Cancer ASCO19: dans les cancers avancés du poumon, le pembrolizumab permet de faire progresser la survie d’un certain nombre de patients de façon importante

C’est le plus fréquent des cancers du poumon, on l’appelle « cancer pulmonaire non à petites cellules ». Opérable dans à peine un tiers des cas, il reste, pour les autres patients grevés d’un pronostic souvent peu favorable. Mais depuis quelques années, d’abord avec les thérapies ciblées puis maintenant l’immunothérapie, les choses changent. Pas de miracle, on ne parle pas de guérison, mais la maladie progresse moins et dans certains cas, l’espérance de vie atteint des durées inimaginables il y a encore dix ans.

Les résultats de suivi à 5 ans de l’étude KEYNOTE-001présentés le 1 er juin 2019 à Chicago, lors de ASCO19 vont dans ce sens.

En 2011, 550 patients atteints de cancer du poumon avancé, c’est-à-dire avec des extensions de la maladie au-delà du poumon, ont été inclus dans l’étude et ont reçu du pembrolizumab. 443 avaient déjà été traités auparavant classiquement, 101 n’avaient eu aucun traitement par chimiothérapie.

Après un suivi médian de 60,6 mois, soit 5 ans et demi, 100 des 550 patients étaient toujours vivants, soit 18 %. Ce chiffre peut paraitre faible. Il faut garder en mémoire qu’à ce stade de la maladie, on était, il y a encore peu, à des survies ne dépassant pas 5 % des patients.

Quand on regarde dans le détail, parmi les patients qui a consisté ensuite à regarder i n’avaient reçu aucun traitement, le taux de survie à 5 ans était de 23% contre 15,5% pour ceux qui avaient reçu une chimiothérapie.

L’analyse a constitué ensuite à regarder la réponse des patients en fonction de certains « marqueurs » en l’occurrence PD-L1, un ligand qui vient « accrocher » une protéine, PD-1, présente à la surface des cellules de défense, notamment les lymphocytes T. Par ce mécanisme, la cellule tumorale empêche l’action du lymphocyte. Le pembrolizumab est un anti-PD1 et va donc bloquer la liaison dangereuse PD-1/PD-L1.

Dans KEYNOTE-001 on a constaté que plus les cellules des patients exprimaient PD-L1, meilleurs étaient les effets du traitement.

Ainsi chez les patients exprimant un taux dePD-L1 supérieur ou égal à à 50%, le quart était toujours vivant à 5 ans, contre 12,6% de ceux ayant un taux entre 1 et 49 %.

Les effets secondaires les plus fréquemment rencontrés dans cette étude ont été des cas d’hypothyroïdie, liés à des attaques immunitaires et des pathologies pulmonaires inflammatoires.

Ces effets ont été constatés chez 17 % des patients, les atteintes pulmonaires étant fort peu fréquentes.

Comment faire encore mieux ? Faut-il combiner pembrolizumab et traitements conventionnels, notamment la chimiothérapie ? Faut-il faire des combinaisons d’immunothérapies ?

Les évaluations et essais à venir permettront sans doute d’apporter des réponses, à la fois en termes d’efficacité mais aussi de tolérance et de toxicité. Sans oublier l’impact économique de traitements dépassant les cent mille euros annuels et donnés sur plusieurs années.

A propos docteurjd

j.Daniel Flaysakier est médecin de formation et journaliste professionnel dans le secteur de la santé sur une chaine nationale de télévision. Ce blog est personnel et ce qui y est écrit ne reflète que les opinions de JD Flaysakier
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