COVID-19 : éviter de passer le virus de chambre en chambre c’est possible et c’est facile.

Parmi l’avalanche de publications médicales et scientifiques qui concernent le coronavirus SARS-CoV-2, il y a parfois de bonnes nouvelles et quelques enseignements à en tirer. C’est, par exemple, ce qui ressort d’une lettre envoyée à la revue JAMA par une équipe de Singapour et qui concerne l’environnement immédiat et les risques de dissémination de l’infection portée par des patients hospitalisés pour une pneumopathie COVID-19.

Entre le 24 janvier et le 4 février 2020, les médecins de la Ville-Etat ont suivi trois patients hospitalisés à l’isolement.
Chaque chambre comportait une entrée, la chambre elle-même et une salle d’eau avec WC.
Les prélèvements étaient faits dans divers points : entrée, chambre, toilettes, évier, système de ventilation et d’aération. En tout vingt-six points différents, allant du matériel médical au verre pour boire.
On a également prélevé des échantillons sur les tenues protectrices des médecins et sur leurs chaussures, qui n’étaient pas protégées par des surchaussures.


Pour le patient A il y a eu deux vagues de prélèvements, aux jours 4 et 10.
Ce patient avait une pneumopathie modérée, avec des signes de toux, de la fièvre et une dyspnée. Les divers prélèvements ont été effectués APRES le nettoyage de la chambre.

Pour le patient B, les prélèvements ont été faits J8 et J11. Lors du premier test à J8, le patient était fébrile, toussait et crachait. A J11 il n’avait plus aucun symptôme.
Là encore, les tests ont été faits après ménage.


Le patient C et son environnement n’ont eu droit qu’à une série de tests à J5. Il avait une forme légère de la maladie avec seulement une toux.
Chez lui les prélèvements ont été effectués AVANT nettoyage des lieux.

Qu’ont donc montré ces prélèvements ? Pour les patients A et B, tous les tests ont été négatifs et n’ont donc pas mis en évidence la présence de virus dans la chambre, l’entrée ou la salle de bain et les toilettes.
Pour le troisième patient, les choses se sont avérées très différentes. Les tests faits avant le ménage, ont été positifs pour 13 des 15 divers sites prélevés dans la chambre, dont les lames des systèmes de ventilation. Dans la salle d’eau il y a eu trois prélèvements positifs : le bol des toilettes, le lavabo et la poignée de porte.


Ce patient, bien que non diarrhéique a, à deux reprises, eu des tests positifs de mise en évidence de virus dans les selles.
A noter, un prélèvement positif s Des prélèvements dans les conduits d’aération ont mur le devant d’une chaussure, non protégée par des sur-chaussures, équipement non obligatoire à Singapour. Mais cette contamination n’a eu aucune conséquence car tous les prélèvements fait au sol dans la chambre et à l’extérieur ont été négatifs.

Cette très petite étude ne veut rien démontrer. Elle est une observation, une constatation. Elle montre que chez un patient ayant une atteinte des voies respiratoires hautes, avec une atteinte légère, le virus est quand même bien disséminé.
Des prélèvements dans les conduits d’aération ont été positifs, indiquant que des particules virales peuvent être transportées par des gouttelettes expectorées par le patient.
Cette étude montre aussi que le virus est bien présent dans les selles, même en dehors d’une diarrhée.


Le nettoyage était fait avec le DCCNa, dichloroisocyanurate de sodium, produit chloré utilisé comme biocide, notamment dans les piscines.
On voit donc que le respect strict de mesures classiques dont une désinfection correcte de la chambre et de la salle d’eau suffit à faire disparaitre le virus de l’environnement du patient et évite ainsi un portage vers d’autres.

Référence :
Sean Wei Xiang Ong et al.
Air, Surface Environmental, and Personal Protective Equipment Contamination by Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2)

Published Online : March 4, 2020. doi :10.1001/jama.2020.3227

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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2 réponses à COVID-19 : éviter de passer le virus de chambre en chambre c’est possible et c’est facile.

  1. Savouré dit :

    Bonjour, pensez vous que le covid 19 peut se transmettre par les livres ? Nous sommes un groupe d’amies qui nous passions des livres et certaines n’ont plus de quoi lire . Peut on leur en apporter que nous venons de lire, par exemple si on laisse le livre passer une nuit (7-8 *C) dehors dans un sac en plastique ?
    Merci de votre réponse.

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