Nouvelle épidémie liée au coronavirus COVID-19: les dangers de la mésinformation c’est maintenant !

Dans sa conférence de presse du 11 février, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé deux choses concernant le nouveau coronavirus apparu en Chine en fin d’année 2019. D’abord son nouveau nom : COVID-19, Co pour corona, VI pour virus et D pour disease, maladie en anglais.

Le nouveau coronavirus, baptisé officiellement COVID-19, entraîne une crise sanitaire dont l »tendue est encore mal maîtrisée. Ce qui devrait amener certains commentateurs à être un peu plus mesurés et prudents.

La seconde chose concernait l’extension de la menace sanitaire Il a rappelé que la situation en Chine et dans le reste du monde ne pouvaient etre comparée : près de 43000 cas en Chine et 1017 décès contre 375 cas dans le reste du monde et 1 décès.

Mais Ghebreyesus a souligné qu’il ne faudrait pas pour autant se sentir faussement rassuré& et que nous nous trouvons là devant ce qu’il a appelé une « fenêtre d’opportunité », un moment où il est possible d’agir.

Les mesures prises en Chine, sévères mais sans doute capables d’aider à contenir l’épidémie et les mesures mises en place dan divers pays devraient permettre de disposer d’un peu de temps pour former les professionnels de santé dans de nombreux pays, aider à répandre la technique des tests de dépistage et informer les populations.

Car le DG de l’OMS a expliqué que l’existence de maillons faibles, d’endroits où faute de moyens suffisants et de préparation bien conduite, pourrait conduire à un développement difficilement contrôlable de cette épidémie.

A une époque où la globalisation transforme les points les plus éloignés en  territoires voisins, il ne peu être question de laisser des failles exister.

Et il a aussi judicieusement rappelé qu’il ne fallait pas oublier les autres risques émergents. On oublie un peu, par exemple, que la République Démocratique du Congo est toujours en proie à une crise sanitaire liée au virus Ebola.

La France n’est évidemment pas un de ces maillons faibles, bien au contraire. Entre les divers laboratoires de virologie français, les hôpitaux , les services de secours, les structures sont là.

Mais pour autant on voit combien l’information correcte a du mal à passer.

Faire déjà comprendre qu’on ne risque rien en mangeant des dimsum ou en ouvrant un colis venant de Chine n’est pas simple

Il faut dire, redire et redire qu’il ne faut surtout pas se rendre aux urgences mais appeler le 15 en cas de retour d’une zone concernée ou après un contact avec une personne rentrant de cette zone.

Divers talk-shows et émissions radio et télé de parlotte où des panélistes totalement incompétents racontent n’importe quoi n’aident pas à diffuser une information apaisée.

Et il faut aussi parler de l’attitude de certains professionnels de santé, que ce soit dans les médias ou les réseaux sociaux, qui ont eu au début de cette alerte sanitaire une attitude un peu étrange.

Il faut dire que ce qui s’est passé en 2009 avec la grippe H1N1 plombe un tantinet la situation.

Mais au début de la crise de 2009, comme en 2003 avec le SRAS, ou encore en 2005 avec l’épisode de grippe H5N1, il y avait des raisons d’etre inquiet.

Bien sûr, les événements passés et avec le recul, beaucoup savent récrire l’histoire.

Pourtant, avec le SRAS, on pouvait avoir peur légitimement. La maladie liée au coronavirus de l’époque a flambé quatre mois en Chine avant que le régime de Pékin n’avoue la chose. Quatre mois pendant lesquels des gens ont voyagé et répandu le virus. A Toronto, une « super-diffuseuses » a contaminé des dizaines de personnes, par exemple.

En 2005, le virus grippal H5N1a été grandement maitrisé grâce au travail du Dr Margaret Chan. Ce médecin chinois était à l »poque en charge de la santé pour la région spéciale de Hong-Kong. Et elle a pris des décisions drastiques concernant l’abattage des volailles par exemple, qui ont aidé, là encore, à échapper à une catastrophe.

Il y a eu dans les deux épisodes quelques centaines de morts. C’est peu certes, mais ls taux de létalité étaient élevés, plus de 10 % des personnes infectées décédaient.

Cette année on a donc lu, entendu et vu que par rapport à la grippe saisonnière ce qui se passait était minime, que cette épidémie était sinon anecdotique, du moins pas une urgence en santé publique.

Les chiffres donnent, pour le miment raison à ceux qui tiennent ces discours. Mais actuellement raison, hormis Donald Trump qui a décidé que tout serait fini en avril, personne ne peut dire ce qui va se passer. Des modélisations donnent des résultats divers, certaines voyant la fin du problème dans les semaines à venir, d’autres vers la fin du mois de juin.

Et on ne sait pas ce qui peut se passer dans les pays plus démunis que les nôtres, avec des capacités de diagnostic virologique faibles ou inexistantes, un système de santé incapable de gérer une telle crise sanitaire, dans un contexte d’échanges internationaux de biens mais aussi de personnes.

Avec des patients capables d’infecter dix ou quinze autres personnes ayant été à leur contact, parfois dans un contexte où le patient n’avait ni fièvre ni toux au moment des contacts.

Il faut donc éviter les effets de manche, les haussements d’épaule, le balayage d’un revers de main dans ces contextes compliqués où le public se sent perdu par trop d’informations. Entre les complotistes et leur refrain habituel du virus échappé d’un labo, aux panélistes évoqués plus haut et qui racontent n’importe quoi, il est parfois dur de s’y retrouver.

Donc, autant exagérer et jouer le marketing de la peur est stupide, autant dire « mais non ce n’est rien » ne rassure pas forcément, surtout si les choses viennent à se dégrader.

Quitte à courir les plateaux TV autant disséminer, c’est le mot, une information juste, actualisée, prudent mais la plus rigoureuse qui soit.

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A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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3 réponses à Nouvelle épidémie liée au coronavirus COVID-19: les dangers de la mésinformation c’est maintenant !

  1. jean pierre amoyel dit :

    coquille « plus de 10% » ?

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