Cancer ASCO19: le ribociclib réduit le risque de mortalité dans les cancers du sein hormonosensibles avancés de la femme jeune

Pour la première fois, une combinaison thérapeutique permet de prolonger la vie de patientes jeunes, non ménopausées, souffrant d’un cancer du sein avancé. Un résultat lié à l’utilisation du ribociclib, une molécule de la famille des inhibiteurs de cyclines kinases D4/D6.


Mime si l’âge moyen de découverte d’un cancer du sein chez la femme est de 62 ans, le cancer du sein frappe aussi des femmes plus jeunes non ménopausées ou en période de périménopause.


Et ces cancers sont souvent de plus mauvais pronostic que ceux de la femme plus âgée, et très souvent plus agressifs. Une particularité due aux types de cancers rencontrés dans ces tranches d’âge :
Des cancers qui produisent en excès un récepteur ou une protéine HER2
Des cancers dits « triple négatifs » car n’étant pas hormonodépendants et ne surproduisant pas de protéine HER2.
Mais la forme la plus fréquente de cancer du sein, celle qui est sous la dépendance des hormones, œstrogènes surtout et progestérone, se rencontre aussi chez les femmes non ménopausées.
Ce sont ces femmes qui étaient concernées par l’étude MONALEESA 7. Cette étude a inclus 672 femmes, ente 18 et 59 ans, préménopausées ou en periménopause, atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant, HER2 négatif, avec des métastases locorégionales.


Habituellement le traitement de ces femmes reposait sur l’hormonothérapie, traditionnellement le tamoxifène. L’utilisation des inhibiteurs de l’aromatase est réservée, habituellement, aux femmes ménopausées.


Pour MONALEESA 7, deux groupes ont été créés. Le premier groupe a reçu une hormonothérapie et du ribociclib
Le second groupe a reçu une hormonothérapie et un placebo.
L’hormonothérapie consistait en une mise au repos de la sécrétion des ovaires par une injection de gosereline, un agoniste de la LHRH. D’autre part les femmes recevaient soit du letrozole, soit de l’arimidex, soit du tamoxifene.


Le ribociclib est une molécule qui intervient dans le cycle de développement des cellules, dans les mécanismes de division et de multiplication cellulaires.
Il bloque des enzymes qui favorisent la prolifération cancéreuse sous l’influence des œstrogènes, enzymes appelées cyclin-dependent kinases 4/6 ou CDK4/6.


Une première analyse de l’étude publiée en 2018 avait montré que l’adjonction de ribociclib permettait de freiner la progression de la maladie, la survie sans progression médiane étant de 23,8 mois contre 13 mois pour le groupe sans ribociclib.


Mais le challenge était de démontrer que ce traitement améliorait aussi la longévité des patientes, ce qui, dans un contexte de maladie avancée avec métastases, est très loin d’être évident.
Le défi a été relevé puisque pour la première fois, on a pu montrer une mortalité moindre dans le groupe traité par ribociclib que dans le groupe placebo. Une réduction de 29 % du risque, statistiquement significative.


Au moment de l’analyse on a constaté :
83 décès sur 335 patientes dans le groupe ribociclib
109 décès sur 337 patientes dans le groupe placebo.
Une analyse à 42 mois après début du traitement indiquait que 70,2% des patientes sous ribociclib étaient toujours en vie, contre 46,9 %dans le groupe placebo.


Il faut se souvenir que ces patientes avaient des cancers métastatiques, des formes avancées, avec un pronostic plutôt défavorable.
Les effets secondaires des patientes traitées par ribociclib consistaient surtout en une chute des globules blancs, ce qu’on appelle une neutropénie, et des épisodes de diarrhées.
A noter que ces neutropénies sont moins dangereuses que celles rencontrées lors de certaines chimiothérapies.


En conclusion, le pronostic du cancer du sein hormonodépendant avancé connait donc un progrès indéniable chez la femme jeune non ménopausée. MONALEESA 7 devrait donc permettre une prise en charge des patientes mieux adaptée.


Le ribociclib se donne par voie orale, trois semaines de suite suivies par une semaine de pause.
On n’associe plus le tamoxifene au ribociclib, ni aux autres médicaments de la même famille en raison d’un risque sur la conduction cardiaque (allongement du Qt)

Outre le ribociclib, deux autres inhibiteurs de CDK4/6 sont sur le marché ; le palbociclib et l’abemaciclib. Aucun des deux n’a été évalué dans le mêm contexte que le ribociclib. mais on peut supposer que les résuktats devraient être proches.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
Ce contenu a été publié dans VARIA. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.