Cancer : choisir les traitements alternatifs plutôt que conventionnels tue.

C’est un phénomène rare mais qu’on ne peut ignorer. Certaines personnes font le choix de ne pas accepter les traitements habituels des cancers et s’orientent d’emblée vers des méthodes dites alternatives. Et quand on en voit le résultat, il y a de quoi être effrayé.

Une précision s’impose d’emblée. Ce qui suit ne concerne absolument pas ce qu’on appelle les traitements complémentaires ou ‘intégratifs’, des méthodes que beaucoup de personnes traitées pour cancer utilisent en complément des traitements habituels des cancers, même si peu de ces traitements ont montré un intérêt ou un apport intéressant.

En l’occurrence, c’est une étude publiée il y a déjà deux ans que je vais évoquer car elle reste pleinement d’actualité dans ces périodes troublées et qui rendent difficile l’accès aux soins.

En utilisant une base de données américaine sur les façons dont sont traités les patients, les auteurs de l’étude publiée dans le Journal Of the National Cancer Institute, JNCI, ont recherché des cas de personnes n’ayant eu dans tout le déroulement de leur maladie ni chirurgie, ni chimiothérapie, radiothérapie ou traitement hormonal.

Ils ont retenu ainsi 280 dossiers concernant des cancers du sein, du poumon, de la prostate et des cancers du colon et du rectum (CCR).

Ils ont ensuite apparié ces 280 dossier dans un ratio de 2/1 à 560 patients traités par les méthodes conventionnelles.

Les personnes ayant choisi les méthodes ‘alternatives’ étaient plus jeunes que les patients traités classiquement, il y avait plus de femmes, ces patient s avaient un niveau d’éducation plus élevé, un revenu plus élevé.

Leur cancer était à un stade plus avancé et ils avaient moins de comorbidités.

A l’exception notable du cancer de la prostate pour lequel les deux groupes ne présentaient pas de différences notables, la survie globale à cinq ans dans le groupe ‘alternatif’ était très fortement diminuée, 54,7% comparée à 78,3 % globalement

Pour le cancer du sein à 5 ans :58,1% contre 86,6 %

Poumon :19,9% vs 41,3%

CCR :37,7% vs 79,4%

Pour la prostate en revanche peu de différences :86,2% vs 91,5%.

Ces écarts sont à la fois effrayants et inquiétants car ils témoignent d’une véritable perte de chances pour celles et ceux qui font le choix de recourir à des méthodes alternatives.

Il est certain que le traitement conventionnel est très lourd, avec des effets secondaires non négligeables, parfois des chirurgies mutilatrices. La perte des cheveux, les nausées, les vomissements, les douleurs articulaires, le retentissement des traitements sur la sexualité, sont autant de réalités trop longtemps négligées par le corps médical.

Mais de plus en plus d’équipes et d’unités de soins de support se développent. On trouve dans les centres des soins de type acupuncture, relaxation, méditation, exercice physique. D’autres programmes se développent pour améliorer la qualité de vie.

Renoncer à se traiter est donc un choix personnel , certes, mais extrêmement préjudiciable au regard des chiffres.

En s’informant sur les traitements, la qualité de vie après ces traitements, sur la disponibilité des soins de support, on évite de faire des erreurs qui se paient, hélas, de façon non négligeable, par des décès prématurés.

Référence de l’étude :

Skyler B. Johnson et al

Use of Alternative Medicine for Cancer and Its Impact on Survival

JNCI J Natl Cancer Inst (2018) 110(1): djx145

Publié dans CANCER | Marqué avec , , | 4 commentaires