ADN, pesticides et mauvaise science

Deux petites remarques sur l’actualité de ces derniers jours !

La première est en rapport avec le vote par le Sénat de la possibilité dedemander un test d’empreintes génétiques pour avoir droit au regroupement familial. Il faut rappeler que cette demande réalisable par un étranger est interdite à un citoyen français. Seul un juge peut demander un test ADN pour prouver ou infirmer une filiation en droit français.

Ironie de l’histoire, les tests ADN ont été révélés au public en 1987 non pas dans une affaire criminelle, mais dans un dossier d’immigration. La méthode a été mise au point par Sir Alec Jeffreys, un biologiste de l’université de Leicester, en Angleterre. Un jour, un avocat qui connaissait ses travaux demanda l’aide de Jeffreys. Un jeune Nigerian se voyait refuser l’autorisation de rejoindre sa famille immigrée en Angleterre. Il n’avait aucun document valide prouvant sa filiation. Jeffreys pratiqua le test sur le jeune homme et sa famille. Le jeune fut bien identifié comme le fils de sa mère et il put entrer sur le territoire de sa Gracieuse Maesté. Mais on découvrit aussi que son père n’était pas son vrai géniteur ! Le principal était , cependant, que la famille fût réunie !

Pourquoi cette recherche est-elle donc tant réglementée chez nous alors qu’elle est quasiment libre ailleurs ? Cette décision a été prise alors que la technique des empreintes gnétiques se développait à grande vitesse au début des années 90. Plusieurs centres en France souhaitaient avoir le droit de pratiquer « librement » de tels tests sur simple demande de particuliers, comme c’était déja le cas en Grande-Bretagne et dans d’autres pays européens. Mais la peur de voir sortir des « cadavres du placard » , c’est à dire de faire mentir dans certaines familles les paroles de la chanson de Sacha Distel : « ton père n’est pas ton père mais ton père ne le sait pas » , a conduit le législteur à refuser cette possibilité. On racontait que certains hommes, emplis de doutes, n’hésitaient pas la nuit venue, à prendre des ciseaux pour couper quelques cheveux de leur enfant endormi, afin d’envoyer le prélèvement à analyser. Ce qui, d’ailleurs, n’aurait servi à rien, puisque le cheveau c’est de la kératine sans cellule et qu’il faut arracher un bulbe, de quoi reveiller le bambin et alerter la mère .

Depuis, l’essor de ces sociétés étrangères et leur offre via Internet rend la loi « poreuse ».

Deuxième remarque qui concerne un rapport réalisé par un cancérologue sur la pollution liée au chloredecone dans les Antilles.

Ce rapport montre une chose importante : l’immense retard de notre pays dans la perception de ce qu’est la santé publique. Ni les américains ni les anglais ne trouveraient logique qu’on puisse annoncer des relations entre l’exposition à un produit et des risques de cancer sans que des études épidémiologiques viennent étayer ces dires. Il faut de longues années et des études très bien construites pour pouvoir mettre en exergue certains risques. Ce sont ce genre d’études que mènent les spécialistes en épidémiologie de l’INSERM, notamment une équipe de Rennes. Mais c’est un travail très long, difficile, ingrat et peu prompt aux expositions médiatiques.

Il faut absolument continuer à observer ce qui se passe avec ce pesticides en martinique et en Guadeloupe, mais il faut le faire comme le veut l’épidémiologie, une disciplie dont on n’acquiert pas les principes comme Monsieur Jourdain découvrait la prose.

La rigiueur scientifique s’accomode mal des mécanismes de la société du spectacle.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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