clonage reproductif, on a imposé aux équipes françaises un énorme handicap par rapport aux équipes anglosaxonnes, israéliennes et même par rapport à certains laboratoires de l’Europe du sud, zone où on peut estimer encore plus pregnant que chez nous le rôle de l’Eglise.

Pour l’instant, personne ne sait ce que ces cellules souches permettront de faire. En théorie, elles peuvent se différencier en n’importe quel organe ou structure. On peut ainsi imaginer non pasrefaire un foie, mais quelques centimêtres carrés de tissu hépatique, suffisamment fonctionnel pour permettre soit au patient d’attendre une greffe, soit de passer un cap difficile en cas d’insuffisance hépatique aiguë, par exemple.

Les perspectives dans les maladies neurologiques dégénératives, type Alzheimer, Parkison ou chorée de Huntington sont aussi très intéressantes.

le hic, et il est majeur, c’est que pour l’instant, personne ne sait comment dire à ces cellules indifférenciées, à l’état brut donc, d’acquérir assez de raffinement pour se spécialiser en tissu nerveux ou cardiaque.

C’est pour cela qu’il est essentiel de mener de longues et difficiles recherches, sorte de cahier de brouillon , avant d’arriver un jour à conquérir le Graal.

Ce jour là, il y aura d’énormes retombées médicales et commerciales. mais si notre pays est à la traine, il faudra soit envoyer les malades à l’étranger, soit acquérir à prix d’or les précieux tissus de remplacement.
Or, actuellement, plusieurs milliers d’embryons congelés hibernent dans l’azote liquide à – 196 °C dans les laboratoires français.
Il ne s’agit pas de petits êtres formés, mais de structures composés de quelques cellules, dix à vingt environ.

ces embryons sont abandonnés, on dit de façon politiquement plus correcte qu’ils ne font plus partie d’un projet parental.
L’urgence est donc de permettre aux équipes françaises de récupérer à partir de ces embryons des cellules souches, afin de participer à ce qui peut être une avancée majeure dans les vingt prochaines années.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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