COVID-19: Le coronavirus stagne plus longtemps sur l’acier et le plastique que sur le cuivre ou le carton

Combien de temps le virus SARS-CoV-2, responsable de la crise sanitaire actuelle, résiste-t-il sur les diverses surfaces ou dans l’air ? Peu à peu des études paraissent qui nous permettent de mieux connaitre l’ennemi. Et de mieux comprendre l’importance des mesures-barrières pour s’en protéger.


Des gouttelettes de salive, un postillon, des éternuements et voici des particules virales qui, sous forme d’aérosols, se retrouvent dans l’atmosphère. Des virus qui vont ensuite se déposer sur diverses surfaces et rejoindre d’autres virus laissés là par portage manuel, c’est-à-dire déposés lors de gestes effectués avec des mains insuffisamment lavées.


Des chercheurs américains du NIAID, qui travaillent sur les maladies infectieuses et allergiques, et du CDC, le Centre de contrôle et de prévention des maladies ont reproduit expérimentalement les conditions d’un aérosol empli de virus. Ils ont également déposé le virus sur des surfaces en :
Cuivre
Acier inoxydable
Plastique
Carton.

Conjointement à ce virus SARS-Cov-2, ils ont également utilisé l’agent responsable de l’épidémie de SRAS en 2002-2003, le virus SARS-CoV-1
Pour simplifier les choses, nous dirons qu’expérimentalement les deux virus se sont comportés de façon identique. Et voici ce qui a été constaté.


Dans les aérosols, constitués de gouttelettes inférieures à 5 microns (5 millièmes de millimètre) les virus avaient disparu au bout de trois heures. Leur demi-vie, c’est-à-dire le temps nécessaire à faire disparaitre 50 % de la quantité de virus était de 1,1 à 1,2 heures.
Pour les surfaces, les 2 virus restaient beaucoup plus longtemps sur le plastique et l’acier inoxydable que sur le cuivre ou le carton.
Sur le cuivre il n’y avait plus aucune trace du virus après 4 heures. Sur le carton c’est au bout de 24 heures qu’on n’a plus rien retrouvé.


En revanche le SARS-CoV-2 a résisté 48 heures sur l’acier inoxydable et jusqu’à 72 heures sur le plastique.

Que retire-t-on de cette expérience, répétée dix fois en laboratoire ?
D’abord la constatation que les virus du SRAS et du COVID-19 se ressemblent beaucoup expérimentalement, dans leur durée de vie et leur rythme de décroissance.
Or, la vie réelle nous montre que l’épisode actuel est beaucoup plus violent et beaucoup plus étendu que celui de 2002-2003.


Cette différence s’expliquerait peut-être par la charge virale très élevée des personnes dont l’infection touche les voies aériennes supérieures, plutôt que le poumon profond.
D’autre part, la dissémination de ce virus serait beaucoup plus importante que celle du SRAS au cours de la période dite asymptomatique.

Pour ce qui est des surfaces, on mesure la nécessité de désinfecter correctement les chambres des patients à l’isolement, afin d’éviter les transmissions nosocomiales.
On pourra lire sur ce blog un article récent sur une étude faite à Singapour sur cette question de la désinfection.


On voit aussi l’intérêt du cuivre comme agent anti-infectieux. Ce métal a montré par le passé son comportement bénéfique face à la bactérie de la légionellose, mais aussi d’autres bactéries. Il est utilisé dans certains établissements pour les poignées de porte.

Enfin pour la Vir quotidienne, hors hôpital, on voit que faire porter un masque à une personne contaminée n’est pas inutile, bien au contraire, à condition de renouveler le masque toutes les 4 à 6 heures.
Des règles simples mais très efficaces.

Référence de l’étude
Neeltje van Doremalen et al.
Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1
Published on March 17, 2020, at NEJM.org.
DOI :10.1056 /56/NEJMc2004973

L’étude de Singapour sur la désinfection

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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