Grippe aviaire: comment y laisser le minimum de plumes.

La mort de trois cygnes en Moselle, liée au virus H5N1, a fait remonter le niveau de vigilance face au risque sanitaire que ce virus fait peser sur les animaux d’abord, sur les humains ensuite.

Cette grippe aviaire c’est un peu comme pour Sœur Anne : on la guette et on ne voit rien venir. Alors une partie de l’opinion et certains intellectuels voient dans ces précautions et les exercices sanitaires une forme d’exagération.

Il n’y a pourtant là aucune exagération. Bien au contraire, la façon dont est gérée cette menace potentielle est plutôt exemplaire en termes de santé publique.

Quelles sont les données ? On sait, statistiquement, qu’une menace de grippe particulièrement virulente menace la planète. Cette pandémie sera liée à l’apparition d’un virus dont l’origine sera un oiseau et qui aura acquis suffisamment de caractères « humains » pour pouvoir nous contaminer.
De tels épisodes ont déjà existé en 1918, 1957 et 1968-69.
On sait que le foyer de départ sera l’Asie, en raison de la très grande promiscuité entre les oiseaux et volailles, les porcs et les hommes. Le cochon sert de « mixer » aux virus aviaire et humain, pour laisser ressortir un virus recombiné « humanisé ».
La facilité de déplacement, le fait qu’on puisse incuber cette grippe pendant plusieurs jours sans avoir de fièvre augmentent les risques de dissémination.
Ajoutez à cela des autorités locales pas toujours adeptes de la transparence et tout est réuni pour qu’un jour les choses se passent plutôt mal.
Seul problème, on ne sait pas quand cela se produira, tout le monde espère que ce sera le plus tard possible !

Mais comme la menace est connue, autant s’y préparer. C’est, en effet, la première fois qu’on peut voir venir une crise sanitaire et mesurer notre degré de préparation. Quand le sida a explosé dans le début des années quatre-vingts, personne n’a vraiment compris ce qui se passait pendant des mois. Une fois l’ampleur de l’épidémie constatée, il a fallu des années pour faire passer les messages de prévention et faire comprendre aux médias et aux populations ce qui se passait.
Avec la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine, l’ESB ou crise de la « vache folle », nous nous sommes également réveillés au milieu du cauchemar.
Il n’est donc pas vain de voir où sont les défauts de notre cuirasse et d monter des scénarios pour mesurer les réponses et adapter les stratégies.
Il y a quelques mois, une revue américaine « Health Affairs » a réalisé un sondage à Singapour, Taiwan, Hong-Kong et Atlanta, aux Etats-Unis. Le but était devoir quelle serait l’acceptation par les populations du port du masque et de la quarantaine en cas d’épidémie.
On a constaté que le message passait correctement à 90 % dans les populations asiatiques, mais que dans le monde occidental, à peine la moitié des personnes interrogées disaient être prêtes à se soumettre à des mesures d’hygiène et de restriction de circulation.

Il y a donc un vrai travail d’information à développer et mieux vaut le faire à froid qu’à chaud en plein milieu d’une crise.

Mais cela ne doit pas pour autant générer de psychose inverse et déclencher une crise économique envers la production de volaille.
En ce qui me concerne, j’ai déjà réservé un poulet pour dimanche.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Grippe aviaire: comment y laisser le minimum de plumes.

  1. Liza dit :

    REPONSE de JD F : Je pense en effet que les maladies auto-immunes sont sous traitées dans les médias, y compris par votre serviteur. je vous promets de faire un effort ! Merci de l’intérêt que vous portez à ce blog et merci de me faire des suggestions de reportage si vous en avez envie.

    Trop contente que vous ayez répondu ! Je surveillerai donc votre blog pour espérer y trouver un article sur ces sujets-là !

    Merci !

    Liza

  2. nativelle dit :

    Les vaches pâturent parmi les excréments humains OUI c’est réel, cela ce passe à Cabourg.
    L’état vous oblige vous ‘les hommes de la terre’ à respecter des normes drastiques. Dans une zone humide vous ne devez pas faire ceci ou modifiez cela, on vous casse les pieds pour le simple fait de planté un poteau dans une ZNIEFF, attention de ne pas déposé du fumier trop prêt d’une habitation, il faut que vos installations soit parfaitement aux normes etc.
    Mais à côté de cela, les pouvoirs publiques font tout le contraire : un exemple réel :
    La communauté de commune de l’estuaire de la dives, ‘14390’ elle, elle a le droit de rebouché des fossés, arraché des plantes protégées, rencaissé des herbages dans une zone humide toujours en ZNIEFF, d’organisé une pollution irréversible (lessives, javel, huile de vidange, sacs poubelles entiers ou crevés jetés directement dans les cours d’eau etc.) et même d’y construire. Cette communauté de commune a le droit de faire ce quelle veut et personne ne dit quoi que se soit. Pourquoi ?
    Cette information est la stricte vérité et n’est qu’un aperçut de la catastrophe, les agriculteurs de coin sont écœurés et ne peuvent rien faire, regardez cette page
    perso.orange.fr/varaville…
    La Diren ne dit rien, le préfet non plus
    pnativ@voilà.fr

  3. Liza dit :

    Bonjour Mr J.D. Flaysakier !

    Je vous regardais tous les jours lorsque vous étiez chroniqueur sur télématin.

    Je découvre ce blog aujourd’hui !
    Je reviendrai mettre des commentaires sur les sujets qui m’intéressent car ils me concernent :
    les maladies auto-immunes, dégénératives telles que les polymyosites, dermatomyosite, lupus et autres myopathies !

    Merci d’avance !

    Liza Lo Bartolo Bardin
    auteur de :
    "ma poly-dermatomyosite, je préfère en rire" édité chez
    http://www.millepoetes.operation...

    Merci pour l’intérêt que vous aurez porté à ce commentaire !

    Bien cordialement
    Liza LBB

    REPONSE : Je pense en effet que les maladies auto-immunes sont sous traitées dans les médias, y compris par votre serviteur. je vous promets de faire un effort ! Merci de l’intérêt que vous portez à ce blog et merci de me faire des suggestions de reportage si vous en avez envie.

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